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Malterie Lix, puis A. & R. Lix

Dossier IA67080372 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée par Frank Schwarz et Jérôme Raimbault en juillet 2012 en raison d'un projet de lotissement de maisons individuelles prévoyant la démolition de la presque totalité des bâtiments productifs de l'ancienne malterie Lix. La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi.

Elle a donné lieu à la rédaction d'une synthèse qui précise l'historique de l'usine et sa description.

Historique

En 1887, Daniel Lix se porte acquéreur de l’ancien moulin de l’abbaye bénédictine d’Ebersmunster, présent le long du canal de dérivation de l’Ill appelé Muhlbach depuis des siècles et reconstruit en 1778 (B). Il semble qu’à cette date, des bâtiments productifs soient présents de part et d’autre du canal du moulin, sur lequel est établi un bâtiment d’eau (E). Daniel Lix procède à de premiers travaux d’extension des bâtiments de fabrication en vue d’y établir une malterie. En 1905, Jules Lix succède à son père à la tête de la malterie. Il accroît la capacité de traitement du site, la faisant passer de 30 à 120 quintaux d’orge par jour. Pour ce faire, il procède à de nouvelles extensions. La malterie se compose alors de deux tourailles, l’une sur la rive occidentale du canal (D), la seconde dans le prolongement nord du moulin de 1778 et aujourd’hui intégrée au bâtiment des silos (H), d’un atelier de fabrication (C) qui enjambe le canal et flanque le bâtiment d’eau (E) au sud et d’un bâtiment de germination avec toit en terrasse (F), dans le prolongement nord de la première touraille.

En 1937 est constituée la société en nom collectif A. & R. Lix, par Alfred et Robert Lix, petits-fils du fondateur. Ce sont vraisemblablement ces derniers qui font bâtir, au sud de l’usine, un bâtiment de bureaux avec logement à l’étage (A). Des bureaux sont également aménagés dans les deux travées structurelles antérieures du bâtiment daté de 1778 (B). Vers 1945, un bâtiment de haute stature (H), abritant des silos, est édifié dans le prolongement nord de la touraille située sur la rive orientale du canal. Par la suite, il est agrandi et vient coiffer la touraille dont la cheminée disparaît. En 1960, la société A. & R. Lix est transformée en Société Anonyme.

En 1964, la malterie est cédée à la société allemande Schragmalz. Cette dernière modernise les installations en procédant à la construction de deux nouvelles cases de germination (K), d’une nouvelle touraille (J) et d’un nouvel atelier de fabrication (I). En 1978, le groupe anglais Pauls & Sandars prend le contrôle de la société Schragmalz, puis cède, en 1987, la malterie d’Ebersmunster, qui emploie alors une vingtaine d’employés, aux Malteries Franco-Belges.

En 1994, la malterie intègre le groupe Soufflet qui en poursuit l’exploitation jusqu’en septembre 2006. Au moment de sa cessation d’activité, elle emploie treize à quatorze personnes pour une production annuelle d’environ 17 000 tonnes. Depuis lors, le site est désaffecté et se cherche un nouvel avenir. Un projet de création d’un lotissement de maisons individuelles, entraînant la démolition de la quasi-totalité des bâtiments productifs, a été présenté en 2011. Au moment de la rédaction de la présente notice, en 2018, il n’a pas encore été mené à bien.

Description

La malterie Lix se compose, du sud au nord, du bâtiment de bureaux avec logement à l’étage (A), du moulin reconstruit en 1778 (B) auquel sont reliés divers bâtiments productifs fortement imbriqués, qui se répartissent de part et d’autre du canal de dérivation, lequel parcourt le site du sud au nord : atelier de fabrication (C), bâtiment d’eau (E), touraille originelle (D), bâtiment de germination (F), bâtiment des silos intégrant une ancienne touraille (H), entrepôt industriel (G) et bâtiment de germination moderne (K). Enfin, au nord-ouest de l’emprise se dressent la nouvelle touraille (J) et le nouvel atelier de fabrication (I). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186702009NUDA).

Le bâtiment de bureaux avec logement à l’étage (A), qui commande l’entrée de l’usine au sud, est de plan rectangulaire. Édifié en maçonnerie enduite, il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré sous un toit à longs pans avec croupes, grandes lucarnes à deux pans et tuiles en écaille. Il est flanqué, au nord, d’une extension plus récente en rez-de-chaussée sous un toit en appentis avec zinc en couverture. Au sud, il est prolongé d’une terrasse avec garde-corps à balustres droits en grès. L’élévation antérieure est percée d’une porte d’entrée axiale, surmontée d’un oculus en dessus de porte sculpté en bas-relief d’un cartouche et d’une frise florale. Une plaque en métal indique la raison sociale de l’entreprise : MALTERIE LIX. A. & R. LIX. Les baies rectangulaires, dont certaines en triplet sur l’élévation sud, sont encadrées de grès avec appuis saillants.

Le moulin, reconstruit en 1778 (B), est établi au droit du canal de dérivation. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, il adopte un plan rectangulaire et comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans brisés avec croupe brisée au sud et tuiles en écaille. L’élévation antérieure est percée d’une porte d’entrée axiale avec encadrement en grès à crossettes, surmontée d’une table sculptée d’une guirlande et d’un cartouche bûché où le monogramme du fondateur de la malterie (D.L. pour Daniel Lix) remplace les armoiries de l’abbaye bénédictine. La corniche de la table est en outre revêtue d’une inscription datante en latin indiquant l’année de construction de l’édifice : 1778. On retrouve ce millésime, en chiffres arabes, sur le linteau de la porte d’entrée sur cour. La chaîne d’angle sud-ouest du bâtiment, donnant sur le Muhlbach, réemploie un bloc portant le millésime 1553, dont l’origine n’est pas connue.

L’atelier de fabrication (C), qui est à cheval sur le canal de dérivation, est édifié en maçonnerie de briques enduites. Il comporte trois étages carrés couverts d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en couverture. Il est ajouré de baies en arc segmentaire dépourvues d’encadrements. Le bâtiment d’eau (E) lui est accolé au nord. Construit en maçonnerie enduite et poutres de soutien métalliques, il est parcouru en sous-sol par deux coursiers encadrés de bajoyers en assises de grès. L’édifice, en rez-de-chaussée et étage de comble sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques, conserve l’ensemble de son installation de production d’énergie : turbine immergée de type Francis, multiplicateur de marque WECO installé par les Ets Camille Dumont & Cie à Pont de Saint-Uze dans la Drôme (plaque portant le n°4053), régulateur des Ets Schneider et Jacquet de Strasbourg (plaque portant le n°10747), armoires et tableaux de commande.

L’ancienne touraille (D), sur la rive occidentale du Muhlbach, est une construction de plan rectangulaire, en maçonnerie de briques enduites, qui comporte un rez-de-chaussée et trois étages carrés couverts d’un toit en terrasse avec béton en couverture. La cheminée qui la coiffait a disparu. N’en subsiste que l’orifice rectangulaire avec quelques assises de briques. Le rez-de-chaussée conserve ses trois foyers à coke dans leur maçonnerie de briques. Les corps de chauffe ont tous été produits par la même entreprise : Topf & Soehne d’Erfurt en Allemagne.

L’atelier de fabrication (F), qui prolonge l’ancienne touraille au nord, résulte, dans sa configuration actuelle, d’au moins trois campagnes de construction. De plan rectangulaire, il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés couverts d’un toit à longs pans avec croupe au nord et tuiles en écaille. Il est édifié en maçonnerie enduite et briques apparentes pour le dernier niveau correspondant au rehaussement du bâtiment autrefois couvert d’un toit en terrasse. Le dessin et le matériau des baies sont hétérogènes : rectangulaires avec encadrements en grès pour la construction originelle, en arc segmentaire sans encadrement pour la première extension vers le nord et rectangulaires avec linteaux en béton pour le deuxième étage. Ce dernier conserve d’anciennes cuves de trempe : l’une de forme rectangulaire en béton, les quatre autres circulaires en métal. Ce bâtiment est relié à celui des silos (H) par un convoyeur à bande aérien qui perce sa toiture et assure l’approvisionnement du grenier à grains aménagé dans le niveau de comble.

Le bâtiment des silos (H) domine l’ensemble du site de sa haute stature. Édifié en maçonnerie enduite, il est hérissé de tourelles dont l’une porte, sur la face occidentale de son couronnement, le nom des Lix en majuscules dans l’enduit. Il est en outre coiffé, à l’ouest, d’un toit en appentis et ajouré, en partie supérieure, de baies en bandeau avec appuis saillants en ciment. L’édifice intègre, au sud, une ancienne touraille rehaussée dont la maçonnerie originelle en briques enduites est renforcée de tirants dont les ancres sont visibles sur ses différentes élévations. Le foyer à coke de la touraille, enserré dans une maçonnerie de briques, est toujours présent au rez-de-chaussée, tout comme son couloir de circulation d’air avec parement de briques réfractaires. L’autre partie du rez-de-chaussée est occupée par les imposantes trémies maçonnées des silos. Les grains circulent dans le bâtiment au moyen d’élévateurs à godets et sont dirigés dans les silos via des tuyaux de distribution et un répartiteur circulaire installé en partie haute. Diverses machines permettant le traitement de l’orge et du malt sont réparties aux différents niveaux de l’édifice : trieur, surpresseur pour aspirer le malt vert, dégermeuse, mélangeuse. A l’extérieur, au droit de l’élévation orientale percée en rez-de-chaussée de six grandes ouvertures rectangulaires, est aménagée une fosse de déchargement. Elle est protégée par un vaste auvent sur charpente métallique en treillis.

L’entrepôt industriel (G), qui flanque le bâtiment des silos à l’ouest, est de plan rectangulaire irrégulier. Il résulte de plusieurs campagnes de construction. Bâti en maçonnerie enduite mêlant briques et moellons sur un soubassement en assises de grès, il comporte deux étages carrés sous un toit en terrasse avec béton en couverture. Il est ajouré, à l’ouest, de baies rectangulaires et en arc segmentaire dépourvues d’encadrements. Il est prolongé, au nord-est, par un atelier de fabrication (K) en rez-de-chaussée, bâti en maçonnerie enduite et couvert d’un toit en terrasse. Il abrite deux fosses de germination maçonnées qui conservent leur dispositif mobile pour remuer l’orge.

