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Château dit Wasserstelzen, puis filature de coton Weberhof, puis filature et tissage de coton dite Filature et Tissage de Soultzmatt, puis Filature et Tricotage de Soultzmatt, puis usine de construction automobile CETEF, puis Südrad Roues France

Dossier IA68009572 réalisé en 2012

Fiche

  • Vue aérienne de l'usine, depuis l'est.
    Vue aérienne de l'usine, depuis l'est.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • conciergerie
    • fonderie
    • magasin industriel
    • hangar industriel
    • communs
    • buanderie
    • bief de dérivation
    • transformateur
    • cour
    • parc
    • fabrique de jardin

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération ponctuelle menée par Frank Schwarz et Jérôme Raimbault en été 2012. Celle-ci est liée au projet de la municipalité de Soultzmatt de remodeler profondément le site de l'ancienne usine avec démolition de tout ou partie des bâtiments de production. Elle s'inscrit en outre dans une enquête thématique visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vue professionnelles est assurée par Christophe Hamm complétée des photographies prises par Jérôme Raimbault lors de l'enquête de terrain et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi.

HISTORIQUE

Implantation originelle

Le château dit Wasserstelzen est établi au nord-ouest du centre historique du village, sur la rive gauche du cours de l’Ohmbach, au débouché d’un étroit vallon encaissé entre deux versants densément boisés, celui du Heidenberg au nord et celui du Pfingstberg au sud. Il se dresse à distance de toute construction, sur des parcelles de prés de fauche et de pâture qui bordent le cours de l’Ohmbach. Les bâtiments les plus proches, en amont, consistent en une scierie et l’établissement de bains de Soultzmatt (étudié, IA68004401). La propriété est desservie par la route de Soutzmatt à Wintzfelden.

Développement du site

En 1761, le baron François-Nicolas de Spon acquiert le château dit Wasserstelzen détenu depuis 1510 par la famille von Jestetten. Sept ans plus tard, il devient titulaire du fief épiscopal formé par l’établissement de bains avec sources jouxtant sa résidence au nord-ouest. Il confie la gestion de l’établissement à Jean-Baptiste Böe en janvier 1773, le futur acquéreur du site en 1796. Jouissant de ressources conséquentes, F.- N. de Spon a vraisemblablement décidé la reconstruction de l’ancienne résidence Renaissance des Jestetten pour en faire sa résidence de campagne, que l’on nomme Schlösschen et attestée en 1785. La Révolution chasse F.- N. de Spon de Soultzmatt et de France - il mourra en Angleterre en 1800 - et la résidence est vendue au titre des biens nationaux.

Elle est achetée le 3 janvier 1799 par Constant Froidot, demeurant en Haute-Saône. En 1805, la famille d’industriels mulhousiens Hartmann-Weiss acquiert le site et trois années plus tard y installe une filature de coton aménagée dans les dépendances du château. En 1809, Jacques Hartmann-Weiss obtient l’autorisation d’établir un bâtiment d’eau pour son usine, alimenté au moyen de conduites souterraines. Il entreprend également la construction de nouveaux ateliers qui, en 1819, se présentent sous la forme de trois corps de bâtiments édifiés selon un plan en U et ouvrant sur la demeure patronale. La même année, Jacques Hartmann-Weiss dépose une demande pour modifier l’alimentation en eau de son usine. Il souhaite remplacer les tuyaux souterrains existants par un canal percé à travers les prairies en amont et prolongé par un canal suspendu de 58 m de longueur. Son projet est autorisé par ordonnance royale du 10 janvier 1821.

En 1837, l’usine est cédée à Frédéric Kessler qui la transmet à son fils en 1849. Le site est alors connu sous le nom de Weberhof. Frédéric Kessler fils équipe sa filature d’une nouvelle machine à vapeur et la dote d’une usine à gaz établie en 1853 à côté du canal usinier pour permettre l’éclairage des ateliers. En 1857, la filature agrandie d’un corps de bâtiment au sud-ouest (A3), est équipée d’un chauffage à la vapeur.

Vers 1865, Frédéric Kessler fils renouvelle totalement son usine qu’il dote d’un département dédié au tissage dans un nouveau bâtiment établi au sud du site (F). C’est vraisemblablement à cette époque que sont bâtis les communs (J) de la villa patronale qui subsistent au nord-est du site et qu’est planté le parc à l’anglaise qui gagne le versant de la montagne au sud de l’usine. La filature est également étendue au moyen d’un atelier à sheds établi le long de l’avenue Nessel et attesté en 1884 (B1). Cet atelier est prolongé par la suite, vers l’ouest, de cinq travées de sheds de plus haut développement (B2). A cette époque, la filature compte 16 044 broches et le tissage 274 métiers.

Le 3 juillet 1886 est créée, à l’initiative de Fritz Kessler, la société Filature et Tissage de Soultzmatt qui engage, vers 1900, la construction de logements pour son personnel sous la forme de deux immeubles en bande désignés sous le nom de Cité Haul, (étudiée, IA68009570). En 1913, au départ en retraite de Fritz Kessler, l’établissement passe aux mains de la maison Valentin Bloch.

Durant la Première Guerre mondiale, le site sert de cantonnement aux troupes allemandes. Les états-majors sont installés au château tandis que les ateliers de tissage sont transformés en écurie et la salle de filature en station thermale. La remise en état s’achève en 1921 mais deux sinistres frappent l’usine : un premier incendie détruit en partie le tissage (F) en 1924, un second endommage la filature en 1926. C’est peut-être suite à ces deux sinistres que l’étage du tissage est couvert de sheds et que l’aile nord-sud de la filature originelle est remplacée par cinq travées en rez-de-chaussée et couvertes de sheds (B3) implantées dans le prolongement des ateliers existants (B1) et (B2).

La grande crise du textile touche l’usine au milieu des années 1930. Elle doit fermer ses portes en février 1935. Après une tentative avortée de reprise du site par un industriel de Rosheim, Paul Alexandre, l’usine redémarre en 1937 sous la direction de Jacques André avec l’appui de la Société Industrielle pour la Schappe de Bâle qui possède une succursale à Soultzmatt (l’usine dite du bas, aujourd’hui disparue). La filature s’oriente alors vers la production de fibres artificielles longue fibre (60 mm). Les installations de la filature sont modernisées en 1958-1960. En 1970, la raison sociale est modifiée : la société Filature et Tissage de Soultzmatt prend alors le nom de Filature et Tricotage de Soultzmatt. L’activité textile prend définitivement fin en 1978.

Deux années plus tard, les locaux sont cédés à la société CETEF qui reconfigure le site pour y produire des jantes automobiles en aluminium. Pour ce faire, elle installe des fours à induction pour liquéfier les lingots d’aluminium et des machines de fonderie d’aluminium selon le procédé dit de contre pression. C’est à cette époque que la villa est détruite pour laisser place à un parking. Par la suite, une fonderie d’aluminium (E) est construite en lieu et place de l’ancienne chaufferie.

L’entreprise est rachetée par la Société de Techniques et d’Applications pour l’Automobile (STAA) qui devient BBS, puis par la société Südrad Roues France (SRF) qui exploite le site jusqu’en 2009 avec une production d’environ 500 000 jantes par an. Au moment de la fermeture, 147 salariés travaillent encore sur le site.

Depuis lors, les bâtiments sont désaffectés et ont été acquis par la commune de Soultzmatt. En 2018, le site a été cédé à un aménageur qui projette la réalisation d'un vaste lotissement comportant 60 à 80 logements et une partie réservée au tertiaire et à l'artisanat. La démolition des bâtiments de production est engagée et achevée au début de l'année 2019.

Sources d’énergie

Au moment de sa création en 1808, la filature de Jacques Hartmann-Weiss est mise en mouvement par une roue à aubes qu’actionnent les eaux de la rivière Ohmbach. En vue de suppléer celle-ci en période de basses eaux, l’usine est équipée d’une machine à vapeur, autorisée par arrêté préfectoral du 20 août 1825. Une nouvelle machine à vapeur, autorisée par arrêté préfectoral du 19 juin 1851, est installée sur le site désormais dirigé par Frédéric Kessler fils.

DESCRIPTION

L’ancienne filature et tissage de Soultzmatt développe 12 000 m2 de surface bâtie. Elle se compose de deux vastes ensembles de bâtiments industriels. Le premier, au nord, en bordure de l’avenue Nessel, comprend une partie des constructions de la filature originelle fortement remaniées (A1), (A2) et (A3), de vastes ateliers à sheds édifiés en trois campagnes distinctes (B1), (B2) et (B3), la conciergerie (C), un ensemble de locaux et d’ateliers (D) et la fonderie d’aluminium bâtie en lieu et place d’une ancienne centrale d’énergie (E). Le second ensemble, au sud, comprend un atelier de fabrication sur deux niveaux (F), flanqué de part et d’autre de magasins industriels plus récents (G) et (H) dont l’un de structure légère (H). Enfin, à l’ouest du site se dressent deux hangars industriels (I1) et (I2), à l’est, les communs de l’ancienne villa patronale aujourd’hui disparue (J) ainsi qu’une buanderie établie le long du canal de fuite (K) et au sud un transformateur électrique (L). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20196801010NUDA).

La filature originelle se composait de trois corps de bâtiments édifiés selon un plan en U ouvert à l’est. Il n’en subsiste à ce jour que l’aile implantée au sud et orientée est-ouest (A1) qui a fait l’objet de nombreuses transformations et une petite partie de l’aile nord-sud (A2). Le bâtiment orienté est-ouest, aujourd’hui composé d’un avant-corps en rez-de-chaussée surmonté d’un haut pignon à redents, formait initialement un seul corps de bâtiment coiffé d’une toiture à longs pans et grande croupe. La partie orientale, qui accueillait à l’origine la machine à vapeur, une cheminée d’usine carrée dans-œuvre et la forge, a été rabaissée. Elle forme aujourd’hui un avant-corps en maçonnerie enduite couronné d’un acrotère avec balustres en terre cuite dissimulant une toiture à deux fois deux pans avec tuiles mécaniques et lanterneau vitré. La porte d’entrée percée sur l’élévation nord est protégée par une marquise ouvragée en fer forgé.

La partie ouest du bâtiment est marquée par la présence d’un haut pignon à redents qui semble avoir été déplacé vers l’est. A l’origine, ce dispositif pare-feu séparait le local chaufferie (plus à l’ouest) des ateliers (salle des batteurs). A ce jour, l’ancienne chaufferie et la salle des batteurs forment un même espace cloisonné en bureaux et comportant un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous une toiture à longs pans avec tuiles mécaniques. L’élévation sud compte six travées d’ouvertures avec encadrements rectangulaires en grès.

La partie méridionale de l’aile nord-sud de la filature (A2), élevée en moellons de grès enduits, comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les ouvertures de l’élévation sud ont fait l’objet de repercements. A l’étage, la structure porteuse est faite de poteaux et de sous-poutres en bois. En comble, le pignon nord est essenté de planches. Il constituait l’amorce de l’aile nord-sud aujourd’hui disparue vraisemblablement à la suite du sinistre qui a touché la filature en 1926. Ce corps de bâtiment est flanqué, à l’ouest, d’une adjonction attestée en 1853 (A3). De plan rectangulaire et bâtie en moellons de grès enduits, elle comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les ouvertures de l’élévation sud ont également été repercées.

Ces bâtiments, les plus anciens du site, sont prolongés au nord par de vastes ateliers en rez-de-chaussée coiffés de sheds et édifiés en trois campagnes de construction distinctes (B1), (B2) et (B3). Ils comptent 17 travées au total. Un premier espace, en partie centrale, se compose de huit travées de sheds vitrés à l’est avec tuiles mécaniques soutenues par des poteaux circulaires en fonte (B1). Correspondant à la première campagne de construction, cet atelier a été flanqué, tout d’abord à l’ouest puis à l’est, d’extensions de plus grand développement et dont les sheds sont vitrés à l’ouest. L’extension occidentale (B2), édifiée sur un vide sanitaire pour rattraper la déclivité du terrain, est séparée de l’atelier initial par un mur de refend. Elle comporte cinq travées de sheds et une travée à longs pans. L’extension orientale (B3), édifiée en lieu et place d'une grande partie de l’aile nord-sud de la filature originelle, comporte également cinq travées de sheds vitrés à l’ouest. L’élévation nord de ces deux extensions, en bordure de l’avenue Nessel, est décorée d’une corniche à trois assises de briques à ressauts.

La conciergerie (C) commande l’entrée principale de l’usine. De plan rectangulaire et construite en maçonnerie enduite, elle est constituée d’un rez-de-chaussée, d’un étage carré et d’un étage de comble sous un toit à longs pans et demi-croupes avec tuiles mécaniques. Les deux portes d’entrée, percées sur le mur-pignon oriental, sont protégées par un auvent soutenu par deux piliers carrés en pierre artificielle.

