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Cité ouvrière dite Cité Grün

Dossier IA68009519 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La présentation de l'historique de la cité ouvrière donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

Appellations Cité Grün
Parties constituantes non étudiées jardin, logement d'ouvriers
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Lieu-dit : Adresse : 2 à 12 rue du Rhin , 1 à 12 rue Charlemagne , 1 à 12 rue Josué-Heilmann , 1 à 11 rue Paul-Odent , 1 à 7 rue Joseph-Marie-Jacquard
Cadastre : 2018 12 40 à 61, 64 à 80, 145, 146

Implantation originelle

La cité ouvrière Grün est édifiée à la porte d’entrée est de la ville de Guebwiller, sur un pré de fauche et de pâture qui constitue l’extrémité sud-ouest du pré communal dit Grün, très vaste emprise qui s’étend de part et d’autre du cours de la rivière Lauch jusqu’au ban d’Issenheim. Encore totalement vierge au début des années 1840, cette étendue est déjà partiellement construite au moment de l’édification des maisons ouvrières en 1860.

En 1844, Xavier Meyer Buhner, marchand de fer, se rend acquéreur du terrain en bord de rivière qui fait face à celui où sera édifiée la Cité Grün. Il y fonde un atelier de construction mécanique alimenté par un canal usinier percé parallèlement au cours de la Lauch. Par la suite, Xavier Meyer Buhner aménage un bassin de retenue, à l’arrière de son établissement, dans l’ancien lit de la rivière. En 1857, les Ets Ziegler, Frey et Cie établissent une filature de laine (étudiée, IA68009509), en aval de l’atelier de construction mécanique Meyer Buhner et le long du canal de fuite de ce dernier. En 1860, au moment de l’édification de la Cité Grün, cet établissement, passé sous le contrôle de Ferdinand et Théodore Frey, s’est diversifié et étendu. Un atelier de filature en rez-de-chaussée couvert d’une succession de toits à longs pans accolés a été construit vers l’ouest et un second atelier, de même nature mais dédié au tissage, s’élève désormais à l’est des bâtiments initiaux.

Le terrain où se construit la Cité Grün est délimité, au nord, par le chemin qui mène de Guebwiller à Issenheim et, à l’ouest, par la propriété acquise par Ferdinand Frey en 1860 et sur laquelle il fait procéder à la construction de sa villa aujourd’hui disparue.

Développement du site

En 1860, les principaux industriels de Guebwiller se regroupent et créent la Société des cités ouvrières de Guebwiller. Les membres fondateurs en sont Ferdinand Frey, Jean Schlumberger-Dollfus, Albert de Bary, Nicolas Schlumberger-Hartmann et Charles Bourcart. L’objet de cette société, précisé dans ses statuts, est la « construction à Guebwiller et dans son rayon de maisons d’ouvriers présentant toutes les conditions de salubrité et favorisant autant que possible la vie de famille par la bonne disposition intérieure ». Dès l’origine, il est prévu la construction de maisons groupées en deux cités d’égale importance, dont l’une située vers le haut de la ville (Cité Florival, étudiée IA68009518) et l’autre, la Cité Grün, vers le bas de la ville, à proximité de la filature et du tissage F. & Th. Frey (étudiés, IA68009509).

Par acte du 15 mai 1860, la parcelle de terrain située à l’extrémité sud-ouest du pré communal dit Grün est concédée à la Société des cités ouvrières de Guebwiller qui y entreprend la construction de quatre immeubles comportant au total 44 logements ouvriers contigus et adossés. Certains semblent avoir été vendus aux ouvriers du lieu dès leur construction mais l’usine F. & Th. Frey se rend acquéreur d’un nombre important de ces logements qu’elle destine à sa main d’œuvre. Au milieu des années 1960, elle reste propriétaire de 17 maisons ouvrières qui ne seront cédées qu’après la cessation définitive des activités à la fin des années 1970.

En dépit de quelques transformations ou extensions et de la construction de garages au sein des parcelles de terrain privatives, l’ensemble a conservé sa physionomie et son parti d’origine.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1860, daté par source

La Cité Grün se compose de quatre immeubles en barres parallèles, disposés perpendiculairement à la route d’Issenheim et formant une enclave. De conception identique, ces immeubles adoptent le modèle des habitations contigües et adossées. Ils comportent tous 12 logements (six unités d’habitation contigües disposées dos à dos) à l’exception de l’immeuble à l’ouest, de moins long développement pour s’adapter à la forme de la parcelle, et qui n’en compte que huit.

Élevé en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardé, chaque immeuble comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les encadrements rectangulaires des baies aux appuis saillants sont en grès. Chaque logement, desservi par une entrée individuelle, dispose de trois travées d’ouvertures et d’une parcelle de terrain privative.

Murs grès maçonnerie enduit
Toit tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Bibliographie
  • PENOT, Achille. Les cités ouvrières de Mulhouse et du département du Haut-Rhin. Paris : Lacroix, 1867.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme