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Maison d’industriel dite Villa Jacques Schlumberger, actuellement école primaire dite École Jean Schlumberger

Dossier IA68009526 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation.

La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de la villa et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

HISTORIQUE

Implantation originelle

La villa Jacques Schlumberger est bâtie sur le versant septentrional de l’Heidelberg qui domine la ville de Guebwiller au sud. Cet espace n’est urbanisé que dans le dernier quart du 19e siècle. La villa est érigée au sein de l’une des nombreuses parcelles de vignes qui couvrent alors les parties inférieures de ce versant.

Au moment de l’édification de la villa, dans le courant des années 1880, les constructions alentour sont encore peu nombreuses. Au nord-ouest, on trouve le Realgymnasium de la ville de Guebwiller, édifié en 1880-1881, environné de quelques maisons d’industriels dont la villa Les Tilleuls (disparue) occupée par Adolphe Schlumberger et la villa La Roseraie construite pour le compte d’Alexandre Bourcart. En amont de la propriété, au-delà du parc, le versant est couvert de forêts.

Le terrain sur lequel est bâtie la villa Jacques Schlumberger est desservi par des chemins d’exploitation et notamment par le chemin et le sentier des Francs, l’ensemble étant raccordé au chemin de Thierenbach qui relie le célèbre lieu de pèlerinage à la ville de Guebwiller.

Développement du site

En 1892, les architectes mulhousiens Louis-Théodore Seltzer (1860-1913) et Charles Schulé (1865-1935) dressent les plans d'une villa pour l’industriel Ernest Frey. Implantée en cœur de parcelle, la demeure est environnée d’un vaste espace paysager composé d’un parterre de fleurs en aval et d’un parc arboré à l’anglaise prolongé d’un potager en amont. Une petite loge de concierge commande l’entrée sur la rue des Francs et une dépendance associant buanderie et bûcher est implantée dans le parc, au nord-ouest de la maison.

Le domaine passe ensuite aux mains du fabricant Jacques Schlumberger (1864-1942). En 1898, il fait appel aux architectes Louis-Théodore Seltzer et Charles Schulé pour concevoir les importantes dépendances qui se situent de l’autre côté de la rue des Francs. En 1909, ces derniers livrent également les plans d'une nouvelle conciergerie. En 1912, Jacques Schlumberger recourt à l’architecte Albert Doll (1879-1957), établi à Paris, pour la construction d’une nouvelle demeure, plus vaste, qui remploie une partie des fondations de la villa initiale. Il fait également établir par l'architecte-paysagiste zurichois, Mertens, un jardin arboré autour de sa demeure.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la villa est réquisitionnée par le NSDAP qui y installe une école. Après guerre, la demeure est occupée par Roger Schlumberger et son épouse Mary. Ces derniers la cèdent à la Ville de Guebwiller qui la transforme en école, sous la conduite de l’architecte guebwillérois Jean Finiels (1927-2002). Cette réaffectation, menée en 1956, donne lieu à l’aménagement d’une cour pour les grands enfants à l’avant de la villa et d’une cour pour les petits à l’arrière nécessitant d’importants travaux de nivellement. Un préau à deux pans rentrants est également réalisé au droit de l’élévation postérieure et l’entrée principale du bâtiment est modifiée avec la réalisation d’un vestibule maçonné.

Dans le même temps, les anciennes dépendances, situées de l’autre côté de la rue de Francs, sont transformées. Le jardin d’hiver, sommé d'un pigeonnier, est reconverti en local commercial et accueille une supérette aujourd’hui disparue. Au moment de l'enquête, la villa abrite toujours une école dite « École primaire Jean Schlumberger ».

DESCRIPTION

De plan rectangulaire irrégulier, la villa se compose de trois corps de bâtiment accolés : un premier corps adoptant un plan en L, orienté est-ouest et couvert d’un toit à longs pans brisés, puis deux corps rectangulaires coiffés d’une toiture à longs pans, le premier orienté nord-sud et le second en retour d’équerre, au nord. Les toitures sont couvertes de tuiles en écaille de couleur noire, à l’exception des terrassons traités en zinc. Le corps en L est flanqué au nord d’une extension en rez-de-chaussée surmontée d’une terrasse et prolongé à l’ouest d’une logette semi-circulaire en grès jaune, ajourée de grandes baies rectangulaires et surmontée d’un balcon avec garde-corps en fer forgé.

Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès rose à joints apparents, la villa comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît. Les élévations ordonnancées sont ornées d’un bandeau d’imposte et d’un bandeau de niveau en brique et percées de baies rectangulaires avec encadrements en pierre calcaire et arc de décharge en brique au rez-de-chaussée. L'édifice est cantonné de chaînes d’angle où alternent briques et blocs de grès jaune. L’élévation antérieure est flanquée d’une terrasse à garde-corps en fer forgé au décor géométrique. Le porche d’entrée a été remanié, vraisemblablement au moment de la réaffectation du bâtiment en école. Sur l’élévation postérieure, une imposante cheminée en brique est décorée d’un S stylisé en fer forgé, en référence au commanditaire de la villa, Jacques Schlumberger. Le laboratoire de chimie de ce dernier est conservé au sous-sol. Au rez-de-chaussée, l’ancienne salle de billard, prolongée à l’ouest par la logette, est intégralement habillée de panneaux de bois en poirier rehaussés d’une frise à décor végétal. Une imposante cheminée en marbre blanc avec frise de guirlandes fleuries et colonnes cannelées complète le décor d’origine.

La conciergerie, implantée sur rue au sud-est de la parcelle, est de plan rectangulaire. Bâtie en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès rose à joints apparents, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage en surcroît sous un toit à longs pans couvert de tuiles en écaille de couleur noire. Le versant nord de la toiture est animé d’une grande lucarne à demi-croupe. Les baies rectangulaires sont encadrées de grès et le pignon occidental est décoré d’un bandeau d’appui en brique.

Les dépendances élevées de l’autre côté de la rue des Francs se composent de deux bâtiments. Le plus imposant, à l’ouest, abritait l’écurie et son fenil, la remise à véhicules et un logement de fonction. De plan rectangulaire, il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès bouchardé. Le fenil, au-dessus de l’écurie, est exécuté en pan-de-bois et remplissage en maçonnerie enduite. Le bâtiment comporte un rez-de-chaussée et un étage en surcroît sous un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles en écaille de couleur noire. Les élévations sont décorées de chaînes d’angle régulières, d’un bandeau de niveau avec frise décorative et d’un bandeau d’imposte en brique. Les baies sont encadrées de grès avec linteau en arc segmentaire en brique au rez-de-chaussée et linteau droit à l’étage. Le second bâtiment, à l’est, abritait un jardin d’hiver en rez-de-chaussée sommé d’un pigeonnier de plan octogonal avec épi de faîtage en boule et couverture en ardoise. De plan irrégulier, il est bâti en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès bouchardé et couvert d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles en écaille. Ses élévations sont décorées de chaînes d’angle partielles en brique. Les baies sur l’élévation occidentale, partiellement murées, sont en arc segmentaire en brique et impostes en grès.

Genre d'industriel
Appellations Villa Jacques Schlumberger, École Jean Schlumberger
Destinations école
Parties constituantes non étudiées conciergerie, écurie, fenil, remise, logement, jardin d'hiver, pigeonnier
Dénominations maison
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 2 rue des Francs
Cadastre : 2018 07 18, 19

En 1892, les architectes mulhousiens Louis-Théodore Seltzer (1860-1913) et Charles Schulé (1865-1935) dressent les plans d'une villa pour l’industriel Ernest Frey. Le domaine passe ensuite aux mains du fabricant Jacques Schlumberger (1864-1942) qui fait ériger, en 1898, les importantes dépendances qui se situent de l’autre côté de la rue des Francs selon les plans des architectes Louis-Théodore Seltzer et Charles Schulé. En 1909, une nouvelle conciergerie voit le jour. Puis, en 1912, Jacques Schlumberger fait appel à l’architecte Albert Doll (1879-1957) pour la construction d’une nouvelle demeure sur place.

Après la Seconde Guerre mondiale, la villa est occupée par Roger Schlumberger qui la cède à la Ville de Guebwiller. Une école y est aménagée, sous la conduite de l’architecte guebwillérois Jean Finiels (1927-2002). Elle prend le nom d'École primaire Jean Schlumberger.

Période(s) Principale : limite 19e siècle 20e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1892, daté par source
1898, daté par source
1909, daté par source
1912, daté par source
Auteur(s) Auteur : Seltzer (architecte)
Auteur : Frey Ernest,
Ernest Frey

Industriel établi à Guebwiller (Haut-Rhin).


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Auteur : Doll Albert
Auteur : Schlumberger Jacques,
Jacques Schlumberger (1864 - 1942)

Industriel établi à Guebwiller (Haut-Rhin), né en 1864 et mort en 1942.


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Auteur : Finiels Jean,
Jean Finiels (1927 - 2002)

Architecte établi à Guebwiller (Haut-Rhin) et actif dans la seconde moitié du 20e siècle.


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architecte, attribution par source
Auteur : Schulé Charles (architecte)
Auteur : Mertens,
Mertens

Architecte -paysagiste établi à Zurich en Suisse et actif à la charnière des 19e et 20e siècles.


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architecte paysagiste, attribution par source

Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès, la villa comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous des toitures à longs pans et longs pans brisés couvertes de tuiles en écaille et de zinc.

La conciergerie est de plan rectangulaire. Bâtie en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage en surcroît sous un toit à longs pans couvert de tuiles en écaille.

Les dépendances élevées de l’autre côté de la rue des Francs se composent de deux bâtiments. Le premier, de plan rectangulaire, est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès. Son étage en surcroît est exécuté en pan-de-bois et remplissage en maçonnerie enduite. Il est coiffé d'un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles en écaille. Le second bâtiment, en rez-de-chaussée, est sommé d’un pigeonnier de plan octogonal avec épi de faîtage en boule et couverture en ardoise. De plan irrégulier, il est bâti en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès et couvert d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles en écaille.

Murs grès maçonnerie enduit
pan de bois
Toit tuile en écaille, zinc en couverture, ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît, étage en surcroît
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
toit à longs pans brisés
croupe
Statut de la propriété propriété de la commune
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur au service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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