Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Filature de laine Ziegler, Frey et Cie, puis filature et tissage F. & Th. Frey, puis Filatures du Florival, actuellement usine de menuiserie Hauth, garages de réparation automobile, magasins de commerce et bureaux

Dossier IA68009509 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

Historique

Implantation originelle

L’usine de tissage et de filature Frey est édifiée à la porte d’entrée est de la ville de Guebwiller, sur un pré de fauche et de pâture situé au cœur du « Pré communal dit Grün », très vaste zone de pâturage qui s’étend de part et d’autre du cours de la rivière Lauch, jusqu’au ban d’Issenheim. Encore totalement vierge au début des années 1840, cette étendue est déjà partiellement construite en 1857, au moment de l’édification de l’usine. En 1844, Xavier Meyer-Buhner, marchand de fer, se rend acquéreur d’un terrain en bord de rivière, situé en amont de la future usine Frey. Il y fonde un atelier de construction mécanique alimenté par un canal usinier percé parallèlement au cours de la Lauch. Par la suite, Xavier Meyer-Buhner aménage un bassin de retenue à l’arrière de son établissement, dans l’ancien lit de la rivière.

Les terrains situés en face de l’usine de filature et de tissage Frey, de l’autre côté du chemin qui mène de Guebwiller à Issenheim et qui font également partie du « Pré communal dit Grün », sont construits dès 1860-61. La parcelle qui forme l’extrémité sud-ouest de cette vaste zone de pâturage est acquise par la « Société des cités ouvrières de Guebwiller » qui y entreprend la construction de quatre immeubles de logements ouvriers constituant la cité Grün (étudié, IA68009519). Le terrain qui se situe dans le prolongement oriental de cette cité est acquis par les industriels Ferdinand et Théodore Frey qui y édifient trois villas agrémentées d’un parc. Une seule de ces trois maisons d’industriels, la villa dite « Les Pervenches », existe toujours (étudiée, IA68009528).

Développement du site

En 1857, les établissements Ziegler, Frey et Cie fondent, en aval de l’atelier de construction mécanique Meyer-Buhner et le long du canal de fuite de ce dernier, une filature de laine longue anglaise. Cette usine se compose alors de deux pavillons d’entrée (A et B) prolongés par des magasins (A’ et B’) établis parallèlement à la route d’Issenheim et qui encadrent le portail d’entrée, d’ateliers de fabrication en rez-de-chaussée et de plan rectangulaire (carderie et filature) et, à l’arrière, de la centrale d’énergie avec cheminée, chaufferie, salle des machines et bâtiment d’eau qui coiffe le canal usinier. L’autorisation pour la prise d’eau de ce nouvel établissement est accordée par arrêté préfectoral du 9 mars 1858. En 1859, les Ets Ziegler, Frey et Cie équipent leur filature d’un système de chauffage à la vapeur, autorisé par arrêté préfectoral du 24 janvier 1859.

En 1860, la filature Ziegler, Frey et Cie est liquidée et transformée en filature et tissage de coton et de laine sous la raison sociale F. & Th. Frey. Pour accueillir leurs nouvelles activités, Ferdinand et Théodore Frey font construire, dès 1861, un atelier de filature en rez-de-chaussée couvert d’une succession de toits à longs pans (C) à l’ouest des bâtiments initiaux et un second atelier, de même nature mais dédié au tissage (D), à l’est. L’année suivante, ils équipent la salle des éplucheuses et les trois ateliers de serrurerie et de menuiserie d’un système de chauffage à la vapeur. Au cours des années 1860, des magasins, des entrepôts industriels et des dépendances de service (remise à véhicule, écurie) sont établis au nord de l’usine, sur la rive gauche de la Lauch (E, F et G) et, en 1874, on procède à la construction d’un nouvel atelier de fabrication sous la forme d’un bloc usinier à deux niveaux (H).