La nouvelle touraille (J) de très grand développement, au nord-ouest de l’emprise manufacturière, est de plan rectangulaire irrégulier. Édifiée en béton armé et maçonnerie de briques enduites, elle est coiffée d’un imposant dispositif d’aération en tôles nervurées et zinc aménagé sur son toit en terrasse délimité par un garde-corps en métal. L’édifice est flanqué, au nord, d’une adjonction en bardage métallique couverte d’un toit en appentis. Au nord-ouest, se déploie le nouvel atelier de fabrication (I) de plan rectangulaire allongé dont le projet initial prévoyait le doublement à l’est. Il n’a jamais été mis en œuvre. Construit en béton armé et maçonnerie de briques apparentes, il comporte cinq étages carrés totalement aveugles sous un toit en terrasse bordé d’un acrotère. L’élévation orientale est flanquée d’un escalier métallique en colimaçon qui dessert les différents niveaux. Le dernier étage accueille des cuves de trempage et les étages inférieurs servaient à la germination de l’orge.

Appellations Lix
Parties constituantes non étudiées bureau, logement, moulin, bief de dérivation, atelier de fabrication, bâtiment d'eau, cour, silo, entrepôt industriel
Dénominations malterie
Aire d'étude et canton Bas-Rhin - Sélestat
Hydrographies Ill (dérivation de l')
Adresse Commune : Ebersmunster
Adresse : 69 rue du Couvent
Cadastre : 2018 2 1 à 3, 14, 137, 138, 165, 191, 261, 262

En 1887, Daniel Lix se porte acquéreur de l’ancien moulin de l’abbaye d’Ebersmunster et procède à des travaux d’extension des bâtiments de fabrication en vue d'y établir une malterie. En 1905, Jules Lix succède à son père et conduit de nouvelles extensions. En 1937 est constituée la société en nom collectif A. & R. Lix, par Alfred et Robert Lix, petits-fils du fondateur. Ce sont vraisemblablement ces derniers qui font bâtir, au sud de l’usine, un bâtiment de bureaux avec logement à l’étage (A).

Vers 1945, on édifie un bâtiment abritant des silos (H), puis à partir de 1964, deux nouvelles cases de germination (K), une nouvelle touraille (J) et un nouvel atelier de fabrication (I). La malterie a fermé ses portes en septembre 2006.

Période(s) Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Lix Daniel,
Daniel Lix

Fondateur de la malterie Lix à Ebersmunster (Bas-Rhin) en 1887.


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La malterie Lix se compose, du sud au nord, du bâtiment de bureaux avec logement à l’étage (A) en maçonnerie enduite, avec sous-sol, rez-de-chaussée surélevé et étage carré sous un toit à longs pans, croupes et tuiles en écaille, du moulin reconstruit en 1778 (B) en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, avec rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble sous un toit à longs pans brisés, croupe brisée et tuiles en écaille, auquel sont reliés divers bâtiments productifs fortement imbriqués.

Ces derniers se répartissent de part et d’autre du canal de dérivation. Il s’agit d’un atelier de fabrication (C) à trois étages carrés, édifié en maçonnerie de briques enduites et couvert d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en couverture, du bâtiment d’eau (E) en rez-de-chaussée et étage de comble sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques, de la touraille originelle (D) à trois étages carrés couverts d’un toit en terrasse avec béton en couverture, du bâtiment de germination (F) de plan rectangulaire avec sous-sol, rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés couverts d’un toit à longs pans avec croupe et tuiles en écaille, du bâtiment des silos de haute stature en maçonnerie enduite (H), de l’entrepôt industriel (G) à deux étages carrés sous un toit en terrasse avec béton en couverture, bâti en maçonnerie enduite mêlant briques et moellons sur un soubassement en assises de grès et du bâtiment de germination moderne (K) en rez-de-chaussée avec toit en terrasse.

Enfin, au nord-ouest de l’emprise manufacturière, se dressent la nouvelle touraille (J), de très grand développement, édifiée en béton armé et maçonnerie de briques enduites et le nouvel atelier de fabrication (I), de plan rectangulaire allongé, construit en béton armé et maçonnerie de briques apparentes sur cinq étages carrés totalement aveugles avec un toit en terrasse bordé d’un acrotère.

Murs brique maçonnerie enduit
grès brique et pierre
béton pan de béton armé
essentage de tôle
Toit tuile en écaille, tuile mécanique, zinc en couverture, tôle ondulée, béton en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 5 étages carrés, étage de comble
Couvertures terrasse
toit à longs pans croupe
toit à longs pans brisés croupe brisée
appentis
Énergies énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
États conservations établissement industriel désaffecté
Techniques sculpture
Représentations guirlande, fleur
Statut de la propriété propriété d'une société privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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