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Filature et tissage de laine peignée Martin, Thyss et Cie, puis Thyss, Steffan et Cie, puis Thyss, Beuck et Cie, puis Beuck et Cie, puis Beuck, Koechlin et Cie, puis filature et tissage Charles Rogelet, Gand Frères, Grandjean, Ibry et Cie, puis Charles Rogelet, puis Manufacture de Bühl ci-devant E. Rogelet, puis tréfilerie et câblerie Mercure Métal et tissage Mechanischeweberei zu Linden, puis filature Marin-Astruc, puis usine de construction mécanique N. Schlumberger et Cie

Dossier IA68009532 réalisé en 2014

Fiche

  • Vue aérienne du site, depuis le sud.
    Vue aérienne du site, depuis le sud.
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • magasin industriel
    • logement d'ouvriers
    • chaufferie
    • transformateur
    • entrepôt industriel

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault. La cartographie du site est réalisée par Abdessalem Rachedi.

HISTORIQUE

Implantation originelle

La fabrique de draps Martin, Thyss et Cie est établie à l’écart de toute habitation, en aval du village de Buhl, sur la rive droite de la rivière Lauch. Le terrain sur lequel elle s’implante est constitué essentiellement de prés de fauche et de pâture mais aussi d’un verger et d’une petite maison d’habitation amenée à disparaître. La construction la plus proche, en amont, est le moulin du Sieur Hildenbrandt, mis en mouvement par les eaux de la Lauch au moyen d’une dérivation appelée canal du moulin. L’usine est desservie par un chemin au sud-ouest appelé sentier de Buhl à Guebwiller sur lequel s’embranche un chemin qui traverse l’emprise foncière de la future manufacture et permet de franchir le cours de la Lauch au moyen d’un pont.

Développement du site

En juillet 1810, les Ets Louis Blancheney et Cie de Mulhouse se rendent acquéreurs de terrains sur la rive nord de la rivière Lauch pour y établir une filature. Ils acquièrent dans le même temps, auprès du Sieur Xavier Koch, une vaste parcelle de terrain située au droit du ruisseau dit Murbachlein et constituée d’une maison avec dépendances, d’une cour, d’un jardin, de prés et de terres labourables. C’est au sein de cette propriété, appelée Meyerhof (étudiée, IA00054792) et aujourd’hui disparue, que va s’établir le directeur de la nouvelle fabrique. Dès 1812, les manufacturiers mulhousiens Jacques Martin et Jean-Jacques Thyss reprennent le projet à leur compte et se chargent de la construction de la manufacture de laine peignée, commandités par trois financiers bâlois Samuel Merian-Hoffmann, Jean Merian-Forcard et Philippe Merian. L’usine, qui produit des draps de laine, prend la forme de trois blocs usiniers. Le plus grand, orienté nord-est/sud-ouest, comprend quatre niveaux et 18 travées d’ouvertures. Les deux autres, orientés nord-ouest/sud-est, comptent chacun deux niveaux plus combles.

En 1822, l’établissement emploie plus de 300 ouvriers salariés. Jean-Jacques Thyss change de partenaire et s’associe à M. Steffan en 1830 puis à M. Beuck en 1838. A partir de 1841, la filature est exploitée par les Sieurs Beuck et Cie et se voit équiper, en 1845, de quatre peigneuses et d’une chaudière à vapeur pour servir au peignage de la laine, au décatissage des draps et au chauffage des cuves de teinture. Au milieu du 19e siècle, le bloc usinier principal, à quatre niveaux, est augmenté de neuf travées supplémentaires, puis à nouveau de dix nouvelles travées alignant ainsi 34 rangées de fenêtres.

En 1852, M. Beuck est associé à Jean-Frédéric Koechlin, son gendre, dans la conduite de la fabrique de draps. Ces derniers sollicitent l’autorisation de transformer le moulin à foulon situé sur leur propriété, en aval de l’usine, pour y établir une seconde filature de laine. Cette nouvelle unité de production (D) est bâtie au cours de l’année 1856 et autorisée par arrêté préfectoral du 18 juin 1857. Elle se présente sous la forme d’un atelier en rez-de-chaussée couvert de sheds et flanqué à l’ouest d’un étroit corps de bâtiment à un étage carré, sommé d’un fronton et encadré de deux tourelles polygonales.

A partir de 1856, l’établissement se trouve entre les mains de la firme Koechlin, Portrait et Cie. Il est acquis en 1860 par Charles Rogelet, Gand Frères, Grandjean, Ibry et Cie qui y installent un tissage de mérinos et de cachemires édifié au nord-ouest de la filature inférieure (D). Au cours des années suivantes, le nombre de broches de filature est porté à 32 000 avec une extension des ateliers de l’usine inférieure au sud et à l’est. Le tissage (E) est lui aussi étendu au nord-ouest jusqu’à compter 860 métiers. Suite au décès de Mr. Gand en 1874, Charles Rogelet demeure seul à la tête de l'usine qui emploie désormais 1200 salariés. Son fils Edmond lui succède en 1890 et fait évoluer la fabrication vers de luxueuses étoffes de serge et de cheviotte (laine de mouton d’Écosse) qui obtiennent une grande réputation en Allemagne et en Angleterre. Cette même année, des salariés de la manufacture fondent l’un des premiers syndicats ouvriers d’Alsace.

L’entreprise est transformée en société anonyme en 1900 sous la raison sociale Manufacture de Bühl ci-devant E. Rogelet. C’est alors l’apogée de l’entreprise qui fournit du travail à plus de mille salariés, finance une crèche dans le village, favorise la construction de logements ouvriers (cité ouvrière Rogelet, étudiée IA68009533) et subventionne diverses associations. L’usine subit les bombardements de la Première Guerre mondiale avec au total 62 obus qui endommagent bâtiments et machines. Les dégâts sont cependant réparés au fur et à mesure et la production peut reprendre dès le mois de mars 1919. L’établissement est alors modernisé et complété d’installations spéciales pour l’utilisation des déchets. C’est vraisemblablement à cette époque que l’atelier de filature à sheds (D), sur le site inférieur, est doté d’une façade rideau couronnée d’un acrotère. On dénombre alors au sein de l’usine, trois batteries de lavage, 44 cardes, 36 peigneuses, 37 602 broches de filature et 696 métiers à tisser.

L’entreprise, qui exploite sept usines, est mondialement connue. Elle subit cependant la crise de l’industrie lainière alsacienne concurrencée, à partir de 1925, par celle de Roubaix et de Tourcoing qui bénéficie de coûts de production inférieurs. La Manufacture de Bühl ci-devant E. Rogelet est contrainte de réduire sa production et de se reconvertir partiellement dans le tissage de la soie. Ces difficultés conjoncturelles sont aggravées par la récession mondiale des années 1930. A l’automne 1935, l’usine de Buhl ferme définitivement ses portes et licencie 1200 employés.

En 1939, la partie sud de l’usine inférieure, qui abritait la filature édifiée en 1856 (D) ainsi que la turbine, sont cédées à la Tréfilerie et Câblerie Mercure Métal. Le reste de l’établissement, soit environ 13 350 m2 de surface industrielle, est vendu au cours de la Seconde Guerre mondiale à la Mechanischeweberei zu Linden, société par actions ayant son siège à Hanovre-Linden en Allemagne. A la Libération, ces locaux sont placés sous séquestre et vendus par adjudication en date du 5 mars 1948 à la Société Anonyme Marin-Astruc qui exploite déjà une usine textile dans la localité (étudiée, IA68000808).

En 1949, la société Marin-Astruc fait édifier sur le site une nouvelle filature de 25 000 broches (E) en lieu et place de l’ancien tissage de mérinos et de cachemires dont les élévations sont conservées et rehaussées. Les travaux sont menés par la société Bâtiments Industriels du Haut-Rhin installée à Saint-Louis (Haut-Rhin). Cette dernière réalise également, en 1949, un magasin de filés (I) qui vient flanquer la nouvelle filature au sud-ouest, un magasin à caisses (F) en 1950 et une nouvelle porterie en 1951 (disparue). Par ailleurs, la société Marin-Astruc fait transformer en logements deux blocs usiniers sur le site originel de la manufacture de draps, entre 1949 et 1951, créant ainsi 44 appartements pour attirer de la main-d’œuvre qualifiée.

Après la cessation de ses activités et le licenciement de ses 195 salariés, la Société Anonyme Marin-Astruc cède ses locaux à l’entreprise N. Schlumberger et Cie de Guebwiller en 1963. Cette dernière y installe une unité de tôlerie et de soudure. La Tréfilerie et Câblerie Mercure Métal, devenue Tréfilerie-Câblerie de l’Est, ferme ses portes en janvier 1965. L’activité semble toutefois se poursuivre jusqu’au 1er janvier 1968. L’entreprise N. Schlumberger et Cie se rend alors acquéreur de ses locaux représentant une surface bâtie d’environ 11 700 m2. L’acte de vente est conclu en date du 27 décembre 1968. Cette dernière exploite dès lors l’ensemble du site pour ses activités de tôlerie et de soudure et ce, jusqu’au courant des années 1990.

Depuis lors, le site est désaffecté à l’exception de la partie la plus septentrionale occupée par l’entreprise Greenpro qui a néanmoins fermé ses portes quelque temps avant l'enquête de terrain. Les 44 logements ouvriers aménagés entre 1949 et 1951 par la Société Anonyme Marin-Astruc au sein d’anciens blocs usiniers sont démolis au début des années 2000 pour laisser place à la construction d’un immeuble collectif et de maisons individuelles.

Sources d’énergie

La fabrique de draps fondée en 1812 par Jacques Martin et Jean-Jacques Thyss est mise en mouvement par les eaux de la Lauch dérivées au moyen d’un canal d’amenée. Le 22 avril 1854, MM. Beuck et Koechlin sont autorisés par arrêté préfectoral à installer au sein de leur établissement deux chaudières à vapeur de forme cylindrique à deux bouilleurs et une machine à vapeur de 24 CV pour servir de moteur à la filature originelle. En 1857, ils équipent leur nouvelle filature (D), située en aval, de deux chaudières également à deux bouilleurs et d’une machine à vapeur de 30 CV. Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, l’établissement se voit doter d’une turbine hydraulique installée au sein de l’usine inférieure et de l’électricité en 1908. La turbine continue d’être exploitée en 1939 lors du rachat d’une partie de l’usine par la Tréfilerie et Câblerie Mercure Métal.

DESCRIPTION

Au moment de son développement maximum, au début du 20e siècle, l’usine occupe une superficie de plus de neuf hectares. Aujourd’hui, la partie nord de cette emprise, correspondant au site originel de la manufacture de draps, a été lotie. De cet ensemble, il ne subsiste que trois bâtiments ayant servi de logement ouvrier pour les deux premiers (A, B), de magasin à tissu et de logement ouvrier pour le dernier (C). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801012NUDA).

Sur la partie sud de l’enceinte usinière se déploient, du sud-est au nord-ouest, la filature de laine (D) fondée en 1856 par MM. Beuck et Koechlin et étendue par la suite, puis la filature (E) édifiée par la société Marin-Astruc en lieu et place du tissage de mérinos et de cachemire bâti en 1860, flanquée au nord-est de différents locaux dont une chaufferie (H), un transformateur électrique (G), un entrepôt industriel (F) et au sud-ouest d’un magasin industriel (I).

Les deux logements ouvriers conservés au nord-ouest du site (A, B) se présentent sous la forme de deux bâtiments accolés. Le premier (A), orienté nord-est/sud-ouest, est de plan rectangulaire et compte deux étages carrés et un étage de comble sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles plates. Édifié en maçonnerie enduite, il présente des murs-gouttereaux à cinq travées d’ouvertures rectangulaires encadrées de grès. Le pignon nord-est est couronné d’un mur coupe-feu à redents qui le séparait d’un bâtiment aujourd’hui disparu. Le second logement ouvrier (B) accolé au premier au nord-ouest, est de plan rectangulaire allongé. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré couverts par un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Il est bâti en maçonnerie enduite et son élévation postérieure est essentée de planches en partie supérieure. Son élévation antérieure ordonnancée à sept travées est percée de baies en plein cintre au rez-de-chaussée et de fenêtres rectangulaires encadrées de grès à l’étage. Le bâtiment est flanqué à l’arrière de deux appentis en rez-de-chaussée et d’une tourelle polygonale demi-hors-œuvre.

Le bâtiment ayant accueilli un magasin à tissu et des habitations ouvrières (C) adopte un plan en T. Il était prolongé au nord-est par un corps de bâtiment aujourd’hui disparu dont il était séparé par un mur pare-feu couronné de redents. Élevé en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès bouchardés, il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L’étage de comble est ajouré au sud-ouest par quatre baies dont deux, aux extrémités, sont semi-circulaires à clé saillante. Toutes les autres ouvertures sont rectangulaires et encadrées de grès.