L’extension de l’usine se poursuit au cours des années 1880, avec la construction, en 1885, d’un magasin à déchets (I), puis en 1886, d’un magasin pour la filature (J) et d’un entrepôt pour la fonte (K). En 1888, une partie du matériel de la filature est remplacée par des machines conçues pour le filage du coton d’Égypte cardé. En 1889, la partie ouest des ateliers de fabrication initiaux en rez-de-chaussée, construits en 1857 par les Ets Ziegler, Frey et Cie, est rehaussée d’un étage et couverte d’une toiture en carène (L). L’atelier de fabrication à étage de 1874 (H) est également prolongé à l’ouest par la construction d’un second atelier (M) et un réfectoire est érigé à l’ouest de l’emprise usinière (N).

En 1894, l’ancien matériel de la filature encore en place est remplacé par du matériel neuf et les ateliers de filature sont doublés par la construction d’une nouvelle usine à étage (P) dans le prolongement ouest des ateliers existants. En 1897, les ateliers de tissage sont augmentés de 12 travées de sheds (Q) qui viennent flanquer le tissage de 1861 (D) sur son élévation orientale. A la même période, les magasins, entrepôts industriels et dépendances de service établis sur la rive gauche de la rivière Lauch sont prolongés vers l’est d’un nouveau magasin (S). En 1901, l'architecte Emmanuel Wetterwald (1868-1947) livre les plans d'une maison de gardien (O) qui vient flanquer le réfectoire (N) implanté à l'ouest du site. Enfin en 1905, un nouvel atelier à sheds (R), dédié au bobinage et à l’encollage, vient fermer le site à l’est.

En 1945, la filature et le tissage sont modernisés sous la direction de Marcel Frey. Toutefois, en 1967, l’activité de tissage qui employait encore 60 personnes, est définitivement abandonnée. La production de filés se poursuit avec 250 personnes. En 1969, les établissements F. & Th. Frey fusionnent avec l’ « Union Textile » au sein d’une nouvelle entité qui prend le nom de « Filatures du Florival ». La société « Union Textile » est elle-même issue de la fusion, en 1920, de la branche filature et retorderie de l’entreprise « Nicolas Schlumberger et Cie » (étudié, IA68009504) et de la filature Gast à Issenheim (Haut-Rhin) (étudiée, IA00111906). Les « Filatures du Florival » produisent des filés de coton peigné pour la bonneterie et le tissage et des filés synthétiques (chlorofibres, acryliques, polyester et viscose). En 1974, le groupe transfère le matériel du retordage de Guebwiller (étudié, IA00054847) dans les anciens ateliers de tissage des établissements F. & Th. Frey. Dans le même temps, la filature est partiellement modernisée. Toutefois, en 1978, les « Filatures du Florival » ferment définitivement leurs ateliers de la route d’Issenheim entraînant le licenciement d’environ 200 personnes. En juin 1979, l’usine est rachetée par la Ville de Guebwiller qui la démembre et cède les bâtiments par lots à des entreprises qui s’établissent sur place.

Au moment de l'enquête, en 2014, le site est divisé en plusieurs entités occupées par des activités commerciales, industrielles et tertiaires. Une entreprise de menuiserie, la maison Hauth, occupe ainsi les bâtiments de la filature à étage de 1894 (P) et une partie des ateliers en rez-de-chaussée édifiés en 1861 (C). Les autres bâtiments ont été investis par des garages de réparation automobile, des magasins de commerce ou des bureaux. Certains restent vacants.

Sources d’énergie

Au moment de sa création, en 1857, la filature Ziegler, Frey et Cie est mise en mouvement par trois turbines hydrauliques et par une machine à vapeur de 40 CV. qui leur sert de moteur auxiliaire. Cette dernière est autorisée par arrêté préfectoral du 27 juillet 1858. Au moment de sa transformation en filature et tissage, l’usine est équipée d’une chaudière à vapeur cylindrique en tôle à trois bouilleurs et d’une machine à vapeur de 40 CV., autorisées par arrêté préfectoral du 24 novembre 1861. Au début du 20e siècle, le tissage Frey est équipé d’une turbine Schneider et Jacquet de Strasbourg (Bas-Rhin), développant 37 CV.

Description

L’ancienne usine F. & Th. Frey occupe une emprise de 2,8 ha à l’entrée est de la ville de Guebwiller, répartie de part et d’autre de la rivière Lauch et délimitée au sud par la route d’Issenheim. Le site s’organise autour de la cour d’usine originelle dont l’entrée est commandée par deux pavillons (A et B) prolongés par des magasins (A’ et B’), ultimes vestiges intégralement préservés des constructions initiales de 1857. A l’est se déploient les ateliers de fabrication construits successivement pour servir au tissage (D, Q et R). A l’ouest se dressent les ateliers de fabrication dédiés à la filature (C, H, L, M et P). Divers magasins, hangars industriels et dépendances de service (E, F, G, J, K et T) occupent les terrains qui bordent la rivière sur ses deux rives. Enfin, un réfectoire (N) flanqué d’une maison de gardien (O) occupe l’extrémité occidentale du site usinier, de l’autre côté de la rue du Saering. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801017NUDA).

Les deux pavillons d’entrée (A et B), prolongés chacun par un magasin industriel de plan rectangulaire (A’ et B’), forment des ensembles symétriques et de conception identique. Un mur pare-feu couronné d’un pignon à redents sépare les deux corps de bâtiment des constructions voisines. Le pavillon de gauche (A) est occupé par la loge du portier, le pavillon de droite (B) par des bureaux. Édifiés en moellons de grès enduits, ces deux ensembles comportent un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques. Les baies sont encadrées de grès avec appuis saillants. L’élévation méridionale comptait initialement sept travées d’ouvertures. Le bâtiment de droite (B’) a été prolongé d’une travée à l’est. Ils sont en outre flanqués, au nord, d’extensions plus récentes. Entre les deux pavillons, il ne subsiste que le portillon d’entrée et l’amorce du portail de l’usine.

L’atelier de fabrication dédié au tissage et édifié en 1861 (D) se compose de sept travées en rez-de-chaussée et d’une travée avec étage de comble au nord. Les travées en rez-de-chaussée sont orientées est-ouest et coiffées d’une succession de toits à longs pans accolés, couverts de tuiles mécaniques et dont les versants nord sont ajourés de châssis vitrés. La travée la plus septentrionale est de plus haut développement. La travée accolée au nord avec un étage de comble est coiffée d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. L’ensemble est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès. Les baies sont encadrées de grès. L’atelier en rez-de-chaussée qui le prolonge à l’est (Q) comporte 12 travées orientées est-ouest et coiffées de sheds vitrés au nord et couverts de tuiles mécaniques. Il est construit en blocs de grès assisés à gros joints apparents et décoré d’une corniche à ressauts en briques. Chaque travée est ajourée, à l’est, d’un oculus dans le pignon, de diamètre variable et cerné de briques. L’élévation orientale est ornée d’un cartouche millésimé en fonte qui rappelle la date de construction (1897) et flanquée de deux transformateurs électriques et d’un petit hall d’entrée en briques. Une extension moderne prolonge le bâtiment au nord.

L’atelier de fabrication qui ferme le site usinier à l’est (R) se déploie en rez-de-chaussée et comporte un sous-sol. Il est composé de 18 travées orientées est-ouest, aux sheds vitrés au nord et couverts de tuiles mécaniques. Édifié en blocs de grès assisés à gros joints apparents, il présente des élévations décorées de chaînes d’angle et de jambes en briques avec tirants métalliques et d’une corniche à ressauts également en briques. A l’est, une travée sur deux est ajourée, dans le pignon, d’un oculus de diamètre variable et cerné de briques. L’élévation ouest était ajourée de baies en arc segmentaire encadrées de briques et désormais condamnées. Cet atelier de fabrication a fait l’objet de plusieurs adjonctions dans la deuxième moitié du 20e siècle. Une extension (R’) de plan rectangulaire à un étage carré en maçonnerie enduite et bardage métallique, flanque son élévation occidentale. Un atelier en rez-de-chaussée (R’’) couvert d’un toit à longs pans et essenté de tôle le prolonge au nord. Enfin, un hangar industriel (R’’’) en charpente et bardage métalliques, couvert d’un toit à longs pans en tôle nervurée, s’inscrit dans son angle nord-ouest.

A l’ouest de la cour d’usine originelle, l’atelier de fabrication dédié à la filature et édifié en 1861 (C) se compose de sept travées en rez-de-chaussée, orientées est-ouest, et coiffées d’une succession de toits à longs pans accolés, couverts de tuiles mécaniques et dont les versants nord sont ajourés de châssis vitrés. Il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès. La travée méridionale, sur la route d’Issenheim, a été partiellement démolie lors de l’aménagement d’un magasin de commerce.

L’atelier de fabrication édifié à l’arrière (H) est de plan rectangulaire et répond à la typologie du bloc usinier. De plan rectangulaire et construit en maçonnerie enduite, il comprend un étage de soubassement, un rez-de-chaussée et un étage carré coiffés d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les murs-gouttereaux comptent 12 travées d’ouvertures encadrées de grès avec appuis saillants. L’élévation orientale est ornée d’une plaque de grès portant l’année de construction (1874). Cet atelier de fabrication est prolongé à l’ouest par un second atelier (M) plus récent. De plan rectangulaire, il est construit en moellons de grès enduits au rez-de-chaussée et en briques enduites à l’étage et couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L’élévation ouest est ornée, au rez-de-chaussée, de chaînes d’angle en grès. Les murs-gouttereaux comptent huit travées d’ouvertures encadrées de grès gris avec appuis saillants.

L’atelier de fabrication situé au cœur de l’usine (L) correspond à la partie ouest des ateliers initiaux édifiés en 1857 et rehaussé en 1889. De plan rectangulaire, il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré coiffés d’un toit en carène couvert de tôle ondulée. Il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés. Les encadrements rectangulaires des baies sont en grès avec appuis saillants. L’élévation nord est flanquée d’une tour de plan rectangulaire, en briques et couronnée d’une structure métallique. L’élévation méridionale à 11 travées d’ouvertures porte un cartouche en fonte portant l’année de rehaussement de l’édifice (1889). Un magasin industriel (I) en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques y est accolé. Adoptant un plan en L, il est construit en moellons de grès enduits sur un soubassement en blocs de grès assisés et longé par un quai de chargement. L’élévation orientale porte un cartouche avec la date de sa construction (1885).

La nouvelle unité de filature (P), édifiée en 1894 dans le prolongement ouest des ateliers existants, se présente sous la forme d’un parallélépipède et répond à la typologie de l’usine à étage. Édifiée en maçonnerie de briques enduites, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage carré coiffés d’une succession de cinq toits à longs pans accolés et couverts de tuiles mécaniques. Les élévations nord, sud et ouest sont ajourées de grandes baies rectangulaires avec appuis saillants en ciment et couronnées d’un acrotère avec frise à denticules. Cet atelier de fabrication est surplombé, dans son angle nord-est, d’une tour à quatre niveaux de plan rectangulaire qui abrite une cage d’escalier avec marches en granit et, en partie supérieure, un réservoir d’eau riveté servant à alimenter les sprinklers. Le soutènement intérieur est assuré, au rez-de-chaussée, par trois rangées de huit poteaux circulaires en fonte. Au sous-sol, on retrouve ces trois rangées renforcées de quatre autres rangées intermédiaires de poteaux de plus petite section.

Le magasin industriel (J), établi parallèlement au cours de la rivière Lauch, se présente sous la forme de deux corps de bâtiment accolés et adoptant un plan rectangulaire. La partie occidentale de cet ensemble, édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés, comprend un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L’élévation méridionale, à trois travées d’ouvertures, porte un cartouche en fonte avec la date de sa construction (1886). Les encadrements rectangulaires des baies sont en grès rose. Les pignons découverts, servant de dispositifs anti-incendie, reposent sur des consoles moulurées en grès. La partie orientale de cet ensemble, en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés, comporte un rez-de-chaussée et un étage de comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Son élévation septentrionale est percée, en partie haute, de six petites fenêtres avec encadrements en grès et appuis saillants.

Sur la rive gauche de la rivière Lauch, sont établis des magasins, des entrepôts industriels et des dépendances de service construits pour les premiers au cours des années 1860 (E, F et G) et augmentés par la suite de diverses constructions (S, T et U). Les bâtiments implantés en bordure septentrionale de l’enceinte usinière se composent de constructions de plan rectangulaire disposées sur un même alignement. D’ouest en est on trouve un entrepôt industriel (E) ayant servi au stockage des caisses, une remise à véhicules et un magasin industriel pour le tissu (F), les écuries, la sellerie et un autre magasin industriel (G), enfin un dernier bâtiment (S) ayant servi au stockage du ciment.

L’entrepôt industriel (E) est une construction en rez-de-chaussée, édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés et couverte d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. La remise à véhicules et le magasin industriel pour le tissu, réunis au sein d’un même bâtiment (F), sont séparés par un mur pare-feu. Cet ensemble, construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés, comprend un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec demi-croupe et tuiles mécaniques. Les baies à encadrements rectangulaires sont en grès avec appuis saillants. Les écuries, la sellerie et le magasin industriel sont regroupés au sein d’un même bâtiment (G) qui comprend un rez-de-chaussée en maçonnerie et un étage de comble à surcroît essenté de planches au sud et ajouré de claires-voies au nord sous un toit à longs pans avec demi-croupe et tuiles mécaniques. Le pignon oriental est percé de deux baies semi-circulaires encadrées de grès avec appuis saillants. Le dernier magasin industriel (S) qui termine cet alignement à l’est se compose de deux corps de bâtiment édifiés tous deux en moellons de grès apparents à gros joints sur un soubassement en blocs de grès assisés. Le premier, à l’ouest, comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous une toiture en carène couverte de tôles ondulées. Le second, à l’est, comporte un rez-de-chaussée sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

En fond de parcelle, à l’extrême est, se dresse un garage (U) en rez-de-chaussée, édifié en maçonnerie enduite sous un toit à longs pans couvert de tôles ondulées en ciment amiante. En bordure sud de la parcelle, le long du cours de la rivière, sont établis un hangar industriel (T) avec structure porteuse en bois et toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques et un entrepôt industriel (K) en rez-de-chaussée. De plan rectangulaire, il est édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés et couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L’élévation orientale, percée d’une porte à encadrement rectangulaire en grès, porte un cartouche en fonte millésimé (1886).

Enfin, un réfectoire (N) flanqué d’une maison de gardien (O) occupe l’extrémité occidentale du site usinier, de l’autre côté de la rue du Saering. De plan rectangulaire, le réfectoire (N) comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Construit en moellons de grès à gros joints, il est décoré de jambes et de chaînes d’angle régulières en briques. L’élévation méridionale porte une plaque de grès portant la date de sa construction (1893). Les baies rectangulaires du rez-de-chaussée et en arc segmentaire de l’étage sont encadrées de briques avec appuis saillants en grès. Disposée en retour d’équerre, la maison de gardien (O) est de plan rectangulaire. Édifiée en blocs de grès assisés à gros joints, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. La maison est cantonnée de chaînes d’angle régulières en briques et les baies rectangulaires sont encadrées de grès avec arcs de décharge en briques.

Précision dénomination filature de laine
Appellations Ziegler, Frey et Cie , F. & Th. Frey , Filatures du Florival , Hauth
Parties constituantes non étudiées conciergerie, magasin industriel, bureau, atelier de fabrication, entrepôt industriel, remise, écurie, sellerie, hangar industriel, garage, cour, transformateur, bief de dérivation, réfectoire
Dénominations filature, tissage, usine de menuiserie, garage de réparation automobile, magasin de commerce, bureau
Aire d'étude et canton Haut-Rhin - Guebwiller
Hydrographies Lauch (dérivation de la)
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 12, 12A route d' Issenheim , 1 à 4 rue du Saering
Cadastre : 2018 12 104, 106 à 108, 110, 147, 148, 165, 166, 172, 173, 195, 253, 261, 285 à 287, 346 à 348, 372 à 374, 376 à 381, 414, 415, 426, 476 à 479, 539

