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Entrepôt industriel dit Manufacture des tabacs de Colmar, puis caserne dite Jäger-Kaserne puis maison des associations et théâtre

Dossier IA68010002 réalisé en 2017

Fiche

La rédaction du dossier intervient dans le cadre d'une étude du site menée par Paul Smith, chercheur à la Direction générale des patrimoines du Ministère de la Culture à l'occasion de la publication, en 2017, de l'ouvrage : La Manufacture des tabacs de Strasbourg et les patrimoines du tabac en Alsace.

La rédaction du dossier est assurée par Frank Schwarz à partir des notes de Paul Smith et la campagne de prises de vues par Christophe Hamm.

Appellations Manufacture des tabacs de Colmar, Jäger-Kaserne
Destinations théâtre
Parties constituantes non étudiées cour, entrepôt industriel, bâtiment administratif d'entreprise
Dénominations entrepôt industriel, caserne
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Colmar-Nord
Adresse Commune : Colmar
Adresse : 6 route d' Ingersheim
Cadastre : 2019 VM 10

En 1856, la culture du tabac, encadrée par le monopole d’État, est autorisée dans le Haut-Rhin. Une salle d’expertise et un magasin provisoire sont installés dans l’ancien couvent des dominicaines d’Unterlinden. Le décret de 1856 stipule cependant que, pour la construction d’un magasin définitif, la Ville doit faire gratuitement cession à la Régie d’un terrain d’environ 12 000 m2. Une prairie à l’ouest de la ville sur la rue des Vosges, l’actuelle route d’Ingersheim, est acquise à cette fin. Cet emplacement, situé à proximité du chemin de fer de Strasbourg à Bâle, est approuvé par Eugène Rolland (1812-1885) qui dirige le service central des constructions de l’administration des Tabacs.

Les plans du magasin servant à l’entreposage et au séchage des tabacs en feuilles sont établis par deux architectes, Charles Geiger père, de Colmar, et Adolphe Weyer (1827-1874), de Strasbourg, fils de Jean-André Weyer (1805-1865), l’architecte de la Manufacture des tabacs de Strasbourg (étudiée, IA67012107). Inauguré en 1865, ce magasin ne sert aux Tabacs que pendant cinq ans. Durant la période du Reichsland, les bâtiments deviennent la Jäger-Kaserne, abritant un régiment de chasseurs. En 1874, les bâtiments sont ainsi cédés par la Ville de Colmar à l'État allemand. Le 23 novembre 1902, un incendie entraîne la destruction de l’aile orientale, qui est reconstruite en 1906 dans un style plus militaire.

Le site est occupé comme caserne française en 1918 avant d’être concédé de nouveau aux Tabacs, en 1923. Le magasin, connu improprement sous le nom de manufacture, retrouve ainsi ses fonctions d’origine, salariant jusqu’à 120 ouvriers et ouvrières. En 1959, un bâtiment supplémentaire, destiné à entreposer les balles de tabac, est édifié à l'est du site. L'établissement ferme ses portes en 1972.

L’année suivante, la Ville de Colmar se rend acquéreur du site. L’affectation en demeure incertaine durant quelques années. En 1980, on décide d’y installer une maison des associations et un centre de création artistique. Le théâtre de la Manufacture est inauguré dans l’aile occidentale le 28 mars 1990. L’Atelier lyrique du Rhin, structure de théâtre musical, y prend ses quartiers. Au moment de l’enquête, le théâtre est devenu Centre dramatique national sous le nom de Comédie de Colmar.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1865, daté par source
1906, daté par source
1959, daté par source
Auteur(s) Auteur : Geiger Charles Père (architecte)
Auteur : Weyer Adolphe, architecte, attribution par source

Le magasin des tabacs comporte un pavillon d’administration sur la rue devant une cour formée par trois bâtiments d’emmagasinage des tabacs. Les bâtiments sont isolés les uns des autres mais reliés par des ponts de service aux étages. A l'est du site se déploie un entrepôt industriel de réalisation plus récente.

Les bâtiments originels sont tous de même facture : plan rectangulaire régulier, maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, bandeaux d’appui, de niveau, chaînes d’angle régulières et encadrements des baies en grès, couverture en ardoises.

Le pavillon d’administration comporte un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans et croupes brisés. Il est ajouré de baies en arc segmentaire. Les ailes ouest et nord, à deux étages carrés et un comble à surcroit, sont coiffées d’un toit à longs pans. Elles sont percées de baies en plein cintre et partiellement de baies semi-circulaires pour le rez-de-chaussée de l’aile occidentale. L’aile orientale compte un étage carré supplémentaire, ajouré de baies géminées et en triplet et coiffé d’un toit en terrasse. Ce corps de bâtiment incorpore, à chaque extrémité, une tour carrée en légère saillie couronnée d’un toit en pavillon et décorée de faux-mâchicoulis et d’échauguettes aux angles.

L'entrepôt industriel, de conception plus récente, est de plan rectangulaire allongé. Il se déploie en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans soutenu par une charpente métallique et couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Il est construit en maçonnerie enduite et ajouré de baies en bandeau en partie haute.

Murs grès maçonnerie enduit
Toit ardoise, ciment amiante en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 3 étages carrés, étage de comble, comble à surcroît, en rez-de-chaussée
Couvertures toit à longs pans brisés croupe brisée
toit à longs pans
terrasse toit en pavillon

Références documentaires

Bibliographie
  • JUNG, Pia. La manufacture des tabacs de Colmar. Monuments historiques, 1990, 171, p. 79-80.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Smith Paul - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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