Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Cité ouvrière dite Cité Florival

Dossier IA68009518 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La présentation de l'historique de la cité ouvrière donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault et la cartographie du site, par Abdessalem Rachedi.

Appellations Cité Florival
Parties constituantes non étudiées jardin, école, logement de contremaître, logement d'ouvriers
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Lieu-dit : Adresse : 178 à 247 rue de la République , 1 à 53 rue d' Angreth , 2 à 36 rue Jean-Jaurès
Cadastre : 2018 15 4, 5, 7, 32 à 34, 37 à 40, 62, 63, 67 à 75, 97 à 114 ; 2018 28 1 à 7, 9 à 39, 118, 119, 148 à 150, 176 à 179, 189 à 192

Implantation originelle

La cité Florival est implantée à la porte d’entrée ouest de la ville de Guebwiller, au lieu-dit Angreth, sur des prés de fauche et des terres cultivées qui s’étendent sur la rive droite de la rivière Lauch, de part et d’autre du chemin vicinal reliant Lautenbach à Guebwiller. Les premières constructions, initiées par Jean-Jacques Bourcart et ses fils, sont édifiées sur une parcelle de 80 ares dans le prolongement oriental de leur filature fondée en 1852 (étudiée, IA68009508).

Au sud-ouest s’étend une vaste parcelle qui se partage entre forêt et terres cultivées. C’est au sein de cette emprise que Charles Bourcart (1828-1909) établit, à partir de 1861, sa résidence connue sous le nom de Bois Fleuri (étudiée, IA68009523). Au nord-est se déploient les ateliers de l’usine Nicolas Schlumberger (étudiée, IA68009504) fondée en 1810 autour de l’ancien moulin dénommé Bleichenmühle. Enfin, au sud-est, se dresse le château d’Angreth, édifice fortifié dont la vocation était de veiller, à distance, sur la porte ouest de la ville.

Développement du site

En 1853, Jean-Jacques Bourcart (1801-1855) et ses fils Henri (1824-1902) et Charles (1828-1909) décident d’édifier une cité ouvrière de 32 logements pour les ouvriers de leur filature de Guebwiller, prenant modèle sur la Cité ouvrière de Mulhouse en cours de réalisation. Ils font appel à l’architecte Émile Muller (1823-1889) qui a signé les plans de la cité mulhousienne. La construction est réalisée en deux tranches. En 1853, 16 habitations groupées en deux bâtiments sont édifiées (A et B). MM. Bourcart sollicitent une subvention de l’État pour réaliser des équipements collectifs, aide qui leur est refusée du fait du caractère privé de leur initiative. De fait, ces habitations sont destinées exclusivement à la location, aucune cession n’étant envisagée. Une seconde tranche (C et D) est réalisée l’année suivante avec la construction de 16 nouveaux logements et vraisemblablement de l’école (E) et de l’épicerie (F).

En 1860, les principaux industriels de Guebwiller se regroupent et créent la Société des cités ouvrières de Guebwiller. Les membres fondateurs en sont Ferdinand Frey, Jean Schlumberger-Dollfus, Albert de Bary, Nicolas Schlumberger-Hartmann et Charles Bourcart. L’objet de cette société, précisé dans ses statuts, est la « construction à Guebwiller et dans son rayon de maisons d’ouvriers présentant toutes les conditions de salubrité et favorisant autant que possible la vie de famille par la bonne disposition intérieure ». Dès l’origine, il est prévu la construction d’immeubles de logements ouvriers groupés en deux cités d’égale importance, dont l’une située vers le bas de la ville (la Cité Grün, étudiée IA68009519) et l’autre vers le haut de la ville, dans le prolongement des constructions réalisées par Jean-Jacques Bourcart et ses fils. Cette dernière forme avec les logements ouvriers de la famille Bourcart la Cité Florival.