L’ensemble de locaux et d’ateliers (D) qui prolonge les constructions les plus anciennes à l’ouest, résulte de campagnes de constructions multiples. Édifiés en maçonnerie enduite sous des toitures à longs pans, ils regroupent notamment une chaufferie, l’ancien réservoir pour les sprincklers et la tour à poussière.

La fonderie d’aluminium (E) domine l’ensemble du site de sa haute stature. De construction récente, elle est élevée en maçonnerie enduite en partie basse et essentée en partie haute d’un bardage métallique ajouré de fenêtres au nord. La couverture en terrasse est percée de six cheminées métalliques circulaires.

Le second ensemble de bâtiment, établi sur la partie méridionale de l’enceinte usinière, constituait initialement l’unité de tissage. L’atelier de fabrication (F) a fait l’objet de profonds remaniements. Élevé en maçonnerie enduite, il se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage carré coiffé de sheds avec tuiles mécaniques et ciment amiante en couverture. L’élévation nord est rythmée de 15 travées d’ouvertures avec encadrements en grès et ornée d’un bandeau, qui devait souligner la corniche originelle, également en grès. En partie centrale, trois caves voûtées en berceau sont aménagées en sous-sol avec porte d’accès au nord. Au rez-de-chaussée, la structure porteuse se compose de poteaux circulaires en fonte supportant des poutrelles métalliques profilées en I sur lesquelles repose une dalle en poutrelles métalliques et entrevous en béton armé. A l’étage, les baies en plein cintre sont murées, vraisemblablement en raison de la transformation de la partie supérieure de l’édifice par l’aménagement d’un atelier à sheds. Celui-ci se compose de seize travées de sheds vitrés à l’ouest dont six, les plus à l’est et visiblement plus anciennes, reposent sur cinq rangées de poteaux circulaires en fonte supportant des poutrelles métalliques profilées en I. Les poteaux des dix travées occidentales soutiennent des sous-poutres en bois. L’ensemble des seize travées est contreventé par des poutrelles métalliques profilées en I.

L’ancien tissage (F) est flanqué à l’ouest d’un entrepôt de construction récente (G). De plan rectangulaire, il est habillé d’un bardage métallique sur un soubassement en béton armé et sous un toit à longs pans. La porte sectionnelle, percée sur l’élévation ouest, est protégée d’un auvent.

A l’extrême ouest du site, bordant de part et d’autre l’entrée secondaire de l’usine, se dressent deux hangars industriels (I1) et (I2). Le premier, à l’ouest et orienté nord-sud, servait de hangar à caisses (I1). Formé de deux travées couvertes chacune d’une toiture en tôle ondulée voûtée en berceau, il est constitué d’une structure légère faite de profilés métalliques et d’un essentage de planches en partie arrière. Le second, orienté est-ouest et de même facture, servait de hangar à balles de coton (I2).

En partie orientale du site ne subsistent de l’espace patronal que les communs de la demeure patronale (J), une buanderie (K) et les vestiges du parc d’agrément. Les communs (J) comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous une toiture à la Mansart dont le brisis est couvert d’ardoises et le terrasson de ciment amiante. L’édifice est monté en moellons de grès enduits et orné de chaînes d’angle et d’une jambe droite à refends avec alternance de grès jaune et rose. Le soubassement, le bandeau d’étage et les encadrements rectangulaires des baies sont en grès rose. L’élévation sud présente un avant-corps percé en rez-de-chaussée de deux grandes baies en arc segmentaire fait de briques. L’élévation orientale à trois travées d’ouverture est ajourée d’une grande lucarne à fronton.

La buanderie (K) établie le long du canal de fuite comporte un étage de soubassement couvert de voûtains de briques et un rez-de-chaussée élevé en brique avec baies en arc segmentaire et toit en appentis fait de tôle ondulée. Le fourneau et le bac de trempe sont toujours en place. Le parc d’agrément est aujourd’hui à l’abandon. On y distingue cependant encore des sujets remarquables dont de beaux tilleuls et un imposant séquoia. Une fabrique en poudingue agrémente le versant de la montagne annexé au parc vraisemblablement dans la seconde moitié du 19e siècle.

Précision dénomination filature de coton
tissage de coton
Appellations Weberhof , Filature et Tissage de Soultzmatt , Filature et Tricotage de Soultzmatt , CETEF , Südrad Roues France
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, conciergerie, fonderie, magasin industriel, hangar industriel, communs, buanderie, bief de dérivation, transformateur, cour, parc, fabrique de jardin
Dénominations château, filature, tissage, usine de construction automobile
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Rouffach
Hydrographies Ohmbach (dérivation de l')
Adresse Commune : Soultzmatt
Adresse : 3 avenue Nessel
Cadastre : 2019 27 10, 34, 35

En 1761, le baron François-Nicolas de Spon acquiert le château dit Wasserstelzen et y engage la construction d’une nouvelle résidence de campagne. En 1805, la famille d’industriels mulhousiens Hartmann-Weiss acquiert le site et y installe une filature de coton. Un bâtiment d’eau et de nouveaux ateliers, attestés en 1819, sont construits sur le site.

En 1857, la filature est agrandie d’un corps de bâtiment au sud-ouest. Vers 1865, l’usine est totalement renouvelée et dotée d’un département dédié au tissage dans un nouveau bâtiment. C’est vraisemblablement à cette époque que sont bâtis les communs de la villa patronale et qu’est planté le parc d’agrément de la villa. La filature est également étendue au moyen d’un atelier à sheds attesté en 1884.

Durant la Première Guerre mondiale, le site sert de cantonnement aux troupes allemandes. La remise en état s’achève en 1921 mais deux sinistres frappent l’usine : un premier incendie détruit en partie le tissage en 1924, un second endommage la filature en 1926. C’est peut-être suite à ces deux sinistres que l’étage du tissage est couvert de sheds et que l’aile nord-sud de la filature originelle est remplacée par cinq travées en rez-de-chaussée et couvertes de sheds.

L’activité textile se poursuit sur place jusqu’en 1978. A partir de 1980, le site accueille une usine de production de jantes automobiles. La villa est détruite et on entreprend la construction d'une fonderie d’aluminium. La production prend définitivement fin en 2009. Le site est alors acquis par la commune de Soultzmatt qui le cède en 2018 à un aménageur pour la réalisation d'un vaste lotissement nécessitant la démolition des bâtiments de production qui est achevée au début de l'année 2019.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle , daté par source
Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 2e moitié 19e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1857, daté par source
1865, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : de Spon François-Nicolas, auteur commanditaire, attribution par travaux historiques

Les constructions qui subsistent de la filature originelle sont fortement remaniées (A1 et A2). Construites en maçonnerie enduite, elles comportent un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous une toiture à longs pans avec tuiles mécaniques. Elles sont flanquées, à l’ouest, d’une adjonction (A3) en moellons de grès enduits qui présente des caractéristiques comparables.

Ces bâtiments sont prolongés au nord par de vastes ateliers en rez-de-chaussée coiffés de sheds (B1), (B2) et (B3), vitrés à l’est ou à l’ouest et couverts de tuiles mécaniques.

La conciergerie (C), de plan rectangulaire, est construite en maçonnerie enduite et comprend un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et demi-croupes avec tuiles mécaniques.

La fonderie d’aluminium (E) est élevée en maçonnerie enduite en partie basse et essentée en partie haute d’un bardage métallique sous un toit en terrasse.

L’atelier de tissage (F), en maçonnerie enduite, se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage carré coiffé de sheds avec tuiles mécaniques et ciment amiante en couverture. L’entrepôt industriel (G), qui le flanque à l’ouest, est de plan rectangulaire. Il est habillé d’un bardage métallique sur un soubassement en béton armé et sous un toit à longs pans.

Les deux hangars industriels (I1) et (I2), à l’extrême ouest du site, sont formés de deux travées couvertes d’une toiture en tôle ondulée voûtée en berceau.

Les communs (J) de la villa comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous une toiture à la Mansart dont le brisis est couvert d’ardoises et le terrasson de ciment amiante. L’édifice est monté en moellons de grès enduits. La buanderie (K) comporte un étage de soubassement et un rez-de-chaussée élevé en briques et toit en appentis fait de tôle ondulée.

Murs grès maçonnerie enduit
béton
brique
Toit tuile mécanique, verre en couverture, ciment amiante en couverture, tôle ondulée, ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, étage de soubassement, 1 étage carré, comble à surcroît, étage de comble
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
shed
terrasse
appentis massé
toit bombé
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
États conservations détruit après inventaire
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme