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Maison d’industriel dite Villa Les Glycines

Dossier IA68009527 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de la villa et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault.

En outre, le parc qui compose ce domaine d'industriel a fait l'objet d'une étude menée en 2008 par Colette Beaudéan dans le cadre d'une enquête thématique portant sur les jardins d'Alsace. Celui-ci fait l'objet d'un sous-dossier (IA68001420).

HISTORIQUE

Implantation originelle

La villa Les Glycines est édifiée sur des parcelles de terres cultivées au lieu-dit Ungerstein, situé en bordure septentrionale de la route de communication de Guebwiller à Soultz, en aval de la ville de Guebwiller. Elle est bordée au nord par deux domaines avec villa et parc paysager appartenant à la famille de Bary : la villa La Prairie (étudiée, IA0055099) et l’ancien château du Hungerstein (étudié, IA6800054943) qui est démoli pour laisser place, dans le dernier quart du 19e siècle, à une nouvelle demeure patronale. Au sud, de l’autre côté de la route de Soultz, se dresse la villa Béthanie (étudiée, IA68009522), édifiée vers 1873 par Jules Schlumberger.

Le terrain d’implantation est délimité au sud par la route de communication de Guebwiller à Soultz, à l’est par l’allée privative qui mène à la Villa La Prairie et au nord par un chemin appelé Ungerstein weg, aujourd’hui rue des Larrons.

Développement du site

En 1886, Édouard de Bary fait édifier la villa Les Glycines sur un terrain jouxtant l’allée de marronniers qui donne accès, depuis la route de Soultz, à la villa La Prairie occupée par son père, Albert de Bary, jusqu’au décès de ce dernier en 1894, puis par son frère aîné, Émile. La famille de Bary exploite une rubanerie de soie à Guebwiller (étudiée, IA68009512) dont certains bâtiments sont conservés et accueillent aujourd’hui des salles de classe du lycée Théodore Deck. Au début des années 1890, la villa fait l’objet d’une première extension avec l’édification d’un corps de bâtiment en rez-de-chaussée, surmonté d’une terrasse, qui vient flanquer son angle sud-est. Une véranda y est aménagée et habillée de carreaux de céramique réalisés par Théodore Deck (1823-1891) sur un dessin du peintre A. Lamère représentant des paysages lacustres bordés de montagnes. En 1893, la buanderie (disparue) est rehaussée d'un étage selon les plans de l'architecte guebwillérois Virgile Sautier (1845-1918). En 1897, l’édifice est à nouveau agrandi par la construction d’une tour de plan carré sur la façade méridionale du bâtiment. Les plans de cette extension sont livrés par les architectes mulhousiens Louis-Théodore Seltzer (1860-1913) et Charles Schulé (1865-1935), les travaux sont vraisemblablement menés par l’entrepreneur Virgile Sautier.

La villa est alors environnée d’un parc à l’anglaise où se dressent différentes constructions aujourd’hui disparues : une loge de portier qui commande l’entrée du parc au sud-ouest, une remise, des dépendances et une serre pour l’hivernage des fleurs au nord-ouest. En 1903, les architectes Virgile et Adolphe (1870-1944) Sautier livrent les plans d’une balustrade en grès qui vient agrémenter le parc, devant la villa, ménageant ainsi une terrasse.

La villa reste la propriété de la famille de Bary jusqu’à son rachat, en 1987, par la MACIF qui y mène des travaux de restauration de grande ampleur sous la direction de l’architecte colmarien Frantz-Arnold Heintz et y installe sa direction régionale. A cette occasion, les panneaux décoratifs exécutés par Théodore Deck pour orner la véranda sont déposés et transférés au musée Théodore Deck de Guebwiller. Le chantier de réhabilitation est achevé en 1991. La MACIF quitte ses locaux de Guebwiller à la fin de l’année 2014 et met en vente la villa Les Glycines. Elle est acquise en 2017 par un entrepreneur local, Denis Kuentz, qui projette de la transformer en site dédié à l'attractivité économique du territoire.

DESCRIPTION

La villa Les Glycines est inscrite au cœur d’un parc, d’une superficie approximative de 70 ares. Elle est de plan rectangulaire irrégulier. Son angle sud-est est flanqué d’un corps de bâtiment correspondant à une première extension au début des années 1890 et son élévation sud d’une tour à trois niveaux rajoutée en 1897. Édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès rose à joints apparents, elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et croupes couvert de tuiles en écaille. Des tuiles vernissées de couleur rouge dessinant un décor de fleurs stylisées ont été ajoutées au moment de la réhabilitation du bâtiment au début des années 1990. La tour, coiffée d’un toit en pavillon ajouré de verrières modernes, compte un étage supplémentaire. L’élévation antérieure est flanquée d’un oriel triangulaire en pan-de-bois et percée de la porte d’entrée en arc segmentaire avec encadrement mouluré en grès. La clé est décorée d’un écu qui porte les armes de la famille de Bary (trois bars), l’emblème de la ville de Guebwiller (bonnet albanais) et l’inscription MACIF en lettres entrelacées. La porte d’entrée à deux battants est ornée d’une grille en fer forgé. Au-dessus de la porte d’entrée, le bandeau de niveau est gravé de deux millésimes : 1886 en référence à la date de construction de la villa et 1991 en référence à celle de sa réhabilitation pour le compte de la MACIF.

L’élévation postérieure est animée par deux avant-corps qui encadrent une terrasse. Une véranda en verre a été ajoutée au rez-de-chaussée lors de la réhabilitation au début des années 1990. Le corps de bâtiment en rez-de-chaussée surmonté d’une terrasse et correspondant à la première extension de la villa est également flanqué, sur son élévation méridionale, d’une verrière moderne. Celle-ci marque l’emplacement de la véranda autrefois décorée de carreaux en céramique. La tour de plan rectangulaire présente une logette à pans coupés en grès surmontée d’une terrasse. Elle concentre aussi l’essentiel du décor hormis deux bandeaux de niveau en grès qui ornent l’ensemble des façades. La tour est ainsi cantonnée de chaînes d’angle régulières à refend au rez-de-chaussée. La corniche et l’allège des baies du second étage sont décorées de carreaux de céramique. Sur l’ensemble du bâtiment, les baies rectangulaires sont encadrées de grès et les terrasses sont équipées de garde-corps en bois ornés de quadrilobes.

En dépit de sa réaffectation en bureaux, la villa a conservé au rez-de-chaussée une grande part de ses décors d’origine. Partout les menuiseries intérieures à panneaux moulurés ont été maintenues. Le vestibule d’entrée est revêtu d’un carrelage de sol en céramique à décor géométrique. Les dessus-de-porte sont peints de scènes pittoresques et un escalier en chêne à balustres moulurés donne accès à l’étage. A droite, le rez-de-chaussée est occupé par un grand salon couvert d’un plafond à caissons décoré aux armes des de Bary et prolongé au sud par la logette qui flanque l’élévation méridionale de la tour. Le parquet à chevrons est décoré d’une rosace en marqueterie au droit de la logette. Le milieu de la pièce est occupé par un portique en bois reposant sur des colonnes jumelées à chapiteaux sculptés de feuilles et de volutes. Cette pièce est équipée d’une cheminée avec manteau en bois sculpté dont les piédroits sont formés d’une colonne surmontée d’un lion en position assise. La plaque de cheminée en fonte porte les armes de la famille de Bary. L’ancienne véranda, à l’est du grand salon, autrefois décorée des carreaux exécutés par Théodore Deck, accueille une composition en céramique contemporaine signée par Th. Dietrich. La pièce qui occupe l’angle sud-est de la villa est équipée de vitraux d’inspiration orientalisante. Son parquet en chêne est marqueté. Le petit salon, face à la porte d’entrée de la villa, à plafond stuqué, parquet en chêne et lambris mouluré, conserve une cheminée en marbre blanc au décor végétal.

