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Ferme, 2 route de Fessenheim, Schnersheim

Dossier IA67006311 réalisé en 1995

Fiche

Le dossier d'inventaire de la ferme n°2 route de Fessenheim (IA67006311) a été réouvert suite à l'apport d'informations historiques, de résultats d'un rapport de dendrochronologie et de photographies transmises en 2016 par les propriétaires (Denis Elbel, M.-L. Martin), à la suite d'importants travaux de rénovation. Le dossier originel, rédigé en 1995 par Gilbert Poinsot-Abdessalem Rachedi, est consultable dans sa version papier archivée dans le classeur vert de la commune de Schnersheim. Le nouveau dossier numérique a été mis à jour par Jérôme Raimbault en 2016. Cette opération ponctuelle n'a pas donné lieu à la prise de photographies professionnelles.

Destinations maison
Parties constituantes non étudiées cour, grange, étable à chevaux, hangar agricole
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Truchtersheim - Truchtersheim
Adresse Commune : Schnersheim
Adresse : 2 route de Fessenheim
Cadastre : 1983 3 40

Cette ferme, nommée localement S’Jungrote, se compose d’un logis et de quatre bâtiments annexes résultant de plusieurs campagnes de construction entre le 18e et le 20e siècle. Le logis est l'élément le plus ancien de cet ensemble bâti. Le livre de comptes (Hausbuchlein) tenu par le fermier Michel Lux à partir de 1783 nous apprend que sa structure en pan-de-bois provient d'un logis de ferme de Schwindratzheim, village situé à une dizaine de km au nord de Schnersheim. Acquise par Michel Lux en 1781 pour 515 florins (Gulden), elle a été remontée à Schnersheim en 1783 sur le niveau de cave du logis antérieur. Celle-ci présente les dates 1717 sur un poteau de grès intérieur et 1718 sur sa porte d’entrée. Le livre de comptes consigne également que le coût du remontage se monte à 1422 florins. Une analyse dendrochronologique conduite en août 2011 (par l'ingénieur Hans-Jürgen Bleyer à partir de prélèvements opérés par Burghard Lohrum et Maurice Seiller) situe les dates d'abattage des pièces de bois de la structure remployée entre 1713 et 1727. La reconstruction du logis a également donné lieu à la réutilisation de planches à décor peint provenant d'un ou deux plafonds, mises en œuvre pour former le plancher du deuxième niveau de grenier. A la suite de sa labellisation par la Fondtaion du Patrimoine, le logis a fait l'objet d'une importante restauration conduite entre 2011 et 2015 par ses propriétaires, Denis Elbel et Marie-Louise Martin. Claire Meyer-Seiller a mené à cette occasion la restauration des plafonds peints.

La grange située à l'ouest de la cour a été bâtie au cours de l’année 1789, selon le livre de comptes. Elle a été commandée par Michel Lux pour une somme de 1006 florins et sa disposition sur la rue respecte l'alignement de la route de Strasbourg à Saverne décidé par le Service des Ponts et Chaussées de la Province d'Alsace en 1788 (AD Bas-Rhin, C505). Provenant de ce bâtiment, un poteau cornier daté 1789 et portant les noms du couple Michel Lux - Madeleine Lehmann, a été déplacé dans les années 1960 au premier étage sur rue du logis pour former l'appui d’une fenêtre. Cet élément a été mis en valeur lors de la dernière campagne de restauration. De nombreuses transformations au cours du 20e siècle ont modifié la grange : reprise en maçonnerie du mur-pignon sud, percements de portes et de fenêtres. Au sud de la cour, le bâtiment des écuries a été construit en 1853 pour le couple Laurent Lux - Marie-Thérèse Kieffer, suivant les inscriptions portées sur le jour semi-circulaire de son pignon sur rue et sur un potelet de sa façade sur cour. Il prend la place d'un bâtiment plus ancien, dont provient peut-être une pièce de bois datée 1712, gravée des initiales de Jean (Hans) Lux et de son épouse Madeleine Troesch, remployée dans le niveau en pan-de-bois sur cour. Dans les années 1960, le couple des propriétaires (Adolphe Martin - Marthe Kieffer) fait construire deux bâtiments dans la cour : en 1966, un hangar sur poteaux prend place à l'angle nord-est des écuries et, en 1969, un petit bâtiment est inséré à l'emplacement d'un garage entre le logis et la grange.