En 1857, les établissements Ziegler, Frey et Cie construisent sur le site une filature de laine. En 1860, elle est liquidée et transformée en filature et tissage de coton et de laine sous la raison sociale F. & Th. Frey. Dès 1861, deux nouveaux ateliers en rez-de-chaussée sont bâtis. Au cours des années 1860, des magasins, des entrepôts industriels et des dépendances de service (remise à véhicule, écurie) sont établis au nord de l’usine et, en 1874, on procède à la construction d’un nouvel atelier de fabrication sous la forme d’un bloc usinier.

L’extension de l’usine se poursuit au cours des années 1880, avec la construction, en 1885, d’un magasin à déchets, puis en 1886, d’un magasin pour la filature et d’un entrepôt pour la fonte. En 1893, un magasin industriel vient fermer le site à l'ouest. L'année suivante, les ateliers de filature sont doublés par la construction d’une nouvelle usine à étage. En 1897, les ateliers de tissage sont augmentés de 12 travées de sheds et un nouveau magasin est bâti au nord-est du site. En 1901, l'architecte Emmanuel Wetterwald (1868-1947) livre les plans d'une maison de gardien (O). Enfin en 1905, un nouvel atelier à sheds vient fermer le site à l’est.

En 1967, l’activité de tissage est définitivement abandonnée. La production de filés se poursuit avec 250 personnes. En 1969, les établissements F. & Th. Frey fusionnent avec l’ « Union Textile » au sein d’une nouvelle entité qui prend le nom de Filatures du Florival. Celle-ci poursuit l'activité jusqu'à son arrêt définitif en 1978.

En juin 1979, l’usine est rachetée par la Ville de Guebwiller qui la démembre et cède les bâtiments par lots à des entreprises qui s’établissent sur place.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , porte la date
Dates 1857, daté par source
1861, daté par source
1874, porte la date
1885, porte la date
1886, porte la date
1893, porte la date
1894, daté par source
1897, porte la date
1901, daté par source
1905, daté par source
Auteur(s) Auteur : Frey Théodore,
Théodore Frey

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin) durant la seconde partie du 19e siècle.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Frey Ferdinand,
Ferdinand Frey

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin) durant la seconde partie du 19e siècle.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Wetterwald Emmanuel,
Emmanuel Wetterwald (1868 - 1947)

Architecte établi à Guebwiller (Haut-Rhin) qui conduit de front son activité d'architecte et une activité d'entrepreneur au sein de la société de sciage et de menuiserie Wetterwald Frères à Guebwiller.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source

Le site se compose de deux pavillons d’entrée, prolongés chacun par un magasin industriel de plan rectangulaire. Édifiés en moellons de grès enduits, ces deux ensembles comportent un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques.

Ils sont encadrés de différents ateliers de fabrication en maçonnerie enduite ou en moellons de grès à gros joints, certains en rez-de-chaussée avec ou sans sous-sol, coiffés de toits à longs pans accolés ou de sheds, d’autres à un étage carré sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques ou bombé avec couverture en tôle ondulée.

Différents magasins, entrepôts et hangars industriels ainsi que des dépendances de service complètent l’ensemble. Ils sont bâtis en maçonnerie enduite ou en moellons de grès à gros joints, certains en rez-de-chaussée, d’autres à un étage carré ou comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques ou bombé avec couverture en tôle ondulée.

Une maison de gardien occupe l’extrémité occidentale du site. Édifiée en blocs de grès assisés à gros joints, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

Murs grès maçonnerie enduit
Toit tuile mécanique, verre en couverture, tôle ondulée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
shed
toit bombé
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • SCHWEITZER, Julien. Etablissements F. et Th. Frey. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 41-42.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
- Raimbault Jérôme