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Mine dite Carreau Daniel-Mieg

Dossier IA67080388 réalisé en 2020

Fiche

La rédaction du dossier intervient à l’occasion de l’étude du carreau Clemenceau à Preuschdorf (IA67080378) menée en novembre 2019 par Frank Schwarz dans le contexte du projet de création de la Cité des énergies associant le Musée français du pétrole de Merkwiller-Pechelbronn dont les collections seraient déplacées pour l’occasion et un centre de ressources, de prospective et de réflexion sur les énergies au sens large. Dans le cadre de cette étude ponctuelle, il a été décidé de réexaminer l’ensemble du patrimoine lié à l’extraction pétrolière en Alsace dans la perspective d’une publication sur le sujet.

La campagne de prises de vues est assurée par Frédéric Harster.

Cette enquête ponctuelle a donné lieu à la rédaction d'une synthèse qui précise l'historique du carreau minier.

HISTORIQUE

Le gisement pétrolier de Pechelbronn est exploité par puits et galeries entre 1741 et 1888. Avec la mise au point du système de forage Fauvelle par injection d’eau, on remplace cette exploitation minière par l’extraction au moyen de forages auxquels on adjoint bientôt la technique du pompage.

Toutefois, durant la Première Guerre mondiale, les besoins en huile minérale sont accrus. La Vereinigte Pechelbronner Ölbergwerke, filiale de la Deutsche Erdöl Aktiengesellschaft (D.E.A.), qui exploite l’établissement de Pechelbronn depuis 1906, décide alors de renouer avec les opérations minières. Un premier puits (Puits I dit Clemenceau, étudié IA67080378) est inauguré à Preuschdorf le 20 avril 1917. Deux nouveaux puits sont foncés dans la foulée. Le Puits II, dit Le Bel (étudié, IA67080387), est réalisé sur le ban communal de Preuschdorf. Le Puits III, qui prend le nom de Daniel-Mieg, est établi à l’est de la commune de Gunstett, en bordure occidentale de la forêt communale. Il est achevé en septembre 1918.

Suite à des accidents survenus au courant du mois d’août 1919, on décide de doter chacun des trois forages d’un puits de sortie d’air. Sur le carreau Daniel-Mieg, il prend le nom de Puits VII. Toutefois, l’exploitation ne démarre réellement sur le site qu’en 1924-1925.

La Société Anonyme d’Exploitations Minières Pechelbronn (S.A.E.M.), qui exploite le gisement à compter de 1921, fait construire sur place une maison jumelle pour loger ses chefs-porions et un logement individuel vraisemblablement pour le responsable d’exploitation. En 1928, devant les difficultés rencontrées dans le fonçage du Puits de Chambrier (étudié, IA67080389), on décide l’approfondissement des Puits Le Bel et Daniel-Mieg. On atteint alors une profondeur de 400 m.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les installations sont sabotées avant l’arrivée des troupes allemandes. L’ascenseur d’extraction du Puits III et la machine d’extraction du Puits VII sont détruits. Les installations électriques et les compresseurs sont gravement endommagés. L’ensemble est remis en état et l’exploitation est relancée par l’occupant.

Les ressources s’épuisent néanmoins sur le site. A partir de 1953, on met fin au creusement de galeries et on se contente de repérer et d’assécher les poches de pétrole accessibles. Le 1er avril 1962, l’exploitation du carreau Daniel-Mieg est définitivement abandonnée. Les chevalements et les bâtiments de recette sont démolis et l’entrée des puits est bétonnée.

Les bâtiments d’habitation sont cédés à des particuliers au début des années 1970. Le terrain autour des terrils et les bâtiments d’exploitation encore en place sont occupés par un élevage de moutons. En 1996, une partie du terril s’effondre. L’éleveur est alors exproprié et les bâtiments sont démolis au début des années 2010. Ne subsistent au moment de l’enquête de terrain que deux bâtiments d’habitation en bordure méridionale du site.

Appellations Carreau Daniel-Mieg
Parties constituantes non étudiées terril, logement de contremaître, jardin, dépendance
Dénominations mine
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 67 - Woerth
Adresse Commune : Gunstett
Lieu-dit : Blunkweiler, Lange Allmend
Adresse : 1 à 4 route de Surbourg
Cadastre : 2018 21 66 à 69, 85, 107, 201 à 232, 338 à 340, 342, 343

Le puits pétrolier dit Puits III, est achevé en septembre 1918. Il est rapidement doublé d’un puits de sortie d’air (Puits VII).

Vers 1925, la Société Anonyme d’Exploitations Minières Pechelbronn (S.A.E.M.) fait construire sur place une maison jumelle pour loger ses chefs-porions et un logement individuel vraisemblablement pour le responsable d’exploitation.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les installations sont sabotées avant l’arrivée des troupes allemandes. A partir de 1953, on met fin au creusement de galeries et on se contente de repérer et d’assécher les poches de pétrole accessibles. Le 1er avril 1962, l’exploitation du carreau Daniel-Mieg est définitivement abandonnée. Les chevalements et les bâtiments de la recette sont démolis et l’entrée des puits est bétonnée.

Ne subsistent au moment de l’enquête de terrain que deux bâtiments d’habitation en bordure méridionale du site.

Période(s) Principale : 1ère moitié 20e siècle , daté par source
Dates 1918, daté par source

Outre le terril gagné par la végétation et qui se déploie au nord de l’emprise, le site ne conserve, au moment de l’enquête, que deux bâtiments d’habitation, implantés au sud, le long de la route de Surbourg.

Le logement double destiné aux chefs-porions, de plan rectangulaire, est édifié en maçonnerie enduite. Il comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré sous un toit à longs pans avec croupes et ciment amiante en couverture. L’élévation antérieure, à six travées d’ouvertures rectangulaires avec appuis en grès, est animée par des travées latérales rentrantes. Celles-ci abritent, au rez-de-chaussée, la porte d’entrée de chacune des deux habitations précédée d’un escalier en grès et un balcon en bois découpé à l’étage. Le bâtiment est orné d’un bandeau de niveau en grès entre le sous-sol et le rez-de-chaussée et de chaînes d’angle harpées dans le registre inférieur. Chacune des deux habitations dispose d’une vaste parcelle de jardin privatif et d’une dépendance en pan-de-bois et maçonnerie enduite sous un toit à longs pans et croupes avec tuiles en écaille.

Le logement individuel, établi au cœur d’une vaste parcelle, adopte un plan en T. Élevé en maçonnerie enduite, il se compose d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée surélevé, d’un étage carré et d’un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec croupe à l’est et tuiles mécaniques. Il est ajouré de baies rectangulaires avec appuis saillants en grès et orné de bandeaux de niveau en grès dans le registre inférieur et en enduit en partie haute. L’élévation orientale porte un balcon sur consoles en grès avec garde-corps en fer forgé. La dépendance originelle est bâtie en pan-de-bois et maçonnerie enduite sous un toit à longs pans et croupes avec tuiles en écaille.

Murs maçonnerie enduit
pan de bois
Toit ciment amiante en couverture, tuile mécanique, tuile en écaille
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans croupe

Références documentaires

Bibliographie
  • Pechelbronn. La mine Française de Pétrole. In La Journée Industrielle, s.d.

  • Les mines de pétrole de Pechelbronn. Strasbourg : Imprimerie alsacienne, 1924.

  • Pechelbronn. Le gisement de pétrole alsacien depuis son retour à la France 1918-1938. Pechelbronn : S.A.E.M., s.d.

  • WALTHER, René. Pechelbronn. L'histoire du plus ancien site pétrolier français. Strasbourg : Hirlé, 2007.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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