Le mur de clôture sur la rue est percé d’une porte piétonne gravée de la date 1818 et des initiales d'Antoine Lux et de son épouse Françoise Velten. La porte charretière attenante a été surélevée au 20e siècle pour le passage des engins agricoles.

Remploi provenant de Commune : Schwindratzheim
Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle, 4e quart 18e siècle , porte la date, datation par dendrochronologie, daté par source
Secondaire : 4e quart 18e siècle, 1er quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle, 3e quart 20e siècle , porte la date, daté par source
Dates 1712, porte la date
1713, datation par dendrochronologie
1717, porte la date
1718, porte la date
1783, daté par source
1789, daté par source, porte la date
1818, porte la date
1853, porte la date
1966, daté par source
1969, daté par source
Auteur(s) Auteur : Meyer-Seiller Claire,
Claire Meyer-Seiller

Peintre, décorateur et restauratrice, établie à Ribeauvillé (Haut-Rhin).


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peintre, attribution par source

Cette ferme est de type à cour fermée, avec un jardinet (Vorgarten) sur la route de Strasbourg. Le logis comprend un soubassement en maçonnerie et repose sur une cave plafonnée dont la porte d'entrée moulurée en plein cintre (avec date à la clef) en grès rose est percée sur le mur-pignon sur cour. Son rez-de-chaussée comporte deux murs en maçonnerie du côté des rues et deux murs en pan-de-bois (chêne) du côté de la cour. Les fenêtres de ce niveau disposent d'encadrements en arc segmentaire en grès rose ou en bois. L’étage est élevé en pan-de-bois (chêne) à double entretoise, avec potelets, chevrons (droits ou inversés) ou losanges dans les allèges des fenêtres. Côté cour, le premier étage est placé en encorbellement et repose sur une file de six poteaux en bois ; il est percé en partie médiane, au droit de la porte d'entrée, d'un balcon de deux travées fermé par un garde-corps de balustres tournés. Un toit à longs pans avec petites demi-croupes couvre le logis (tuiles en écaille) ; trois lucarnes rampantes ont été mises en place sur son versant est. Des auvents protègent les deux pignons du logis.

Bordant la cour à l'ouest, la grange est bâtie en maçonnerie enduite, sous un toit à longs pans en tuiles mécaniques. Fermant la cour au sud, le long bâtiment des écuries est bâti en maçonnerie enduite, avec le premier étage sur cour en pan-de-bois. Il est couvert par un toit à longs pans de tuiles mécaniques et de tuiles en écaille, avec une petite demi-croupe sur rue. Son mur-pignon sur rue est percé d'ouvertures aux encadrements en grès rose, avec un jour semi-circulaire au faîte.

Le mur de clôture sur rue est élevé en maçonnerie enduite, protégé par un toit de tuiles en écaille. Il est percé par une porte piétonne et par une porte charretière dont les encadrements sont en grès rose-gris, creusés de renfoncements à coquilles dans les piédroits. La porte piétonne est couverte par un arc en plein cintre à fausse-clef saillante (portant initiales et date), la porte charretière par un linteau droit en bois. Un hangar sous un toit à longs pans et croupe s'adosse contre une partie de ce mur.

Murs grès moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
bois pan de bois badigeon
Toit tuile en écaille, tuile mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Typologies cour fermée, plan en quadrilatère discontinu, logis en angle de rue, gouttereau sur rue, allège à losange
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
(c) Inventaire général - Poinsot Gilbert - Stadler Jean-Luc - Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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