En 1861, la Société des cités ouvrières de Guebwiller fait édifier une première construction avec 24 logements contigus et adossés par rangées (H). Ces logements conçus pour les ouvriers du lieu sont destinés à la vente. La même année, la famille Bourcart fait construire huit nouveaux logements accolés en rez-de-chaussée (G) et vraisemblablement la maison destinée aux contremaîtres (K). En outre, les Bourcart ont établi au sein de leur cité, une pension où l’on reçoit de jeunes ouvrières. Ils accordent gratuitement l’usage d’une maison meublée à une famille de leur choix à condition de loger, nourrir et blanchir toute jeune fille de leur fabrique qui veut y prendre asile. En 1862, la Société des cités ouvrières de Guebwiller réalise deux nouveaux bâtiments comportant respectivement 10 (I) et 12 logements (J), de superficie supérieure aux premières habitations réalisées.

En 1865, on dénombre ainsi 95 logements au sein de la Cité Florival dont 49 réalisés et conservés par la famille Bourcart et 46 construits par la Société des cités ouvrières de Guebwiller dont plus de la moitié a été cédée à leurs occupants. La Société projette alors la construction de cinq nouveaux bâtiments regroupant 42 habitations au sud des logements existants. Ce projet ne sera pas réalisé.

Dans le dernier quart du 19e siècle, la famille Bourcart accroît encore le nombre de ses logements en rehaussant le bâtiment composé d’habitations en rez-de-chaussée (G). Celui-ci est pourvu d’un étage dont les huit logements sont desservis par une galerie extérieure en bois qui vient flanquer l’élévation sud. L’école et l’épicerie perdent leur fonction originelle et sont converties en logements.

Au début des années 1960, la société Filatures et Tissages Bourcart, confrontée à de graves difficultés, cède ses logements ouvriers de la Cité Florival à l’entreprise N. Schlumberger et Cie. Peu à peu, l’ensemble de ces logements est toutefois vendu à des particuliers. Ils subissent alors, pour certains, des transformations ou des extensions au gré des besoins de leurs nouveaux propriétaires. L’ensemble est néanmoins relativement préservé notamment les premières constructions datées de 1853 et 1854 qui ont conservé leur parti d’origine.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1853, daté par source
1854, daté par source
1861, daté par source
1862, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bourcart Jean-Jacques,
Jean-Jacques Bourcart (1801 - 1855)

Industriel du textile établi à Guebwiller (Haut-Rhin).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Bourcart Henri,
Henri Bourcart (1824 - 1902)

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Bourcart Charles,
Charles Bourcart (1828 - 1909)

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Muller Emile

La Cité Florival se compose de deux entités qui s’imbriquent : les constructions réalisées par la famille Bourcart et celles que l’on doit à la Société des cités ouvrières de Guebwiller. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801026NUDA).

La cité ouvrière Bourcart se compose de quatre immeubles comportant chacun huit logements contigus et adossés (A, B, C et D), d’une ancienne maison d’école (E) et d’une épicerie (F) toutes deux reconverties en habitation, d’une maison destinée aux contremaîtres (K) et d’un immeuble en bande, rehaussé par la suite et abritant 16 logements après transformation (G).

Les quatre immeubles comportant huit logements chacun (A, B, C et D) sont de conception identique. Élevés en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé, ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les encadrements rectangulaires des baies et le bandeau d’appui sont en grès. Les élévations nord et sud comportent huit travées d’ouvertures soit deux travées par logement. Chacun des huit logements, répartis par moitié de part et d’autre de l’axe longitudinal de l’immeuble, bénéficie d’une entrée indépendante précédée d’un escalier en grès à trois marches et d’une parcelle de terrain individualisée. Organisés sur deux niveaux, ils se composent d’une entrée, d’un WC, d’une cuisine et d’un séjour au rez-de-chaussée, de deux chambres et d’un débarras à l’étage.

L’ancienne maison d’école (E) est implantée entre les immeubles édifiés en 1853 (A et B) et ceux réalisés l’année suivante (C et D). De plan rectangulaire, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Elle est construite en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé. Les encadrements rectangulaires des baies avec appuis saillants et le bandeau d’étage sont en grès. Sur l’élévation ouest, le comble est ajouré par une baie en triplet avec linteau décoré d’une petite corniche saillante.

L’ancienne épicerie (F) est implantée dans le prolongement oriental des immeubles édifiés en 1854 (C et D). De plan rectangulaire, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Elle est construite en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé. Les encadrements rectangulaires des baies avec appuis saillants sont en grès. L’élévation sud est percée, au rez-de-chaussée, d’une devanture dans sa travée médiane. Celle-ci est encadrée de grès mouluré avec corniche saillante décorée de volutes. La porte d’entrée de la boutique est délimitée par deux poteaux de fonte décorés qui portent la plaque du fondeur « Carl FLINK Mannheim ».

La maison destinée aux contremaîtres (K) est établie à l’extrémité est de la Cité Florival. De plan rectangulaire, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Elle est construite en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé. Les encadrements rectangulaires des baies avec appuis saillants sont en grès. Aujourd’hui reconvertie, elle comportait à l’origine deux grands logements desservis chacun par une entrée indépendante précédée, sur l’élévation sud, d’un escalier en grès de cinq marches.

L’immeuble édifié au sud-ouest de la cité (G) abrite 16 logements, huit en rez-de-chaussée résultant de la construction initiale et huit à l’étage réalisés lors d’une phase d’extension. De plan rectangulaire, le bâtiment comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles en écaille. Il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé. Les encadrements rectangulaires des baies avec appuis saillants et le bandeau de niveau sont en grès. L’élévation méridionale est flanquée d’une galerie extérieure essentée de planches avec couvre-joints et reposant sur des poteaux de bois découpés. Elle dessert les logements à l’étage et les greniers à l’étage de comble. Des tirants métalliques, vraisemblablement installés au moment du rehaussement de l’immeuble, assurent la stabilité de l’ensemble au niveau de la dalle haute du rez-de-chaussée. Les logements du rez-de-chaussée sont accessibles par la rue de la République. Ils disposent néanmoins tous d’une porte à l’arrière, sur la rue Jean-Jaurès, afin de pouvoir accéder au sous-sol, desservi par des escaliers extérieurs aménagés en façade sud de l’immeuble.

Les logements réalisés par la Société des cités ouvrières de Guebwiller au sein de la Cité Florival se composent de trois immeubles établis sur la partie orientale de l’emprise (H, I et J) et adoptant tous le modèle des habitations contigües et adossées.

L’immeuble le plus ancien (H) comporte 24 logements avec jardin individuel. Élevé en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès, il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les baies sont encadrées de grès avec linteaux saillants de briques en arc segmentaire. Les élévations nord et sud comportent 24 travées d’ouverture soit deux travées par logement. Répartis par moitié de part et d’autre de l’axe longitudinal de l’immeuble, chacun des 24 logements bénéficie d’une entrée indépendante et d’une parcelle de terrain individualisée.

L’immeuble qui lui fait face, au sud-ouest (I), abrite 10 logements. Il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé et comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couverts d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les baies à appui saillant sont encadrées de grès. Chaque logement, desservi par une entrée individuelle, occupe trois travées d’ouverture et dispose d’une parcelle de terrain privative.

Le dernier immeuble (J) édifié dans le prolongement oriental du précédent est de conception strictement identique à la différence qu’il comporte un module à trois travées supplémentaires abritant ainsi 12 logements.

Murs grès maçonnerie enduit
essentage de planches
Toit tuile mécanique, tuile en écaille
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Bibliographie
  • PENOT, Achille. Les cités ouvrières de Mulhouse et du département du Haut-Rhin. Paris : Lacroix, 1867.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.