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Maison d’industriel dite Villa Koch, puis dispensaire dit Villa Béthanie, puis école

Dossier IA68009522 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La présentation de l'historique de la villa donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

Genre d'industriel
Appellations Villa Koch, Villa Béthanie
Destinations dispensaire, école
Parties constituantes non étudiées jardin, conciergerie, écurie, remise
Dénominations maison
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Lieu-dit : Adresse : 5 route de Soultz
Cadastre : 2018 11 328

Implantation originelle

La villa Koch est construite sur des parcelles de terres cultivées au lieu-dit Gantz Weid situé en bordure méridionale de la route de communication de Guebwiller à Soultz, en aval de la ville de Guebwiller. Elle est édifiée à distance de toute habitation à l’exception d’une tuilerie implantée à l’ouest et figurant déjà sur le cadastre napoléonien levé en 1825. A bonne distance, en direction du nord-ouest, se dresse le château du Hungerstein.

Le terrain sur lequel Jules Schlumberger jette son dévolu est délimité au nord par la route de communication de Guebwiller à Soultz et sur ses trois autres côtés par des chemins d’exploitation agricole : Gantzweidgass à l’ouest, Waltersbachweg à l’est et Dürrenbachgass au sud.

Développement du site

La villa Koch est attestée en 1873. Son commanditaire, Jules Schlumberger, est l’un des membres de la grande dynastie d’industriels du textile établie à Guebwiller. Durant l’entre-deux-guerres, le domaine passe aux mains de Roger Koch et de son épouse, Anne Schlumberger. En 1945, les troupes du Maréchal de Lattre-de-Tassigny y installent leur quartier général.

Le domaine est acquis, au début des années 1970, par la Congrégation du Très-Saint-Sauveur qui y installe un dispensaire. Pour ce faire, elle procède à l’extension de la villa au sud pour l’aménagement d’un monte-charge, de salles de bains et de WC. Ces travaux d’extension sont menés entre janvier 1975 et octobre 1976 selon les plans de l’architecte strasbourgeois Henry Walker. Au cours des années 1990, les sœurs quittent la villa qui sera louée, durant trois années à une école privée dite École Daniel. Au début des années 2000, le domaine est cédé à un promoteur qui le démembre : la villa est divisée en appartements, la conciergerie et les dépendances sont transformées en clinique vétérinaire, un immeuble collectif est édifié à l’est de la villa et le parc est amputé de sa partie sud, où se trouvait une orangerie, pour permettre l’extension d’une grande surface.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Auteur(s) Auteur : Schlumberger Jules Albert
Auteur : Walker Henry

Le domaine de la villa Koch se compose d’un parc d’une superficie originelle de 8,5 ha aujourd’hui démembré et partiellement loti, de la maison d’industriel établie en cœur de parcelle et des dépendances qui commandent l’entrée du parc et reconverties en clinique vétérinaire.

Le parc présente encore quelques sujets intéressants, d’essence exotique : un ginkgo biloba et un cèdre notamment. Il est commandé par un portail en fer forgé à deux battants avec piliers moulurés en grès et délimité par un mur d’enceinte en moellons de grès à bossage rustique surmonté d’une grille en fer forgé.

La villa Koch, dans son parti d’origine, est de plan carré comptant trois travées d’ouvertures sur chacune de ses élévations. Elle est flanquée, au sud, d’une extension réalisée dans la seconde moitié du 20e siècle. Reposant sur un haut soubassement en appareil de grès rose, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré, un étage en surcroît surmonté d’un niveau de comble sous un toit en pavillon brisé couvert d’ardoises et de zinc. La villa est cantonnée de chaînes d’angle harpées régulières en grès peint. Son rez-de-chaussée alterne assises de briques et blocs de grès peints, l’étage en briques est orné de tables moulurées verticales. Tous les encadrements des baies disposent de jambages harpés à refend. Son élévation antérieure est marquée par une travée axiale en léger retrait percée d’une porte d’entrée monumentale à laquelle on accède par un escalier en grès à 13 marches protégé par un auvent aujourd’hui disparu. L’élévation postérieure est animée d’un avant-corps axial à pans coupés bordé d’une terrasse aux lignes courbes avec escalier d’accès au parc en granite. La partie nord de la terrasse est aménagée en véranda à châssis métallique. L’étage est souligné par un balcon, agrandi lors de l’aménagement de la villa en appartements, qui repose à la fois sur des consoles en pierre richement sculptées d’un décor végétal et sur des colonnettes cannelées en fonte.

