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Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La présentation historique du site donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

Appellations Schlumberger
Parties constituantes non étudiées cour, voie ferrée, pont, atelier de fabrication, magasin industriel, entrepôt industriel, chaufferie, transformateur, vestiaire d'usine, hangar industriel
Dénominations fonderie
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Hydrographies Lauch (dérivation de la)
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 3 rue du 17-Novembre
Cadastre : 2019 15 80, 82, 200, 201

Implantation originelle

La fonderie de la Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie (NOSOCO) est édifiée au nord-ouest de l'usine de construction mécanique (étudiée, IA68009504) et au nord de la cité ouvrière Florival (étudiée, IA689518). Elle est implantée sur une vaste parcelle vierge, parcourue d’ouest en est par deux canaux usiniers, et délimitée au nord par le cours de la Lauch, à l’est par la rue du 17-Novembre et au sud par la rue d’Angreth.

Développement du site

En 1926, la Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie (NOSOCO) décide la construction d’une nouvelle fonderie en amont de son usine de construction mécanique. Pour la concevoir, elle fait appel à l’architecte guebwillerois Adolphe Sautier (1870-1944) qui s’inspire vraisemblablement de l’aciérie de la Société des Fonderies et Ateliers de Constructions de Fourchambault et la Pique (Nièvre), dont les archives Schlumberger conservent un plan en élévation daté du 12 octobre 1918. Le projet livré par A. Sautier comporte quatre grandes nefs (R1) orientées est-ouest, une grande halle postérieure (R2) orientée nord-sud, des vestiaires prolongés d’un hangar à sable (R8) et un passage souterrain qui relie la nouvelle fonderie à l’usine en aval. Le site est en outre desservi par une voie ferrée dédiée qui franchit le cours de la Lauch au moyen d’un pont ferroviaire conçu en 1920 par les Ets Pelnard-Considère, Caquot & Cie de Paris. Les équipements de la fonderie sont fournis par les Ets Alfred Baillot et Cie de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). En 1929, Adolphe Sautier livre les plans d’une conciergerie qui est édifiée au sud-est de l’emprise (disparue).

Spécialisée dans la fabrication de machines textiles, la Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie subit de plein fouet la crise de l’industrie textile qui survient au début de l’année 1934. La fonderie, devenue trop grande, est fermée pour un temps. L’activité reprend cependant et connaît une période d’expansion après la Deuxième Guerre mondiale. La fonderie doit être étendue. En 1966, on y adjoint un hall de stockage au nord et à l’ouest (R5, R6 et R7) des halles existantes. Les travaux sont exécutés par la Société Lorraine de Constructions Métalliques (SOCOLOMET) de Maizières-lès-Metz (Moselle). L’isolation du bâtiment fait appel au procédé Durisol mis en œuvre par l’entreprise Herrenschmidt & Cie de Strasbourg (Bas-Rhin). En 1967, l’établissement est doté de quatre fours électriques, les premiers à équiper une fonderie en France.

En 1981, on procède à la démolition de la conciergerie pour faciliter les manœuvres des camions qui accèdent à l’usine. Progressivement, la fonderie Schlumberger étend son activité à des clients extérieurs tout en poursuivant la production pour l’unité de construction mécanique du groupe. Au moment de l’enquête, en 2014, la fonderie emploie une cinquantaine de personnes et produit 4000 tonnes de pièces mécaniques en fonte pour le textile, les travaux publics, l’automobile, la construction électrique, le mobilier urbain ou encore le nucléaire. Douze types de fontes différentes issues du recyclage de chutes de métal y sont mises en œuvre.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1926, daté par source
1929, daté par source
1966, daté par source
Auteur(s) Auteur : Sautier Adolphe, architecte, attribution par source

La fonderie occupe une vaste parcelle bordée au nord par le cours de la Lauch, à l’est par la rue du 17-Novembre et au sud par la rue d’Angreth. Ses hautes élévations et les murs aveugles de ses bâtiments annexes (R8 et R9) en bordure de rue, lui donnent l’aspect d’un espace clos. La cour qui borde les bâtiments à l’ouest conserve, au sol, la trace de la voie ferrée dédiée et aujourd’hui désaffectée qui menait jusqu'à l'intérieur des bâtiments. Celle-ci franchit le cours de la rivière au moyen d’un pont en béton armé de type bow-string avec deux arcs décalés, rigidifiés par quatorze aiguilles.

La fonderie se compose des constructions initiales, implantées au sud-ouest du site et flanquées d’extensions plus récentes au nord et à l’ouest. Les ateliers originels (R1) comprennent quatre grands vaisseaux en rez-de-chaussée, accolés et de plan rectangulaire, orientés est-ouest, construits avec une ossature en béton armé et pan de fer et un remplissage en briques apparentes. Ils sont couverts de toits à longs pans avec lanterneaux et tuiles mécaniques et ajourés, à l’est et au sud, de baies en bandeau à châssis métallique. Soutenus par un système de poteaux et de poutres en béton armé et une charpente métallique apparente en treillis, ces ateliers sont recouverts d’un dallage métallique. Ils sont, au moment de l’enquête, occupés par des chantiers de moulage pour petites et grosses pièces, une unité de grenaillage et d’ébarbage et un espace de conditionnement. Le grand hall de fusion (R2) flanque cet ensemble à l’ouest. Vaste vaisseau en rez-de-chaussée de haute stature, il est orienté nord-sud et coiffé d’un toit à longs pans avec lanterneau vitré, tôles ondulées et tôles nervurées en couverture. Édifié en pan de fer et remplissage en briques apparentes, il est équipé de trois ponts roulants d’une puissance respective de 5 t., 15 t. et 30 t. La partie sud du hall est occupée par la sablerie et le dépoussiéreur. Les quatre fours, aménagés au sein d’un massif en béton et couverts d’une vaste hotte en métal, sont installés en partie centrale, dans un avant-corps sur l’élévation occidentale, couvert d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques et prolongé par des transformateurs électriques.

Des extensions successives complètent ces constructions originelles. Un magasin industriel en rez-de-chaussée (R5) est accolé par le nord aux quatre grands vaisseaux orientés est-ouest. Il en reprend le volume, le plan et la mise en œuvre sur son élévation antérieure (pan de fer et remplissage en briques apparentes, bandeau vitré à châssis métallique en partie haute). Couvert d’un toit à longs pans partiellement vitrés avec tôles ondulées en couverture et soutenu par une charpente métallique avec grandes fermes cintrées, il présente une élévation nord en pan de fer et remplissage en maçonnerie enduite en partie basse, grande baie filante en partie centrale et isolation selon le procédé Durisol en partie supérieure. Ce mode constructif est identique pour l’extension qui prolonge le hall de fusion au nord (R6) et l’entrepôt industriel (R7) qui lui est accolé à l’ouest. Un pont roulant de 10 t. équipe le magasin industriel qui est flanqué, dans son angle nord-est, d’une chaufferie (R10) en rez-de-chaussée surmontée de deux cheminées métalliques.

A l’ouest du site, deux corps de bâtiments, non présents au moment de la construction de la fonderie, encadrent l’avant-corps ouest du hall de fusion (R2). Au sud, un entrepôt industriel (R3) en rez-de-chaussée sous un toit en appentis avec bitume en couverture, borde la rue d’Angreth avec une élévation en pan de fer et remplissage en briques apparentes. Au nord, se dresse un bâtiment annexe (R4) de haute stature, en béton armé et remplissage en briques apparentes. Son élévation antérieure est animée par la grille structurelle saillante faite de poteaux et de poutres et ajourée de larges baies rectangulaires avec appuis saillants en briques. Il est couvert d’un toit à longs pans avec tôles nervurées.

La fonderie est bordée à l’est, le long de la rue du 17-Novembre, par le bâtiment des vestiaires et du hangar à sable (R8), de plan rectangulaire, en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. Édifié en maçonnerie de briques apparentes sur un soubassement en béton, il présente une élévation aveugle sur rue. Son élévation sur cour, en maçonnerie enduite, est percée de baies rectangulaires avec appuis saillants en ciment. Cette construction est prolongée au sud-ouest par un bâtiment d’angle (R9) qui abrite des transformateurs électriques. Couvert d’un toit en terrasse, il en reprend la mise en œuvre.

Murs brique pan de fer
béton
maçonnerie enduit
Toit tuile mécanique, tôle nervurée, tôle ondulée, bitume
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 4 vaisseaux, en rez-de-chaussée
Couvertures terrasse toit à longs pans lanterneau
appentis
Énergies énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété d'une société privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au Service de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel de la Région Grand Est.


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