La filature de laine sur le site inférieur (D) se compose de deux ensembles accolés. A gauche, l’édifice originel édifié en 1856 et à droite les extensions postérieures des ateliers aujourd’hui habillés d’un mur-rideau. Le bâtiment relativement étroit qui précède les travées de sheds, à gauche, est de plan rectangulaire allongé et comporte un rez-de-chaussée et un étage carré édifiés en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés. Il est couvert d'un toit à longs pans avec croupes et tuiles en écaille et présente une élévation ordonnancée à neuf travées d’ouvertures en plein cintre au rez-de-chaussée, rectangulaires à l’étage et toutes encadrées de grès. La symétrie de l’ensemble est accentuée par l’avant-corps médian à trois travées en légère saillie sommé d’un fronton percé d’un oculus octogonal à encadrement mouluré et par la présence aux extrémités de deux tourelles polygonales hors-œuvre coiffées d’un toit à croupe polygonale sommé d’un épi de faîtage. La tourelle de droite est percée d’une porte avec grille et imposte décoratives en fonte. Un bandeau d’étage en grès complète le dispositif ornemental du bâtiment.

A l’arrière, les travées de sheds originelles ont été fondues, au gré des extensions successives, au sein d’un vaste atelier de fabrication en rez-de-chaussée à 18 travées de sheds d’inégal développement, orientées nord-est/sud-ouest, couvertes de tuiles mécaniques et vitrées au nord-ouest. Construites en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès à gros joints et une assise de blocs de grès bouchardés, elles sont soutenues par 18 rangées de poteaux octogonaux en fonte et contreventées par des tirants métalliques transversaux. Les travées ajoutées postérieurement, à droite, présentent une élévation antérieure couronnée d’un acrotère décoré d’un bandeau de niveau et d’une corniche à ressauts en briques. Des chaînes d’angle droites et des jambages en moellons de grès rustiques rythment cette façade percée de baies rectangulaires à linteaux métalliques.

La filature (E) édifiée par la société Marin-Astruc est de plan rectangulaire. Bâtie en maçonnerie enduite, elle se compose de neuf travées de sheds orientées nord-ouest/sud-est, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Le soutènement intérieur est assuré par six rangées de neuf poteaux faits de profilés métalliques en I supportant des sous-poutres transversales. Le bâtiment est flanqué sur son élévation antérieure d’une travée en rez-de-chaussée, éclairée de grandes baies rectangulaires et couverte d’une toiture en terrasse. Son angle nord-ouest est occupé par une construction récente, de grande hauteur et habillée d’un bardage métallique. Le long de la façade postérieure sont alignées des constructions en rez-de-chaussée couvertes de toiture en terrasse avec notamment un transformateur électrique (G), une chaufferie (H) ajourée de trois grandes baies rectangulaires à châssis métallique et des locaux sanitaires.

Au sud-ouest, la filature (E) est prolongée par un magasin industriel (I) bâti pour abriter les filés. Composé de deux travées de longs pans accolées en rez-de-chaussée, il est couvert de tuiles mécaniques et ajouré de lanterneaux. Construit en maçonnerie enduite, il présente une charpente métallique apparente. Son élévation sud-ouest est percée en partie haute d’un bandeau vitré. Au sud-est de la filature (E) se déploie l’entrepôt industriel (F) conçu pour la fabrication et le stockage des caisses. De plan rectangulaire et élevé en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée surélevé sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques soutenu par une charpente métallique apparente. Ses élévations nord-est et nord-ouest sont percées de grandes baies rectangulaires à appuis saillants en béton.

Précision dénomination filature de laine peignée
tissage de laine peignée
Appellations Martin, Thyss et Cie , Thyss, Steffan et Cie , Thyss, Beuck et Cie , Beuck et Cie , Beuck, Koechlin et Cie , Charles Rogelet, Gand Frères, Grandjean, Ibry et Cie , Charles Rogelet , Manufacture de Bühl ci-devant E. Rogelet , Mercure Métal , Mechanischeweberei zu Linden , Marin-Astruc , N. Schlumberger et Cie
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, magasin industriel, logement d'ouvriers, chaufferie, transformateur, entrepôt industriel
Dénominations filature, tissage, tréfilerie, câblerie, usine de construction mécanique
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Hydrographies Lauch (dérivation de la)
Adresse Commune : Buhl
Adresse : 90, 102, 104 rue de la Fabrique
Cadastre : 2018 9 90,103, 156, 239 à 241, 332 à 336, 361 à 368, 377, 471, 472, 480, 485 à 493, 496 à 506, 544, 545, 561 à 563

En 1812, une manufacture de laine peignée est établie sur le site par les industriels mulhousiens Jacques Martin et Jean-Jacques Thyss sous la forme de trois blocs usiniers. Au milieu du 19e siècle, le bâtiment principal, à quatre niveaux, est agrandi à deux reprises.

En 1856, une seconde filature de laine est bâtie sur le site, en aval des constructions originelles. Passé par différentes raisons sociales, l’établissement est acquis en 1860 par Charles Rogelet, Gand Frères, Grandjean, Ibry et Cie qui y installent un tissage de mérinos et de cachemires sur le site inférieur dont les ateliers sont étendus au cours des années suivantes.

A partir de 1874, Charles Rogelet demeure seul à la tête de l'usine. Son fils Edmond lui succède en 1890. L’entreprise est transformée en société anonyme en 1900 sous la raison sociale Manufacture de Bühl ci-devant E. Rogelet, qui exploite le site jusqu’à sa liquidation en 1935.

En 1939, la partie sud de l’usine inférieure est cédée à la Tréfilerie et Câblerie Mercure Métal. Le reste de l’établissement échoit, par adjudication en date du 5 mars 1948, à la Société Anonyme Marin-Astruc qui y construit une nouvelle filature. Les travaux sont menés par la société Bâtiments Industriels du Haut-Rhin installée à Saint-Louis (Haut-Rhin). Cette dernière réalise également, en 1949, un magasin de filés, un magasin à caisses en 1950 et une nouvelle porterie en 1951. Par ailleurs, la société Marin-Astruc fait transformer, entre 1949 et 1951, deux blocs usiniers sur le site originel de la manufacture de draps en logements ouvriers.

Après la cessation de ses activités, la Société Anonyme Marin-Astruc cède ses locaux à l’entreprise N. Schlumberger et Cie de Guebwiller en 1963. Cette dernière y installe une unité de tôlerie et de soudure. La Tréfilerie et Câblerie Mercure Métal, devenue Tréfilerie-Câblerie de l’Est, ferme ses portes en janvier 1965. L’entreprise N. Schlumberger et Cie se rend alors acquéreur de ses locaux. Cette dernière exploite dès lors l’ensemble du site pour ses activités de tôlerie et de soudure et ce, jusqu’au courant des années 1990. Depuis lors, le site est désaffecté.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : milieu 20e siècle , daté par source
Dates 1812, daté par source
1856, daté par source
1949, daté par source
1950, daté par source
1951, daté par source
Auteur(s) Auteur : Martin Jacques, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Thyss Jean-Jacques, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Rogelet Charles, auteur commanditaire, attribution par source

Du site originel de la manufacture de draps ne subsistent que trois bâtiments (A, B, C). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801012NUDA).

Deux anciens logements d’ouvriers, de plan rectangulaire, sont bâtis en maçonnerie enduite. Le premier (A) compte deux étages carrés et un étage de comble sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles plates. Le second (B) comporte un rez-de-chaussée et un étage carré couverts par un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Son élévation postérieure est essentée de planches en partie supérieure. Le troisième bâtiment (C), élevé en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès, se compose d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée surélevé, d’un étage carré et d’un comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

La filature de laine sur le site inférieur (D) se compose de deux ensembles accolés. Le bâtiment relativement étroit qui précède les travées de sheds, à gauche, est de plan rectangulaire allongé et comporte un rez-de-chaussée et un étage carré édifiés en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés. Il est couvert d'un toit à longs pans avec croupes et tuiles en écaille et encadré de deux tourelles coiffées d’un toit à croupe polygonale. A l’arrière, se déploie l’atelier de fabrication en rez-de-chaussée à 18 travées de sheds, couvertes de tuiles mécaniques et vitrées au nord-ouest. Il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès.

La filature plus récente (E) est de plan rectangulaire. Édifiée en maçonnerie enduite, elle se compose de neuf travées de sheds en rez-de-chaussée, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Le bâtiment est flanqué sur son élévation antérieure d’une travée en rez-de-chaussée couverte d’une toiture en terrasse.

Le magasin industriel (I) est composé de deux travées de longs pans accolées en rez-de-chaussée, couvertes de tuiles mécaniques et ajourées de lanterneaux. Construit en maçonnerie enduite, il présente une charpente métallique apparente.

L’entrepôt industriel (F), de plan rectangulaire et élevé en maçonnerie enduite, comporte un rez-de-chaussée surélevé sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

Murs grès maçonnerie enduit
essentage de planches
Toit tuile plate, tuile mécanique, tuile en écaille, verre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, en rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble, comble à surcroît
Couvertures terrasse toit à longs pans demi-croupe
croupe
lanterneau
shed
toit polygonal
Énergies énergie électrique achetée

Références documentaires

Bibliographie
  • KOHLER, Francis. Manufacture de Buhl. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 90-97.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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