La villa, de style Louis XIII, se caractérise par un répertoire décoratif particulièrement riche. Le décor sculpté se concentre principalement sur les linteaux des fenêtres et sur l’avant-corps de l'élévation postérieure. Les fenêtres du rez-de-chaussée présentent de fausses clés au décor varié (guirlandes de feuilles, têtes de lions) et sont surmontées de frontons alternativement triangulaires et cintrés. A l’étage, les fenêtres des élévations nord et est présentent le décor le plus riche composé de têtes de femmes encadrées de guirlandes végétales. Celle de la travée axiale de l’élévation principale présente le même traitement. Sur les autres élévations, les linteaux sont décorés plus simplement d’écus à cuir et guirlandes végétales et sont surmontés d’une plaque de marbre veiné. Sur l’avant-corps, c’est essentiellement le pan axial qui porte le décor. La porte-fenêtre du rez-de-chaussée est surmontée d’un fronton brisé à la fausse clé sculptée d’une tête d’homme barbu. Le champ du fronton est occupé par un écu à cuir portant le monogramme IS, pour Iulius (Jules) Schlumberger, le commanditaire de la villa. A l’étage, la porte-fenêtre donnant sur le balcon est coiffée d’un fronton triangulaire orné d’une allégorie féminine de l’abondance et de l’industrie. Quatre fenêtres de l’étage présentent également un balcon en légère saillie fermé par un garde-corps en fonte de fer et fer forgé. Les élévations de la villa sont protégées par une corniche très saillante reposant sur des modillons.

Les dépendances, établies au nord-ouest du domaine, ont été profondément transformées au moment de leur réaffectation en clinique vétérinaire. Elles comportaient initialement la conciergerie, les écuries et une remise à véhicules qui ont été réunies en une construction unique par la réalisation d’une extension sur l’élévation orientale. Les trois constructions initiales présentent une mise en œuvre identique : élévation en brique apparente sur un soubassement en appareil de grès, baies en arc segmentaire encadrées de grès avec clés et appuis saillants. La conciergerie a été rehaussée d’un étage couvert d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Les écuries et la remise sont coiffées d’un toit à longs pans en tôle nervurée.

Murs grès maçonnerie
brique
Toit ardoise, zinc en couverture, tuile mécanique, tôle nervurée
Plans plan carré régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît
Couvertures toit brisé en pavillon
toit à longs pans croupe
Jardins arbre isolé
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations ornement animal, lion ornement architectural, colonne, fronton ornement en forme d'objet, écu ornement figuré, tête de femme, tête d'homme ornement végétal, fleur
Précision représentations

Les fenêtres du rez-de-chaussée présentent de fausses clés au décor varié (guirlandes de feuilles, têtes de lions). A l’étage, les fenêtres des élévations nord et est présentent un décor composé de têtes de femmes encadrées de guirlandes végétales. Sur les autres élévations, les linteaux sont décorés d’écus à cuir et guirlandes végétales. Sur l’avant-corps, la porte-fenêtre du rez-de-chaussée est surmontée d’un fronton brisé à la fausse clé sculptée d’une tête d’homme barbu. Le champ du fronton est occupé par un écu à cuir portant le monogramme IS, pour Iulius (Jules) Schlumberger, le commanditaire de la villa. A l’étage, la porte-fenêtre donnant sur le balcon est coiffée d’un fronton triangulaire orné d’une allégorie féminine de l’abondance et de l’industrie.

Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme