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Cité ouvrière dite Cité Boussingault

Dossier IA00118945 réalisé en 1991

Fiche

Á rapprocher de

La reprise du dossier intervient à l’occasion de l’étude du carreau Clemenceau (IA67080378) menée en novembre 2019 par Frank Schwarz dans le contexte du projet de création de la Cité des énergies associant le Musée français du pétrole de Merkwiller-Pechelbronn dont les collections seraient déplacées pour l’occasion et un centre de ressources, de prospective et de réflexion sur les énergies au sens large. Dans le cadre de cette étude ponctuelle, il a été décidé de réexaminer l’ensemble du patrimoine lié à l’extraction pétrolière en Alsace dans la perspective d’une publication sur le sujet.

La campagne de prises de vues complémentaires est assurée par Frédéric Harster et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi. Pour l'identification des bâtiments, se reporter ainsi au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20206702001NUDA).

Cette reprise du dossier a conduit à préciser l'historique de la cité ouvrière et à en approfondir la description. Des références documentaires ont également été ajoutées.

Appellations Cité Boussingault
Parties constituantes non étudiées logement d'ouvriers, jardin, dépendance
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton Soultz-sous-Forêts
Adresse Commune : Merkwiller-Pechelbronn
Adresse : 11, 13, 15 et 17 route de Woerth , 4 à 20, 22, 24, 26 rue Pélissier , 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13 rue Daniel-Mieg , 1 à 9, 11, 13, 15, 17, 19 rue Boussingault , 6 rue Chambrier
Cadastre : 2018 6 244 à 275, 279 à 290, 293, 294, 295, 302, 303, 370, 444, 445, 457 à 461

En 1835, Jean-Baptiste Boussingault (1802-1887), connu pour être le fondateur de la chimie agricole moderne, épouse Adèle Le Bel dont la famille exploite le gisement pétrolifère de Pechelbronn. Au décès de Marie Joseph Achille Le Bel (1772-1842), ses biens sont partagés entre ses deux enfants, Achille et Adèle. Jean-Baptiste Boussingault décide alors la construction d'une nouvelle ferme, à la sortie ouest de Merkwiller, comprenant un logis et deux grandes étables. Construite vraisemblablement vers 1845, elle prend le nom de ferme Boussingault. Elle est donnée à bail à un fermier de la localité dénommé Hirlemann. L'exploitation est dirigée par la famille de ce dernier jusqu'en 1911. Un dénommé Hoeltzel de Preuschdorf prend ensuite la relève.

En 1923, la Société Anonyme d'Exploitations Minières (S.A.E.M.) qui dirige l'exploitation pétrolifère, crée la cité Boussingault : modification du logis de la ferme, transformation des étables en immeubles à logements, construction d'immeubles en bandes de quatre logements pour ses ouvriers et de deux maisons d'ingénieurs qui ont accueilli, par la suite, des employés. Les plans sont dressés par le service Constructions de l'entreprise dirigé par l'architecte Édouard Kettner (1877-1956).

A partir de 1966, avec la fin programmée de toute activité pétrolière, les différents logements composant la cité Boussingault sont vendus au personnel de l'entreprise ou à des tiers.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates 1923, daté par source
Auteur(s) Auteur : Kettner Édouard,
Édouard Kettner (1877 - 1956)

Architecte originaire de Schiltigheim (Bas-Rhin). Il collabore avec l'architecte Eugène Haug (1864-1936) à Strasbourg. Au début des années 1920, il dirige de service Constructions de la Société Anonyme d'Exploitations Minières (S.A.E.M.) de Pechelbronn.


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architecte, attribution par travaux historiques

La cité Boussingault couvre une surface de 173,7 ares desservie depuis la route de Woerth par les rues Boussingault et Pélissier. Elle se compose de huit petits îlots occupés par dix immeubles en bande, deux logements d’ingénieurs à deux habitations (E) et un ancien logis de ferme transformé en logement d’ouvriers (F). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20206702001NUDA).

Les immeubles en bande, tous de plan rectangulaire et bâtis en maçonnerie enduite, qui juxtaposent chacun quatre habitations individuelles, répondent à quatre modèles distincts. Le premier modèle (A) est dupliqué quatre fois au cœur de deux îlots postérieurs, délimités par les rues Boussingault et Pélissier. Il comporte un étage carré sous un toit à longs pans avec croupes et tuiles en écaille ou mécaniques. Chaque habitation, desservie par une porte d’entrée individuelle percée sur l’élévation antérieure, compte deux travées d’ouvertures rectangulaires avec appuis saillants en grès et dispose d’une parcelle de jardin privative à l’avant. A l’arrière prennent place les dépendances originelles en pan-de-bois et remplissage en maçonnerie enduite qui ont été progressivement étendues et auxquelles on a parfois ajouté un garage.

La seconde déclinaison (B), qui compte deux occurrences entre les rues Pélissier et Daniel-Mieg, diffère de la première par la disposition de l’entrée des deux habitations latérales, rejetée sur le mur sous demi-croupe. Il se compose d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupes, tuiles en écaille et lucarnes rampantes. L’élévation antérieure est flanquée des dépendances originelles en pan-de-bois et remplissage en maçonnerie enduite, couvertes d’un toit en appentis.

Le troisième modèle d’immeuble en bande (C), qui ne donne lieu qu’à une seule réalisation, occupe l’angle sud-est de la cité, au bout de la rue Daniel-Mieg. Il se caractérise par deux avant-corps latéraux couverts d’une croupe qui flanquent ses élévations antérieure et postérieure où ils forment les dépendances. Il se compose d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupes, tuiles en écaille et lucarnes à croupes. Les habitations disposent de parcelles de terrain privatif à l’avant et à l’arrière.

Le quatrième modèle (D), également unique, est en tout point semblable au précédent qu’il jouxte au nord-ouest, à l’exception des deux avant-corps antérieurs qui sont ici absents.

Les deux bâtiments résultant de la réaffectation d’anciennes étables en logements d’ouvriers (E) se composent d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un étage de comble sous un toit à longs pans brisés avec demi-croupes, tuiles en écaille et lucarnes rampantes. Ils sont cantonnés de chaînes d’angle régulières en grès. Les habitations disposent toutes d’une parcelle de jardin privative et d’une dépendance en pan-de-bois et remplissage en maçonnerie enduite sous un toit en appentis ou à longs pans et tuiles en écaille.

Les deux logements d’ingénieurs à deux habitations (F), implantés en bordure nord de la cité, sont de conception strictement identique. De plan rectangulaire et bâtis en maçonnerie enduite, ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré sous un toit à longs pans et croupes ajourées d’une lucarne à croupe. La couverture initiale est réalisée en tuiles en écaille, partiellement remplacées par des tuiles mécaniques. L’élévation antérieure, à six travées d’ouvertures rectangulaires avec encadrements en grès, est animée par des travées latérales rentrantes. Celles-ci abritent, au rez-de-chaussée, la porte d’entrée de chacune des deux habitations précédée d’un escalier en grès et un balcon en bois découpé à l’étage. Le bâtiment est orné d’un bandeau de niveau en grès entre le sous-sol et le rez-de-chaussée et de chaînes d’angle harpées dans le registre inférieur. Chacune des deux habitations bénéficient d’une vaste parcelle de jardin privatif et d’une dépendance en pan-de-bois et maçonnerie enduite sous un toit en appentis et tuiles en écaille.

L’ancien logis de ferme (G) comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans couvert de tuiles en écaille. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, il est flanqué sur son élévation antérieure d’une adjonction à ressauts réalisée en pan-de-bois et maçonnerie enduite au moment de sa transformation en logement d’ouvriers. Couverte d’une croupe, cette extension porte deux balcons. L’édifice initial, cantonné de chaînes d’angle régulières en grès, est ajouré de baies rectangulaires avec encadrements en grès.

Murs grès maçonnerie enduit
pan de bois
Toit tuile en écaille, tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît, étage de comble
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à longs pans brisés
demi-croupe
appentis
Escaliers
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • STREICHER, Jean-Claude. Boussingault (1802-1887). Au Pechelbronn et au Liebfrauenberg. Colmar : Jérôme Do Bentzinger Éditeur, 2013.

Périodiques
  • WEICK, Charles. Quelques aspects sociaux de Pechelbronn. L'Outre-Forêt. Revue du Cercle d'Histoire et d'Archéologie de l'Alsace du Nord, 1988, 61, p. 59-65.

  • SCHEYDECKER, Jean-Marie. Un cité ouvrière à Merkwiller-Pechelbronn. La cité Boussingault. Cahiers de l'Institut d'urbanisme et d'aménagement rural, 1981-1982, n° 3-4, p. 122-136.

Liens web

(c) Inventaire général - Poinsot Gilbert - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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