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Cité ouvrière dite Cité Rogelet

Dossier IA68009533 réalisé en 2015

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2015 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de la cité ouvrière et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues aériennes est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault. La cartographie du site est réalisée par Abdessalem Rachedi.

HISTORIQUE

Implantation originelle

La Cité Rogelet est implantée à la porte orientale du village de Buhl, sur des prés de fauche et de pâture situés au sud de l’ancienne usine textile Rogelet devenue la « Manufacture de Buhl ». Cette parcelle agricole est lotie pour l’occasion et équipée d’un réseau de voies privées qui dessert les différents immeubles qui composent la cité ouvrière.

Développement du site

Le 25 octobre 1907, 34 membres du personnel de la Manufacture de Buhl, anciennement Rogelet (étudiée, IA6809532), se réunissent pour fonder une société de logements ouvriers dénommée Arbeiterwohnungsverein ou Société des cités ouvrières. Le but de l’association est la construction, l’achat et la gérance de logements ouvriers, afin de pallier la pénurie de logements sains pour la classe ouvrière. Un premier terrain est acquis auprès de M. Rogelet, de Reims, pour la construction d’un immeuble (A) comprenant huit logements. Celui-ci est édifié en 1908 au nord du bâtiment du Cercle catholique. En 1910, une seconde tranche de travaux est menée qui voit l’édification de 12 logements répartis dans trois immeubles (D, E et F) implantés dans le prolongement nord-est de la première construction. En 1913-1914, on ajoute 16 nouveaux logements répartis en deux immeubles (B et C) édifiés au sud-est des bâtiments existants.

Après la Première Guerre mondiale, la cité ouvrière connaît une nouvelle extension. En 1924-1925, on réalise, dans le prolongement sud-est des bâtiments existants, quatre immeubles de dix logements chacun (G, H, I et J), trois pour le compte de la Société des cités ouvrières et le dernier pour le compte de la Société Marin-Astruc qui exploite une usine textile dans la commune (étudiée, IA68000808). En 1930, l’assemblée de la société décide la construction de 20 nouveaux logements, projet qui n'est jamais réalisé du fait de la crise du textile qui marque le début des années 1930. Confrontée à des problèmes de trésorerie, la Société des cités ouvrières doit faire appel à l’État pour un prêt qu’elle obtient en contrepartie de l’engagement d’intégrer le mouvement HLM national. Elle perd ainsi son indépendance. En 1938, les statuts sont modifiés. La société devient une Coopérative d’Habitation à Bon Marché (loi du 5 décembre 1922). Au moment de l'enquête, la société est toujours en activité sous la dénomination SAHLM de Buhl. Elle gère 64 logements.

DESCRIPTION

La Cité Rogelet se compose de quatre modules différents correspondant à des phases de construction successives. La réalisation la plus ancienne (A), datée de 1908, consiste en un immeuble de huit logements à entrées collectives. Deux immeubles identiques (B et C) sont édifiés en 1913-1914 au nord-est de cette première réalisation. La seconde phase de construction, initiée en 1910, voit l'édification, au nord-ouest de l’emprise de la cité, de deux maisons d’ouvriers à deux logements (D, E) et d’un immeuble à quatre logements (F). Enfin, la dernière vague de construction en 1924-1925 donne lieu à l’édification de quatre immeubles à dix logements chacun (G, H, I et J). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801013NUDA).

Les trois immeubles qui répondent au premier modèle (A, B et C) sont composés d’un corps central abritant quatre logements desservis par deux cages d’escalier et de deux ailes accueillant chacune deux logements et une cage d’escalier. Édifiés en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès à bossage rustique, ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques. Les deux ailes du bâtiment sont cantonnées de chaînes d’angle régulières à refend en enduit. Les encadrements des baies sont rectangulaires, avec appuis saillants.

Les deux maisons d’ouvriers (D et E) comportent deux logements avec entrée individuelle percée sur l’élévation orientale. De plan rectangulaire, elles sont construites en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à gros joints. Les pignons sont en pan-de-bois et hourdis en maçonnerie enduite. Elles comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît sous un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. Une grande lucarne transversale rythme les versants nord et sud de la toiture. Les élévations sont décorées d’un bandeau de niveau, de chaînes d’angle partielles et d’arcs de décharge en briques. Les encadrements rectangulaires des baies comportent des linteaux et des appuis saillants en pierre artificielle et des jambages en briques. La maison (D) porte sur son élévation orientale une plaque qui rappelle la propriété actuelle de la cité : « SAHLM BUHL Société fondée en 1907 ».

L’immeuble à quatre logements (F) édifié dans le prolongement de ces deux maisons d’ouvriers, est pourvu de deux cages d’escalier collectives. Il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques. De plan rectangulaire irrégulier, il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à gros joints. Les pignons des deux lucarnes, à l’est, sont en pan-de-bois et hourdis en maçonnerie enduite. Les élévations sont décorées d’un bandeau de niveau, de chaînages, de chaînes d’angle partielles et d’arcs de décharge en briques. Les encadrements rectangulaires des baies comportent des linteaux et des appuis saillants en pierre artificielle et des jambages en briques.

Les quatre immeubles à dix logements contigus et adossés (G, H, I et J) sont symétriques et de conception parfaitement identique. Ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. De plan rectangulaire, ils sont édifiés en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès à gros joints. Les élévations nord et sud comptent 15 travées d’ouvertures soit trois travées par logement. Les encadrements des baies sont rectangulaires, avec appuis saillants. Les dix logements qui composent chaque immeuble, répartis par moitié de part et d’autre de l’axe longitudinal de la construction, bénéficient d’une entrée indépendante formant un avant-corps surmonté d’une terrasse avec garde-corps en fer forgé. Des jardinets privatifs sont aménagés en cœur de parcelle entre les bâtiments H, J, G et I ainsi qu’en périphérie, au nord et au sud.

Appellations Cité Rogelet
Parties constituantes non étudiées logement d'ouvriers, jardin
Dénominations cité ouvrière
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Buhl
Adresse : 69 à 95A rue de la Fabrique , 6 à 32 rue du 5-Février , 15 à 46 rue Edmond-Rogelet
Cadastre : 2018 8 46 à 58, 60 à 66, 113, 211 à 213, 290 à 293

Créée à l’initiative de membres du personnel de la Manufacture de Buhl, anciennement Rogelet (étudiée, IA6809532), la société de logements ouvriers dénommée Arbeiterwohnungsverein ou Société des cités ouvrières réalise la Cité Rogelet en plusieurs étapes. Un premier immeuble comprenant huit logements est édifié en 1908. En 1910, une seconde tranche de travaux est menée qui voit l’édification de 12 logements répartis dans trois immeubles. En 1913-1914, on ajoute 16 nouveaux logements répartis en deux immeubles.

Après la Première Guerre mondiale, la cité ouvrière connaît une nouvelle extension. En 1924-1925, on réalise quatre immeubles de dix logements chacun, trois pour le compte de la Société des cités ouvrières et le dernier pour le compte de la Société Marin-Astruc qui exploite une usine textile dans la commune (étudiée, IA68000808). Au moment de l'enquête, la société est toujours en activité sous la dénomination SAHLM de Buhl. Elle gère 64 logements.

Période(s) Principale : 1ère moitié 20e siècle , daté par source
Dates 1908, daté par source
1910, daté par source
1914, daté par source
1925, daté par source

La Cité Rogelet se compose de quatre modules différents, tous réalisés en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801013NUDA).

Le bâtiment le plus ancien (A) et les deux immeubles (B et C) bâtis quelques années plus tard selon le même modèle comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques.

Les deux maisons d’ouvriers (D et E), de plan rectangulaire, disposent de pignons en pan-de-bois et hourdis en maçonnerie enduite. Elles comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît sous un toit à longs pans avec tuiles mécaniques.

L’immeuble à quatre logements (F), contemporain de ces deux maisons ouvrières, comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques. Les pignons des deux lucarnes sont en pan-de-bois et hourdis en maçonnerie enduite.

Les quatre derniers immeubles (G, H, I et J), à dix logements contigus et adossés, sont symétriques et de conception parfaitement identique. Ils comportent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques.

Murs grès maçonnerie enduit
pan de bois
Toit tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
croupe

Références documentaires

Bibliographie
  • BADER, Jean. Historique des cités ouvrières de Buhl (1907-1940). In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Tome 3. Guebwiller, 2004, p. 83-92.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme