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Maison d'industriel dite Villa Les Pervenches

Dossier IA68009528 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation.

La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de la villa, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

Historique

Implantation originelle

La villa Les Pervenches est édifiée à la porte d’entrée est de la ville de Guebwiller, sur un pré de fauche et de pâture situé au cœur du pré communal dit Grün, très vaste zone de pâturage qui s’étend de part et d’autre du cours de la rivière Lauch, jusqu’au ban d’Issenheim. Encore totalement vierge au début des années 1840, cette étendue est gagnée par le développement industriel de la ville. En 1844, Xavier Meyer-Buhner, marchand de fer, se rend acquéreur d’un terrain au nord de la route qui mène de Guebwiller à Issenheim et y fonde un atelier de construction mécanique alimenté par un canal usinier percé parallèlement au cours de la Lauch. En 1857, les établissements Ziegler, Frey et Cie établissent, en aval de cet atelier, une filature de laine (étudiée, IA68009509) qui est liquidée en 1860 et transformée en filature et tissage de coton et de laine sous la raison sociale F. & Th. Frey. A cette occasion, de nouveaux ateliers sont édifiés.

De l’autre côté de la route qui mène de Guebwiller à Issenheim, les terrains sont aménagés en 1860-1861. La parcelle qui forme l’extrémité sud-ouest du pré communal dit Grün est acquise par la Société des cités ouvrières de Guebwiller qui y entreprend la construction de quatre immeubles de logements ouvriers constituant la cité Grün (étudié, IA68009519). Le terrain qui se situe dans le prolongement oriental de cette cité est acquis par les industriels Ferdinand et Théodore Frey qui y édifient deux villas agrémentées d’un parc. Une troisième villa sera édifiée par la suite entre les deux premières, dont une seule, la villa Les Pervenches, existe toujours.

Développement du site

La villa Les Pervenches est édifiée en 1861 par Théodore Frey qui exploite, avec son frère Ferdinand, une usine textile (étudiée, IA68009509) de l’autre côté de la route d’Issenheim. Elle est pourvue d’un parc paysager avec pelouses, allées au tracé courbe et pièce d’eau. La villa reste la propriété de la famille Frey jusqu’en 1990, date de son rachat par la ville de Guebwiller. Mademoiselle Valentine Frey, sa dernière propriétaire, y termine néanmoins ses jours en 1995. Par la suite, la villa est revendue pour être divisée en appartements et son parc est loti.

Genre d'industriel
Appellations Villa Les Pervenches
Destinations immeuble à logements
Parties constituantes non étudiées conciergerie, dépendance, parc, fabrique de jardin
Dénominations maison
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 3 route d' Issenheim
Cadastre : 2018 23 223 à 229, 251, 258

La villa Les Pervenches est édifiée en 1861 par Théodore Frey qui exploite, avec son frère Ferdinand, une usine textile (étudiée, IA68009509) de l’autre côté de la route d’Issenheim. Elle reste la propriété de la famille Frey jusqu’en 1990, date de son rachat par la ville de Guebwiller. La villa est revendue quelques années plus tard pour être divisée en appartements et son parc est loti.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1861, daté par source
Auteur(s) Auteur : Frey Théodore,
Théodore Frey

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin) durant la seconde partie du 19e siècle.


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auteur commanditaire, attribution par source

Le domaine de la villa Les Pervenches se compose de la maison d’industriel implantée en cœur de parcelle, d’une conciergerie, d’une maison de service et d’un bâtiment de dépendances (écuries, remise à véhicules) reconverti en habitation. Il ne reste presque rien du parc qui a été loti, si ce n’est quelques beaux sujets (cèdres, tilleul) et une gloriette d’inspiration rustique en rondins de bois sous un toit polygonal couvert de ciment amiante et sommé d’un épi de faîtage. L’ensemble est ceint d’un mur de clôture en moellons de grès chaperonné de dalles de grès avec portail d’entrée en fer forgé.

La villa est de plan rectangulaire et comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et croupes brisés couvert d’ardoises pour le brisis et de tuiles plates rectangulaires pour le terrasson. Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès rose, elle présente une élévation antérieure animée d’un avant-corps médian en légère saillie et flanquée d’un porche hors-œuvre supporté par quatre colonnes toscanes. L’élévation postérieure est marquée par un avant-corps à pans coupés en forte saillie encadré par deux terrasses reposant sur des colonnes toscanes. La villa est cantonnée de chaînes d’angle harpées en grès. Les baies en arc segmentaire et appuis saillants sont encadrées de grès rose. Au rez-de-chaussée de la demeure et à l’étage des avant-corps, les clés sont saillantes. A l’intérieur, le vestibule d’entrée a conservé ses dispositions d’origine et notamment son escalier en grès tournant à gauche, à deux volées droites et repos avec rampe en fer forgé à décor de volutes.

La conciergerie en rez-de-chaussée avec comble à surcroît est de plan rectangulaire. Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès assisés, elle est couverte d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Les encadrements rectangulaires des baies et le bandeau d’étage sont en grès.

La maison de service, située à l’est de la conciergerie, est de plan rectangulaire. Bâtie en pan-de-bois et remplissage en maçonnerie enduite, elle comporte un rez-de-chaussée et un comble à surcroît en encorbellement sous un toit à longs pans avec grandes croupes couvert en ardoises. L’élévation antérieure est animée d’une grande lucarne et flanquée d’un escalier et d’une galerie d’accès au comble reposant sur des poteaux sculptés.

Les dépendances, implantées au sud-ouest de la parcelle et ayant autrefois abrité les écuries et la remise à véhicules, sont fortement remaniées avec notamment comblement de baies. Adoptant un plan en U, elles comportent un rez-de-chaussée en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Le niveau de comble est en pan-de-bois avec remplissage en briques apparentes et décor géométrique pour les pignons au nord, essentage de planches pour le reste. Le bâtiment est cantonné de chaînes d’angle harpées en grès.

Murs grès maçonnerie enduit
brique pan de bois essentage de planches
Toit ardoise, tuile plate, tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans croupe brisée
croupe
Techniques sculpture
Représentations ornement architectural, colonne
Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur à l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel-Région Grand Est (site de Strasbourg).


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