Genre d'industriel
Appellations Villa Les Glycines
Parties constituantes non étudiées cour
Dénominations maison
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Lieu-dit : Adresse : 12 rue de Soultz
Cadastre : 2019 11 56, 57, 61 à 64, 118, 122, 309

La villa Les Glycines est édifiée en 1886 par Édouard de Bary, industriel de la soie à Guebwiller. Au début des années 1890, elle fait l’objet d’une première extension. Une véranda y est aménagée et habillée de carreaux de céramique réalisés par Théodore Deck (1823-1891). En 1893, la buanderie (disparue) est rehaussée d'un étage selon les plans de l'architecte guebwillérois Virgile Sautier (1845-1944). En 1897, la villa est à nouveau agrandie sous la direction des architectes mulhousiens Louis-Théodore Seltzer (1860-1913) et Charles Schulé (1865-1935).

La villa reste la propriété de la famille de Bary jusqu’à son rachat, en 1987, par la MACIF qui y mène des travaux de restauration de grande ampleur sous la direction de l’architecte colmarien Frantz-Arnold Heintz et y installe sa direction régionale jusqu'en 2014.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , porte la date, daté par source
Secondaire : 4e quart 20e siècle , porte la date, daté par source
Dates 1886, porte la date, daté par source
1897, daté par source
1991, porte la date, daté par source
Auteur(s) Auteur : de Bary Édouard, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Deck Théodore
Auteur : Seltzer Louis-Théodore,
Louis-Théodore Seltzer (1860 - 1913)
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architecte, attribution par source
Auteur : Schulé Charles, architecte, attribution par source
Auteur : Heintz Frantz-Arnold, architecte, attribution par source
Auteur : Sautier Virgile,
Virgile Sautier (1845 - 1918)

Architecte et entrepreneur établi à Guebwiller (Haut-Rhin).


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entrepreneur, attribution par source

La villa Les Glycines est édifiée en maçonnerie enduite sur un soubassement en moellons de grès rose à joints apparents. Elle comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et croupes couvert de tuiles en écaille. La tour, coiffée d’un toit en pavillon ajouré de verrières modernes, compte un étage supplémentaire. Sur l'élévation antérieure, la porte d’entrée est décorée à la clé d’un écu qui porte les armes de la famille de Bary, l’emblème de la ville de Guebwiller (bonnet albanais) et l’inscription MACIF en lettres entrelacées. Au-dessus de la porte d’entrée, le bandeau de niveau est gravé de deux millésimes : 1886 et 1991.

La tour de plan rectangulaire qui flanque l'élévation ouest de la demeure concentre aussi l’essentiel du décor : chaînes d’angle régulières à refend et carreaux de céramique. A l'intérieur, la villa a conservé, en dépit de sa réaffectation en bureaux, une grande part de ses décors d’origine.

Murs grès maçonnerie enduit
Toit tuile en écaille, verre en couverture
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans croupe
toit en pavillon
Techniques céramique
sculpture
Représentations armoiries ornement a chiffre, chronogramme
Précision représentations

Sur l'élévation antérieure de la villa, la porte d’entrée est décorée à la clé d’un écu qui porte les armes de la famille de Bary, l’emblème de la ville de Guebwiller (bonnet albanais) et l’inscription MACIF en lettres entrelacées. Au-dessus de la porte d’entrée, le bandeau de niveau est gravé de deux millésimes : 1886 et 1991.

Au rez-de-chaussée, le grand salon est couvert d'un plafond à caissons avec consoles ornées des armes des de Bary.

Statut de la propriété propriété d'une société privée

Références documentaires

Bibliographie
  • MACIF. Les Glycines. La Villa De Bary. Mulhouse, s.d.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme