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Cité ouvrière dite Cité Pasteur

Dossier IA68009520 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La présentation de l'historique de la cité ouvrière donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault et la cartographie du site, par Abdessalem Rachedi.

Appellations Cité Pasteur
Parties constituantes non étudiées jardin, logement d'ouvriers
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 1 à 3 rue Jean-Jacques-Bourcart , 1 à 3 rue de l' Industrie , 2 à 8 rue Louis-Pasteur , 1 à 7 rue Joseph-Meister , 14, 16 rue du Réservoir
Cadastre : 2018 27 327 à 335

Implantation originelle

La cité Pasteur est implantée au sud-ouest de la ville de Guebwiller, en périphérie de l’agglomération et au sud du tissage Bourcart (étudié, IA68009510) édifié en 1868 le long de la rue Magenta devenue depuis la rue Théodore-Deck. Les immeubles à logements ouvriers sont bâtis sur un pré qui est loti pour l’occasion et équipé d’un réseau de rues qui se recoupent à angle droit pour former trois îlots. A l’ouest de cette emprise se dresse la corderie Meyer-Sansboeuf (étudiée, IA68009514) et à l’est, l’ancien champ de tir, devenu grande place de jeux et de fêtes.

Développement du site

Au lendemain de la Première Guerre mondiale et dans la perspective de l’application dans les départements recouvrés des lois françaises sur les Habitations à Bon Marché (loi Siegfried du 30 novembre 1894 et loi Strauss du 12 avril 1912) est créée à Guebwiller une société anonyme qui prend le nom de Société Anonyme pour la Construction d’Habitations à Bon Marché à Guebwiller. Elle est présidée par l’industriel Jacques Schlumberger et son capital social est détenu à 30 % par la Ville de Guebwiller et à 70 % par les industriels et les artisans locaux.

Au début des années 1920, cette société décide la construction de deux ensembles d’immeubles à logements ouvriers, l’un implanté dans le bas de la ville de Guebwiller (Cité Siegfried, étudiée IA68009521), l’autre dans le haut de la cité, à l’arrière du tissage Bourcart (Cité Pasteur). Ces localisations sont choisies du fait de la proximité des usines où les futurs locataires sont employés. Un concours d’architecte est lancé dont les lauréats sont les architectes Charles Schulé (1865-1935) et Albert Doll (1879-1957), de Mulhouse, qui livrent des plans communs aux deux cités et assurent le suivi des travaux de construction. Le lot maçonnerie est confié à trois entrepreneurs locaux, les sociétés Sautier, Sutter et Rothenflug. Les travaux sont menés au cours des années 1923-1924 et inaugurés le 26 octobre 1924. La cité Pasteur comprend dix immeubles de quatre logements chacun. Les voies sont réalisées par la Ville de Guebwiller. L’ensemble, qui relève toujours du domaine du logement social, a conservé ses dispositions et son parti d’origine.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates 1924, daté par source
Auteur(s) Auteur : Schulé et Doll (architectes)
Auteur : Sautier et Cie
Auteur : Sutter, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Rothenflug, entrepreneur, attribution par source

La Cité Pasteur se compose de dix immeubles de quatre logements ouvriers avec entrées collectives qui répondent à deux modèles de typologie très proche, l’un comprenant des logements de trois pièces (A, B, E, F, G, H) et l’autre, des logements de quatre pièces (C,D, I et J). L’ensemble dessine trois îlots à la conception très symétrique. Les huit immeubles en aval sont orientés nord-est/sud-ouest, les deux derniers, en amont, sont implantés selon un axe sud-est/nord-ouest pour s’adapter à la forme irrégulière de la parcelle. Chaque immeuble est entouré de parcelles de terrain privatives délimitées par des haies ou un grillage. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801024NUDA).

Les six immeubles comprenant des logements de trois pièces (A, B, E, F, G, H) sont de plan rectangulaire. Élevés en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à bossage rustique, ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans avec grandes croupes et tuiles en écaille. Une grande lucarne rampante en pan-de-bois éclaire le versant de toit surplombant l’entrée, deux petites lucarnes à croupe ajourent le versant opposé. L’élévation antérieure de chacun de ces six immeubles, à six travées d’ouvertures, accueille en partie médiane les deux cages d’escalier dont les portes d’entrée sont protégées par un auvent commun couvert de tuiles en écaille et reposant sur des aisseliers en bois découpé. L’élévation postérieure compte huit travées d’ouvertures. Les baies disposent d’appuis saillants en grès.

Les quatre immeubles comprenant des logements de quatre pièces (C, D, I et J) sont également de plan rectangulaire. Élevés en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à bossage rustique, ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans avec grandes croupes et tuiles en écaille. Deux lucarnes rampantes en pan-de-bois éclairent le versant de toit surplombant l’élévation postérieure. L’élévation antérieure, à huit travées d’ouvertures, est ponctuée de deux avant-corps accueillant les cages d’escalier et couronnés par une lucarne à deux pans et demi-croupe. Les baies disposent d’appuis saillants en grès.

Chacun des 40 logements qui composent la cité Pasteur comprend une cuisine, trois ou quatre chambres selon le modèle, une salle de bains avec WC et baignoire. Ils disposent en outre d’une cave, d’un grenier, d’un jardinet individuel ainsi que d’une buanderie au sous-sol qui est commune à deux ménages.

Murs grès maçonnerie enduit
Toit tuile en écaille
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans croupe
Statut de la propriété propriété d'un établissement public
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme