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Moulin à farine et moulin à foulon dit Bleichenmühle, puis filature et usine de construction mécanique Nicolas Schlumberger et Compagnie, puis usine de construction mécanique Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie, puis Nicolas Schlumberger et Cie et filature Union Textile, puis Filatures du Florival, puis Filés du Florival, actuellement fonderie et usine de construction mécanique NSC Groupe

Dossier IA68009504 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

  • Lotissement concerté dit Lotissement Biehler
    Soultz-Haut-Rhin, 6 rue Théodore-Deck, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 11 rue des Acacias, 2, 4, 6, 8, 10, 11, 13, 14, 15, 16, 18, 28, 30, 32, 34, 36, 38 rue Albert-Schweitzer, 2, 4, 6, 8, 10 place Curie, 15, 17, 19, 23, 25, 27, 37, 39, 41, 43, 45, 47, 50 rue du Wolfhaag, 3, 8, 10 rue des Genets, 3 rue des Églantines

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault et la cartographie du site, par Abdessalem Rachedi.

Historique

Réaffectation d’un site protoindustriel

En 1810, Nicolas Schlumberger (1782-1867) fait l’acquisition, auprès du meunier André Keller, d’un moulin à trois tournants dénommé Bleichenmühle avec maison d’habitation, cour, écuries, jardins et prés. Cet établissement, propriété de l’abbaye de Murbach avant la Révolution, a été fondé en 1701 avec pour activité originelle le foulage et la blanchisserie. En 1773, le site, exploité par Thiébaud Luttenbacher, comporte un moulin à moudre le grain et un moulin à chanvre. Passé aux mains du meunier Martin Gerstbach, il est acquis par André Keller le 23 pluviôse an III (11 février 1795). En 1810, Nicolas Schlumberger y installe une filature de coton et un petit atelier de réparation mécanique.

Implantation originelle

Le moulin dénommé Bleichenmühle et ses dépendances, acquis par Nicolas Schlumberger en 1810, est établi à l’écart de toute habitation, hors les murs de la ville de Guebwiller, en direction du village de Buhl. Implanté sur la rive droite de la Lauch, il est mis en mouvement par les eaux dérivées de la rivière au moyen d’un canal d’amenée. L’environnement du moulin se compose de prés de fauche et de vergers (à l’est et au nord-est), de zones cultivées (à l’ouest et au sud-ouest) et de pâturages (au sud). Les terrains dépendant du site acquis en 1810 par Nicolas Schlumberger, sont constitués de 68 ares de champs et d'un hectare et 60 centiares de prés. Des saules, des osiers et des noyers en dépérissement sont signalés sur la propriété. Un terrain attenant d’une superficie de 36 ares, acquis dans le même mouvement, se compose d’un jardin planté d’arbres fruitiers. Les constructions les plus proches, édifiées au sud-ouest du moulin, constituent l’enclos du château d’Angreth (étudié, IA00054851) qui veille, à distance, sur la porte ouest de la ville.

Le moulin est desservi par une voie d’accès qui débouche sur le chemin vicinal reliant Lautenbach à Guebwiller. Un chemin permet également de rallier plus directement la rive gauche de la Lauch en empruntant le pont dit Bruderbruck. Dès 1821, ces voies de circulation sont modifiées. Nicolas Schlumberger acquiert auprès de la ville de Guebwiller la voie qui dessert sa fabrique et cède à la ville un autre terrain destiné à être converti en chemin menant au pont dit Bruderbruck.

Développement du site

Pour équiper la filature de 10 000 broches qu’il installe en 1810 sur le site de l’ancien moulin dit Bleichenmühle, Nicolas Schlumberger déménage un certain nombre de machines montées originellement à Masevaux (Haut-Rhin) par son beau-père, Jean-Henri Bourcart (1753-1820), auquel il s’associe sous la raison sociale Nicolas Schlumberger et Compagnie. Originaire de Richterswil près de Zurich en Suisse, ce dernier a dirigé la manufacture textile de Wesserling (Haut-Rhin) (étudiée, IA68003101) de 1788 à 1801. Le remontage des machines est confié à un brillant mécanicien, Antoine Herzog, qui dirige ensuite la filature Schlumberger avant de créer à Logelbach (Haut-Rhin) en 1819 un établissement textile de grande envergure (étudié, IA68003776). Pour compléter les installations de sa filature, Nicolas Schlumberger est cependant contraint de concevoir et de réaliser lui-même, pièce par pièce, la majeure partie des équipements. A cette époque, les machines textiles sont exclusivement produites en Angleterre qui, inquiète de la concurrence naissante de l’industrie française, interdit rigoureusement leur exportation. Nicolas Schlumberger se dote par conséquent d’un atelier de construction mécanique où il produit ses propres machines sous la direction de François Jacques Grün. En 1819, l’établissement est augmenté d’une seconde filature comptant 23 000 broches dont les équipements sont produits par les ateliers mécaniques de l’entreprise. Pour édifier ce nouveau bâtiment, l’entreprise fait appel aux services de l’architecte I.G. Schmalzer et à l’entrepreneur I. Feuerstein, comme l’atteste la plaque scellée au moment de la pose de la première pierre et conservée dans les archives privées de la société. Spécialisé dans la filature de numéros fins (fils numéros 80 à 150), ce nouvel établissement est achevé en 1822.

A l’origine, les ateliers de construction mécanique ont pour seul but de fournir les machines nécessaires à la filature Nicolas Schlumberger et Compagnie. Ils font toutefois de rapides progrès multipliant les innovations et les perfectionnements et développent bientôt une industrie indépendante et prospère. Dès lors, la filature mécanique de coton et la production de machines textiles constituent deux activités distinctes d’une même société, exercées au sein de bâtiments dédiés. Entre 1817 et 1820, les ateliers mécaniques sont équipés d’une fonderie, d’une forge, de sections mécaniques (tournage, ferblanterie, chaudronnerie) et, dès 1824, ils produisent les premières machines destinées à la vente. Les nouveaux modèles continuent d’être testés par la filature de l’entreprise. En 1825, les locaux de la branche « construction » sont étendus, des travaux de rectification du tracé de la Lauch sont menés en amont du pont dit Bruderbruck et un nouveau canal est percé avec prise d’eau dans la Lauch, à 220 m au-dessus du dit pont. En 1827, le nombre de broches de la filature est porté de 37 500 à 50 000 unités et en 1834 l’usine est équipée d’une installation pour la production de gaz d’éclairage. La bonne marche des affaires nécessite une extension importante des ateliers de construction mécanique avec l’édification de nouveaux blocs usiniers au sud-ouest de l’emprise manufacturière, dont l’un, attesté en 1838, est conservé sur le site (A). Une nouvelle forge et une fonderie avec une soufflerie mécanique voient également le jour en 1838 (disparues). La même année, l’établissement se dote d’une filature de lin et de chanvre de 1 500 broches.

Pour la branche « construction », la recherche de perfectionnement et d’innovation est permanente. Nicolas Schlumberger et son beau-frère, Jean-Jacques Bourcart (1801-1855) associé à l’affaire depuis le décès de son père Jean-Henri en 1820, font appel à Josué Heilmann (1796-1848) connu pour ses recherches prometteuses dans le domaine du peignage mécanique. Dans les ateliers de Guebwiller, il met au point son invention et dépose, en 1843, la demande de brevet qui expose le principe du peignage rectiligne. Cette même année, l’usine est pourvue d’un gazomètre et d’une usine à gaz. Dès 1846, des pourparlers sont engagés entre Jean-Jacques Bourcart et Nicolas Schlumberger en vue d’une séparation. En décembre 1849, un partage intervient entre les différents associés de la société Nicolas Schlumberger et Compagnie, suite à sa dissolution. Celui-ci donne lieu à plusieurs années de litiges et de procédures qui se soldent, en 1852, par la construction, au profit de Jean-Jacques Bourcart et de ses fils Henri et Charles, d’une nouvelle filature en amont de l’établissement de Nicolas Schlumberger (étudié IA68009508). En juin 1854, Nicolas Schlumberger cède également à la société Jean-Jacques Bourcart et Fils la propriété dite de l’Ermitage qui se compose alors d’une maison d’habitation, de deux bâtiments contigus à usage de filature, d’un jardin potager, de prés et d’une parcelle de terre labourable.

En 1859-1860, la filature Nicolas Schlumberger et Compagnie est intégralement modernisée. On y installe de nouvelles machines et on édifie un atelier à sheds équipé de 23 500 broches qui nécessite la démolition de l’ancien moulin dit Bleichenmühle. Une villa environnée d’un parc (étudiée, IA68009524) et des bureaux centraux (O) sont édifiés au sud de l’usine. La croissance de l’entreprise prend également la forme d’acquisitions d’établissements extérieurs comme le retordage Biehler à Guebwiller en 1866, par adjudication judiciaire (étudié, IA00054847), et la filature De Jongh et Fils à Lautenbach (Haut-Rhin) en 1874 (étudiée, IA68009549) où l’on installe une unité de production de fil à coudre. En 1872, les bureaux de direction qui commandent l’entrée principale de l’usine (disparus) sont construits au sud du site. Les ateliers mécaniques sont considérablement étendus par la construction, au nord de l’usine, de nouveaux espaces de travail (I) et d’un magasin à fer (J) pour la forge. En 1891, l’entreprise se dote d’un nouveau bâtiment à étages, en brique, servant de magasin et d’unité de vérification (disparu) édifié à l’emplacement actuel du nouveau bâtiment de direction (K).

A partir de 1896 et jusqu’à la Première Guerre mondiale, s’ouvre une nouvelle période d’extension importante du site, caractérisée par l’édification, particulièrement soignée, d’ateliers en moellons de grès apparents. En 1896 sont ainsi construits le magasin des modèles (F) et une nouvelle fonderie (G) à moulage mécanique et distribution du sable de moulage dans le hall de coulée au moyen de voies suspendues. En 1902, un atelier d’emballage voit le jour (disparu), suivi d’une extension des ateliers vers le nord (I) et, en 1907, d’un nouvel atelier d’ébauchage (C), lequel est prolongé en 1911 par l’édification, à l’ouest, d’un bâtiment à deux étages (D). Enfin, en 1913, une nouvelle unité d’emballage et d’expédition voit le jour au nord-ouest du site (L) d’après les plans des architectes Virgile (1845-1918) et Adolphe (1870-1944) Sautier. A la veille de la Première Guerre mondiale, la filature Schlumberger compte 60 000 broches et sa branche « construction » livre chaque année un nombre de machines textiles équivalant à 100 000 broches ainsi que toutes les machines de préparation qui s’y rapportent, pour le filage du coton, de la laine, de la ramie, de la schappe de la laine et des autres textiles. L’ensemble de ces productions (machines, produits filés, retors et fils à coudre) sont partout saluées pour leur grande qualité.

La Première Guerre mondiale affecte durement l’usine Nicolas Schlumberger et Cie. Les machines-outils sont pillées et transportées en Allemagne tandis que les ateliers, notamment ceux de la division filature, sont réduits en cendres par les bombardements du 8 janvier 1916. Dès 1918, on reconstruit le hangar à bois et on édifie un atelier de meulage et d’ébauchage (disparus), au sud du dernier bloc usinier du 19e siècle (A) encore présent sur le site.

En 1919, les trois branches de production (machines textiles, produits filés, fil à coudre) sont dissociées par la création de trois sociétés autonomes qui se répartissent les locaux de l’entreprise : le site de Guebwiller pour les deux premières et l’usine de Lautenbach pour la troisième. Le 23 décembre 1919 est constituée la société par actions Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie (NOSOCO) qui poursuit la construction de machines textiles dans les locaux situés sur la partie ouest du site originel. Celle-ci entreprend la réparation des dommages liés au conflit qui est l’occasion d’une rationalisation des espaces productifs. Les ateliers de montage, dispersés avant-guerre en différentes parties de l’usine, sont regroupés dans un nouveau bâtiment en béton armé édifié en 1920 et appelé Le Louvre (étudié, IA68009506). Les magasins sont également rassemblés. Les années d’après-guerre sont des années prospères et la Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie, qui manque de main-d’œuvre à Guebwiller, prend le contrôle d’entreprises concurrentes ou complémentaires : les Ateliers de construction de Bitschwiller à Bitschwiller-lès-Thann (Haut-Rhin) et la Manufacture Alsacienne de Broches à Soultz (Haut-Rhin) en 1922 (étudiée, IA68009563), la Société Niepce et Fetterer devenue la Société Chalonnaise Schlumberger à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) en 1925, enfin les Ateliers de Construction Grosselin et Dehaitre à Sedan (Ardennes) en 1929. La Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie devient une Société Anonyme en 1924. En 1926, un nouvel entrepôt pour la menuiserie (N) est construit sur les plans de l’entreprise A. Sautier au nord-ouest de l’usine, en face de l’unité d’emballage et d’expédition réalisée en 1913 (L). Une vaste fonderie moderne voit également le jour en 1927 (étudiée, IA68009505).

Spécialisée dans la fabrication de machines textiles, la Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie subit de plein fouet la crise de l’industrie textile qui survient au début des années 1930. Le 22 mai 1934, elle dépose son bilan mais se voit autorisée à poursuivre son activité. Les effectifs passent de 750 employés en 1933 à 320 en 1935. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’usine de construction mécanique est modernisée. Les ateliers sont profondément réaménagés par la création, entre 1947 et 1949, de nouveaux ateliers à sheds (H) au nord de l’usine-bloc centrale (A), donnant lieu à la démolition de l’unité de trempe, du bâtiment des transformateurs, de la centrale électrique et de la cheminée d’usine situés à proximité de la forge. En 1948, la Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie retrouve sa dénomination ancienne : Nicolas Schlumberger et Cie. L’année suivante, un incendie de grande ampleur touche le site faisant deux morts et 15 blessés. L’expansion se poursuit néanmoins et, en 1950, on dénombre 900 employés nécessitant la construction de nouveaux espaces de travail. En 1960, un nouvel atelier (B) est conçu par l’architecte Jean Finiels par le couvrement d’une cour et la démolition de constructions plus anciennes dont l’unité de meulage édifiée en 1918 et le bâtiment des générateurs d’acétylène.

En 1962, l’usine de construction mécanique, qui s’étend désormais sur 32 000 m2 de terrain et 60 000 m2 de locaux, se dote de nouveaux bureaux de direction (K) dont les plans sont dus à l’architecte lyonnais Jean Blezat. L’expansion de l’entreprise se poursuit en 1963 par le rachat de l’usine Marin-Astruc de Buhl (anciennement usine Rogelet, étudiée IA68009532). Elle occupe alors 1038 personnes dans les domaines de la construction de machines textiles, de machines-outils, de la mécanique générale et de la fonte moulée. En 1964, les ateliers sur le site de Guebwiller sont à nouveau agrandis par la construction d’un nouveau bâtiment à sheds (E) qui intègre l’ancienne menuiserie bâtie en 1902. La fonderie, devenue trop petite, doit également être étendue en 1966, tout comme les ateliers de montage, l’année suivante. En 1968, les bureaux de direction (K), édifiés en 1962, sont flanqués de quatre travées supplémentaires, à l’ouest (architecte J. Blezat).

L’entreprise Nicolas Schlumberger et Cie fait l’acquisition, en 1971, des anciens locaux des Filatures Bourcart que l’on désigne sous le nom d’usines du Moulin et de l’Hermitage (étudiée, IA68009508). Dès lors la production de machines textiles s’étend sur trois sites : le siège historique de Guebwiller augmenté du Louvre et de la nouvelle fonderie réalisée en 1927, l’usine Marin-Astruc de Buhl et le site du Moulin et de l’Hermitage. En 1972, l’usine de Guebwiller est dotée d’une chaufferie moderne, implantée à l’est des ateliers mécaniques. Les derniers travaux d’importance sur le site consistent à établir, en 1988, une extension (M) au magasin industriel (L) implanté au nord-ouest du site (architectes Jean Finiels (1927-2002) et Gorges Thiriet) en lieu et place d’un ancien atelier d’entretien et à démolir un certain nombre de bâtiments vétustes dont des magasins et des remises en 1990 et l’ancienne loge du concierge en 1993, remplacée par une conciergerie moderne conçue par l’architecte guebwillerois Christophe Muller. Au moment de l'enquête, en 2014, l’entreprise NSC Groupe poursuit sa production de machines textiles en concentrant son activité sur l’usine du Moulin avec un effectif de l’ordre de 200 salariés. Elle développe également une activité de construction de machines destinées à confectionner des tubes en cartons ainsi qu’une activité de production de turbines hydrauliques. Les locaux de l’usine de Buhl, qui demeurent la propriété de la société NSC Groupe, sont totalement vides. Quant aux ateliers du site historique de Guebwiller, ils ne sont plus utilisés que très partiellement pour du stockage au moment de l'enquête de l'Inventaire général, en 2014. Les services administratifs et le bureau d’études s'apprêtent à rejoindre l’activité de production sur le site du Moulin où l’ancien atelier de traitement de surface est en cours de réaménagement pour les accueillir.

L’activité de retordage et de filature de l’ancienne société Nicolas Schlumberger et Cie est poursuivie, après la Première Guerre mondiale, par une nouvelle compagnie dénommée Union Textile créée en 1920 par la fusion de la branche filature et retorderie de Nicolas Schlumberger et Cie et de la filature Gast à Issenheim (Haut-Rhin) (étudiée, IA00111906). L’Union Textile reconstruit les bâtiments productifs totalement sinistrés sur la partie est du site originel de Guebwiller. Elle fait édifier par l’entrepreneur Jean-Baptiste Matter de Colmar (Haut-Rhin), une grande filature à étage en béton armé achevée en 1922 ainsi qu’un nouveau bâtiment pour les batteurs, de nouveaux magasins et un hangar à bois. Seuls quelques bâtiments annexes, la menuiserie et l’ancienne chaufferie, établie en 1880 en bordure de site, le long de la Lauch, sont conservés. Entre 1920 et 1922, l’Union Textile se porte également acquéreur de plusieurs usines textiles : la filature Freyerhof à Guebwiller qui sera fermée, les Établissements Spetz et le tissage Hartmann à Issenheim (Haut-Rhin) (étudiés, IA00111907 et IA68009541). Dès sa fondation, l’Union Textile se spécialise dans certaines productions comme les filés câblés entrant dans la fabrication des pneumatiques de la firme Michelin. Les combats de la Deuxième Guerre mondiale affectent à nouveau l’usine de Guebwiller. Elle est touchée par des tirs d’artillerie le 18 juin 1940 puis par un bombardement aérien le 18 novembre 1944. En 1966, un incendie se produit sur le site, 60 tonnes de coton sont la proie des flammes. En 1969, l’Union Textile fusionne avec les établissements F. et Th. Frey de Guebwiller (étudiés, IA68009509) au sein d’une nouvelle entité qui prend le nom de Filatures du Florival. Dans le même temps, le tissage d’Issenheim est cédé à la Société anonyme d’industrie cotonnière (S.A.I.C.). Les Filatures du Florival produisent des filés de coton peigné pour la bonneterie et le tissage et des filés synthétiques (chlorofibres, acryliques, polyester et viscose). En 1974, le groupe cesse l’exploitation du retordage de Guebwiller (étudié, IA00054847) après transfert du matériel dans l’ancien tissage Frey. Le site est alors démoli. L’activité de filature se concentre sur les sites de Guebwiller et d’Issenheim mais connaît d’importantes difficultés à partir de 1986 qui conduisent au dépôt de bilan de l’entreprise. Les actifs de la société sont rachetés par Jacques Simon-Bigart, président directeur général de la Société des Filés de Sélestat qui poursuit l’exploitation sous la raison sociale Filés du Florival. En 1991, le groupe cesse définitivement ses activités et les bâtiments de production du site de Guebwiller, rachetés par la Ville en 1993, sont démolis en 1997 pour laisser place à une opération d’urbanisme sous la forme d’une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) mêlant locaux d’activité et immeubles résidentiels.

Sources d’énergie

Au moment de son acquisition, en 1810, le moulin dit « Bleichenmühle » compte trois roues hydrauliques, deux pour actionner le moulin à farine et une pour mouvoir le foulon à chanvre. La filature qu’y aménage Nicolas Schlumberger est équipée d’une seule roue développant une force de 10 CV. Au moment de l’édification de la seconde filature, en 1818, on procède à l’installation d’une machine à vapeur de 36 CV construite par la maison Hall de Dartford en Angleterre. En 1825, la hauteur de chute est portée à 8,40 m afin de permettre la mise en place d’une roue hydraulique anglaise construite intégralement en fer et en fonte par William Fairbain. Celle-ci est remplacée, neuf années plus tard, par une nouvelle roue hydraulique en fer développant 120 CV. Réalisée dans les ateliers de la maison Schlumberger, elle présente un diamètre de 9,5 m et une largeur de 3 m. En 1846, l’usine est équipée de deux turbines Jonval de 100 CV produites par les établissements André Koechlin et Cie de Mulhouse (Haut-Rhin). En 1853, on procède à l’installation de trois chaudières et d’une machine à vapeur de système Woolf d’une force de 75 CV pour mettre en mouvement les métiers de la filature. Par arrêté préfectoral du 24 juillet 1855, Nicolas Schlumberger est autorisé à faire usage d’une chaudière à vapeur et d’une machine à vapeur de 60 CV pour servir de moteur aux ateliers de construction. Au moment de la modernisation de la filature, en 1860, une nouvelle machine à vapeur est installée. A partir de 1896 on recourt à l’énergie électrique dans diverses parties de l’usine. En 1902, l’usine est équipée d’une nouvelle machine à vapeur de 450 CV. Vers 1909, la grande roue hydraulique installée en 1834 et les deux turbines anciennes sont mises hors service. Ces deux dernières sont remplacées par deux turbines horizontales de 310 CV. Avec l’extension des ateliers, la question des transmissions devient de plus en plus difficile de sorte qu’en 1911, la commande par moteur électrique est généralisée pour tout l’établissement de construction mécanique. Au moment de la reconstruction de la filature après la Première Guerre mondiale, l’entreprise Schneider et Jacquet de Strasbourg (Bas-Rhin) équipe le site d’une turbine développant 19 CV.

Description

Le cœur de l’usine de construction mécanique Nicolas Schlumberger est constitué d’une succession d’ateliers de fabrication et de magasins accolés les uns aux autres, au nord et au sud de l’ancien bloc usinier (A) qui fait office de pivot. Cet ensemble est flanqué à l’ouest d’un bâtiment de bureaux moderne (K) qui les domine de sa hauteur tandis qu’au nord-ouest de l’emprise usinière se déploient des magasins et un entrepôt industriels (L, M et N) et au sud, les anciens bureaux centraux (O) et un logement patronal (étudié, IA68009524). La fonderie (étudiée, IA68009505) est édifiée au nord-ouest du site et les ateliers de montage appelés le Louvre (étudiés, IA68009506), au sud-ouest. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20196801001NUDA).

L’ancien atelier de fabrication à étages (A), reconverti en bureaux, est de plan rectangulaire allongé. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, il comporte trois étages carrés sous un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Ses élévations nord et sud, à 29 travées d’ouvertures rectangulaires encadrées de grès, sont animées de deux avant-corps en légère saillie, couronnés d’un fronton triangulaire. Une cage d’escalier dans-œuvre a été aménagée aux extrémités est et ouest du bâtiment, vraisemblablement au moment de son changement de destination.

Le premier atelier (B) qui lui est accolé au sud, résulte du remplacement de bâtiments pré-existants et du couvrement d’une cour, par quatre travées de sheds en rez-de-chaussée, orientées est-ouest, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Il est fermé à l’ouest par une façade-rideau en béton armé, ajourée de baies rectangulaires et décorée, dans les registres inférieur et supérieur, d’un parement de briques. Le bâtiment est prolongé à l’est par une construction en rez-de-chaussée sous un toit en terrasse abritant le bloc sanitaire. Le soutènement intérieur est assuré par deux rangées de onze poteaux métalliques profilés en I qui supportent de puissantes sous-poutres en béton.

Les deux constructions (C et D), de plan rectangulaire, édifiées en moellons de grès rose à gros joints, qui jouxtent cet atelier au sud, constituent l’atelier d’ébauchage initial (C) et son extension (D). Le premier, à l’est, compte un étage carré couvert de cinq travées de longs pans accolées, orientées est-ouest, partiellement vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. L’élévation orientale, ajourée de baies jumelées en arc segmentaire avec encadrements en briques et grès, est ornée de deux cartouches en grès gravés de la raison sociale (NSC) et de la date de construction (1907) et d’une corniche à ressauts en briques. Le bâtiment est prolongé à l’est par une construction en rez-de-chaussée sous un toit en terrasse. Au rez-de-chaussée comme à l’étage ce sont quatre rangées de neuf poteaux circulaires en fonte qui constituent la structure porteuse. L’extension (D), presque contemporaine de cet atelier, compte un étage supplémentaire. Elle en reprend la mise en œuvre tant sur le plan de la couverture, de la maçonnerie, des ouvertures que du soutènement intérieur. Son élévation antérieure, sur cour, est pareillement décorée de deux cartouches en grès gravés de la raison sociale (NSC) et de la date de construction (1911). Ce bâtiment est surmonté, dans son angle nord-est, d’une tourelle abritant un monte-charge dont le niveau supérieur, qui abrite la machinerie, est ajouré de quatre oculi cernés de briques.

Au sud de l’unité d’ébauchage se déploie un nouvel atelier (E) en rez-de-chaussée qui résulte également du remplacement de bâtiments existants et du couvrement d’une cour, par six travées de sheds, orientées est-ouest, vitrées au nord et couvertes de zinc. Il est fermé dans son angle nord-ouest par une façade-rideau en béton armé, ajourée de baies rectangulaires et décorée, dans les registres inférieur et supérieur, d’un parement de briques. Cet atelier est flanqué, à l’est, de la chaufferie moderne à un étage carré sous un toit en terrasse avec tôles nervurées en couverture. Édifiée en maçonnerie enduite, celle-ci est surmontée de quatre cheminées métalliques.

Le magasin des modèles (F) borde la rue de la République dont il épouse le tracé courbe. Bâti en moellons de grès à gros joints sur un soubassement en appareil de grès, il comporte deux étages carrés coiffés de sept travées de longs pans accolées, d’inégal développement, orientées est-ouest avec tuiles mécaniques. Le rez-de-chaussée surbaissé est ajouré de baies rectangulaires avec linteaux métalliques, les étages d’ouvertures jumelées en arc segmentaire avec encadrements associant briques et grès. La construction est ornée d’une chaîne d’angle harpée en blocs de grès à bossage et d’une corniche à ressauts en briques. Le soutènement intérieur est assuré par des colonnes circulaires en fonte.

L’ancienne fonderie (G), édifiée en moellons de grès à gros joints sur un soubassement en appareil de grès, occupe l’extrémité méridionale de l’usine. Au sud-ouest, elle épouse le tracé courbe de la rue. Composé de surfaces de travail en rez-de-chaussée, de haut développement, couvertes de travées de longs pans accolées, orientées est-ouest et partiellement vitrées au nord, l’ensemble est surmonté, en partie médiane, d’une grande halle transversale avec une aile à un étage carré et un étage de comble en retour d’équerre. L’ensemble de la fonderie est couvert en tuiles mécaniques, la grande halle étant en outre sommée d’un lanterneau avec dispositif d’aération à claire-voie. Sur l’élévation occidentale, les baies répliquent le parti adopté pour le magasin des modèles (F) dont la fonderie apparaît comme le prolongement : baies rectangulaires avec linteaux métalliques au rez-de-chaussée, ouvertures jumelées en arc segmentaire avec encadrements associant briques et grès en partie haute, ces dernières étant factices. L’élévation méridionale est ajourée de neuf travées de baies en triplet, en arc segmentaire. La baie de la halle transversale est de grande hauteur avec encadrement alternant briques et grès et meneaux en fonte avec colonnettes moulées. Cette travée est par ailleurs percée, dans son pignon, d’un oculus cerné de briques et de grès et décorée de deux tables en grès gravées de la raison sociale (N.S.C) et de la date de construction (1896). L’élévation orientale est rythmée de quatre travées de baies jumelées en arc segmentaire. Cet ensemble est orné de chaînes d’angle harpées en blocs de grès à bossage et d’une corniche en briques à ressauts. Le soutènement intérieur est assuré par des rangées de poteaux circulaires en fonte. La grande halle est équipée d’un pont roulant de marque Sadamec d’une force de 5 t.

Au nord de l’atelier de fabrication à étages (A), se déploie un atelier (H) qui résulte du remplacement de bâtiments pré-existants et du couvrement d’une cour. Il est composé de six travées de sheds en rez-de-chaussée, orientées est-ouest, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Le bâtiment est clos, à l’est, par une façade en moellons de grès à gros joints, ajourée de baies rectangulaires avec encadrements en béton et occupée en partie centrale par des transformateurs électriques. Le soutènement intérieur est assuré par deux rangées de poteaux de section carrée, faits de profilés métalliques et de béton, qui supportent une charpente métallique apparente. Ce bâtiment est prolongé, au nord-ouest, par un second atelier (I) en rez-de-chaussée, adoptant un plan en L. Bâti en moellons de grès à gros joints, il est coiffé de 12 travées de longs pans accolées, orientées nord-sud, partiellement vitrées à l’est et couvertes de tuiles mécaniques. L’ensemble est supporté par 12 rangées de poteaux circulaires en fonte. Il est ajouré au nord et à l’ouest de baies rectangulaires avec linteaux métalliques, jambages en briques et appuis saillants en grès.

Enfin, l’angle nord-est de ce vaste ensemble d’ateliers est occupé par le magasin des fers (J) de la forge, fortement remanié. Il se compose de cinq travées en rez-de-chaussée, de grand développement, coiffées de longs pans accolés, orientées nord-sud, partiellement vitrées à l’est et à l’ouest et couvertes de tuiles mécaniques. Les élévations en moellons de grès à gros joints sont repercées de larges baies rectangulaires avec encadrements en ciment. La structure porteuse intérieure consiste en quatre rangées de poteaux circulaires en fonte. L’élévation méridionale conserve la trace des baies en plein cintre d’origine, aujourd’hui murées.

Le bâtiment de direction (K) vient flanquer ce vaste ensemble, à l’ouest. De plan rectangulaire, il comporte cinq étages carrés sous un toit en terrasse débordant formant auvent. Édifié en béton armé et maçonnerie enduite, il est ajouré de grandes baies rectangulaires dont les allèges sont décorées de panneaux de marbre. Sa réhabilitation récente l’a doté d’un habillage horizontal en résille métallique.

Le grand magasin industriel (L), implanté au nord-ouest de l’emprise usinière, se présente sous la forme d’une grande halle à deux vaisseaux accolés coiffés de longs pans avec tôles nervurées en couverture. Bâti en pan de fer et remplissage de briques apparentes sur un haut soubassement en moellons de grès à gros joints, il est flanqué dans son angle nord-ouest d’un petit édicule ayant abrité le bloc sanitaire et la chaufferie avec sa cheminée de section carrée en briques. L’élévation occidentale, sur cour, est percée de baies filantes en partie médiane et supérieure. Le mur-pignon de chacun des deux vaisseaux est ajouré de baies monumentales en arc brisé et encadrements en métal. Ce magasin industriel est prolongé, au sud-est, par une extension moderne (M) en charpente métallique, remplissage en maçonnerie enduite et bardage en tôles nervurées.

A l’ouest du magasin industriel et de son extension (L et M), se dresse un entrepôt industriel (N) de plan rectangulaire, construit en béton armé et coiffé d’un toit à longs pans avec lanterneau et tuiles mécaniques, supporté par une charpente métallique apparente en treillis. Ajourée à l’est, l’ossature porteuse fait l’objet d’un remplissage en briques apparentes au nord et en maçonnerie enduite à l’ouest et au sud. Les pignons sont essentés de tôles nervurées. L’entrepôt est bordé, à l’est, par une rampe donnant accès au passage souterrain vers la nouvelle fonderie (étudiée, IA68009505) implantée de l’autre côté de la rue.

Les bureaux centraux (O) sont implantés au sud de l’usine, à proximité du logement patronal (P) (étudié, IA68009524). Ils sont constitués d’un corps principal, flanqué dans son angle sud-est d’une aile en retour d’équerre. Un vestibule d’entrée surmonté d’une véranda assure l’articulation entre les deux ailes. Composé originellement d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée surélevé et d’un étage carré, le bâtiment a fait l’objet d’un rehaussement récent avec un étage supplémentaire couvert d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès rose bouchardé, il est décoré de chaînes d’angle harpées régulières à refends, d’un bandeau de niveau, de cordons et d’une corniche moulurée en grès. Les baies encadrées de grès sont en arc segmentaire avec clés et appuis saillants au rez-de-chaussée, rectangulaires pour les étages.

Appellations Nicolas Schlumberger et Compagnie , Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie , Union Textile , Filatures du Florival, Filés du Florival, NSC Groupe
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, magasin industriel, entrepôt industriel, bâtiment administratif d'entreprise, bureau, fonderie, cour
Dénominations moulin à farine, moulin à foulon, filature, usine de construction mécanique, fonderie
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Hydrographies Lauch (dérivation de la)
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 166, 170, 197 rue de la République , 5, 5A rue Jean-Baptiste-Weckerlin , 3 rue du 17-Novembre
Cadastre : 2018 15 80, 82, 139, 141, 142, 145, 146, 148, 152, 162, 168, 171 à 174, 191, 200, 201, 208 à 221, 237, 238 ; 2018 28 50

En 1810, Nicolas Schlumberger acquiert l’ancien moulin dit Bleichenmühle et y installe une filature et un atelier de construction mécanique. En 1819, l’établissement est augmenté d’une seconde filature conçue par l’architecte I.G. Schmalzer et réalisée par l’entrepreneur I. Feuerstein. Entre 1817 et 1820, les ateliers mécaniques sont équipés d’une fonderie, d’une forge, de sections mécaniques puis sont étendus à plusieurs reprises au cours du second quart du 19e siècle.

En 1859-1860, la filature Nicolas Schlumberger et Compagnie est intégralement modernisée. On édifie un atelier à sheds qui nécessite la démolition de l’ancien moulin. Une villa environnée d’un parc (étudiée, IA68009524) et des bureaux centraux (O) sont édifiés au sud de l’usine. En 1872, les bureaux de direction qui commandent l’entrée principale de l’usine (disparus) sont construits au sud du site. Les ateliers mécaniques sont considérablement étendus par la construction, au nord de l’usine, de nouveaux espaces de travail (I) et d’un magasin à fer (J) pour la forge. En 1891, l’entreprise se dote d’un nouveau bâtiment à étages, en brique, servant de magasin et d’unité de vérification (disparu).

A partir de 1896 et jusqu’à la Première Guerre mondiale, s’ouvre une nouvelle période d’extension importante du site. En 1896, sont ainsi construits le magasin des modèles (F) et une nouvelle fonderie (G). En 1902, un atelier d’emballage voit le jour (disparu) suivi d’une extension des ateliers vers le nord (I) et, en 1907, d’un nouvel atelier d’ébauchage (C), lequel est prolongé en 1911 par l’édification, à l’ouest, d’un bâtiment à deux étages (D). Enfin, en 1913, une nouvelle unité d’emballage et d’expédition voit le jour au nord-ouest du site (L) d’après les plans des architectes Virgile et Adolphe Sautier.

La Première Guerre mondiale affecte durement l’usine. Les ateliers de la division filature sont réduits en cendres. En 1919, les activités machines textiles, produits filés et fil à coudre sont dissociées. Le 23 décembre 1919 est constituée la société par actions nommée Nouvelle Société de Construction ci-devant Nicolas Schlumberger et Cie (NOSOCO) qui poursuit la construction de machines textiles dans les locaux situés sur la partie ouest du site. Les ateliers de montage, dispersés avant-guerre en différentes parties de l’usine, sont regroupés dans un nouveau bâtiment édifié en 1920 et appelé Le Louvre (étudié, IA68009506). En 1926, un nouvel entrepôt pour la menuiserie (N) est construit sur les plans de l’entreprise A. Sautier au nord-ouest de l’usine. Une vaste fonderie moderne voit également le jour en 1927 (étudiée, IA68009505).

Après la Deuxième Guerre mondiale, l’usine de construction mécanique est modernisée. Les ateliers sont profondément réaménagés par la création de nouveaux ateliers à sheds (H) entre 1947 et 1949. En 1960, un nouvel atelier (B) est conçu par l’architecte Jean Finiels par le couvrement d’une cour. En 1962, l’usine de construction mécanique se dote de nouveaux bureaux de direction (K) dont les plans sont dus à l’architecte lyonnais Jean Blezat. En 1964, les ateliers sont à nouveau agrandis par la construction d’un nouveau bâtiment à sheds (E) et, en 1968, les bureaux de direction (K) sont augmentés de quatre travées. En 1972, l’usine est dotée d’une chaufferie moderne, implantée à l’est des ateliers de mécanique. Les derniers travaux d’importance sur le site consistent à établir, en 1988, une extension (M) au magasin industriel (L) implanté au nord-ouest du site (architectes Jean Finiels (1927-2002) et Georges Thiriet) en lieu et place d’un ancien atelier d’entretien et à démolir un certain nombre de bâtiments vétustes.

L’activité de filature de l’ancienne société Nicolas Schlumberger et Cie est poursuivie, après la Première Guerre mondiale, par une nouvelle compagnie dénommée Union Textile qui reconstruit les bâtiments productifs totalement sinistrés sur la partie est du site. Elle fait édifier par l’entrepreneur Jean-Baptiste Matter de Colmar (Haut-Rhin), une grande filature à étage en béton armé achevée en 1922 ainsi qu’un nouveau bâtiment pour les batteurs, de nouveaux magasins et un hangar à bois. En 1969, l’Union Textile fusionne avec les établissements F. et Th. Frey de Guebwiller au sein d’une nouvelle entité qui prend le nom de Filatures du Florival. Celle-ci dépose le bilan en 1986. L'activité est reprise par la société des Filés du Florival jusqu'en 1991. Les bâtiments sont alors rachetés par la Ville de Guebwiller et démolis en 1997.

Période(s) Principale : 19e siècle , daté par source
Principale : 1ère moitié 20e siècle , daté par source
Secondaire : 2e moitié 20e siècle , daté par source
Dates 1819, daté par source
1859, daté par source
1872, daté par source
1891, daté par source
1896, daté par source, porte la date
1902, daté par source
1907, daté par source, porte la date
1911, daté par source, porte la date
1913, daté par source
1920, daté par source, porte la date
1922, daté par source
1926, daté par source
1927, daté par source
1947, daté par source
1949, daté par source
1960, daté par source
1962, daté par source
1964, daté par source
1968, daté par source
1972, daté par source
1988, daté par source
Auteur(s) Auteur : Schmalzer I. G.,
I. G. Schmalzer

Architecte actif à Guebwiller (Haut-Rhin) dans le premier quart du 19e siècle.


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Auteur : Feuerstein I.,
I. Feuerstein

Entrepreneur actif à Guebwiller (Haut-Rhin) dans le premier quart du 19e siècle.


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Auteur : Sautier V. et A. (architecte)
Auteur : Matter Jean-Baptiste,
Jean-Baptiste Matter

Entrepreneur établi à Colmar (Haut-Rhin) et actif dans la première moitié du 20e siècle.


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Auteur : Blezat Jean,
Jean Blezat

Architecte établi à Lyon et actif dans la seconde moitié du 20e siècle.


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Auteur : Finiels Jean,
Jean Finiels (1927 - 2002)

Architecte établi à Guebwiller (Haut-Rhin) et actif dans la seconde moitié du 20e siècle.


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Auteur : Thiriet Georges,
Georges Thiriet

Architecte établi à Guebwiller (Haut-Rhin), associé un temps à Jean Finiels et actif dans la seconde moitié du 20e siècle.


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Auteur : Muller Christophe,
Christophe Muller

Architecte établi à Guebwiller (Haut-Rhin) et actif dans la seconde moitié du 20e siècle.


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Auteur : Schlumberger Nicolas,
Nicolas Schlumberger (1782 - 1867)

Industriel à Guebwiller (Haut-Rhin), où il fonde une filature et une usine de construction mécanique en 1810, en association avec son beau-père Jean-Henri Bourcart (1753-1820).


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Auteur : Bourcart Jean-Henri,
Jean-Henri Bourcart (1753 - 1820)

Industriel à Wesserling (Haut-Rhin), puis à Guebwiller (Haut-Rhin), où il fonde une filature et une usine de construction mécanique en 1810, en association avec son gendre, Nicolas Schlumberger (1782-1867).


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Le cœur de l’usine est constitué d’une succession d’ateliers de fabrication et de magasins accolés les uns aux autres, au nord et au sud de l’ancien bloc usinier (A) de plan rectangulaire allongé. Édifié en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès, celui-ci comporte trois étages carrés sous un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques.

Les ateliers qui l'encadrent sont soit des bâtiments à sheds en rez-de-chaussée (B, E, H) et couverts de tuiles mécaniques ou de zinc, soit des constructions (C, D, F) à un ou deux étages carrés (C, D, F), édifiées en moellons de grès rose et couvertes de toits à longs pans avec tuiles mécaniques, à l'exception de l’ancienne fonderie (G) à l’extrémité méridionale de l’usine, d'un atelier (I) et de la forge (J) à son extrémité nord, qui se déploient en rez-de-chaussée.

Le bâtiment de direction (K), de plan rectangulaire, comporte cinq étages carrés sous un toit en terrasse édifiés en béton armé et maçonnerie enduite. Le grand magasin industriel (L), implanté au nord-ouest de l’emprise usinière, comporte deux vaisseaux accolés coiffés de longs pans avec tôles nervurées en couverture. Bâti en pan de fer et remplissage de briques apparentes sur un soubassement en moellons de grès, il est prolongé, au sud-est, par une extension moderne (M) en charpente métallique, remplissage en maçonnerie enduite et bardage en tôles nervurées.

Au sud du magasin industriel, se dresse un entrepôt industriel (N) de plan rectangulaire, construit en béton armé et coiffé d’un toit à longs pans avec lanterneau et tuiles mécaniques. Les bureaux centraux (O) sont implantés au sud de l’usine. Composé originellement d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée surélevé et d’un étage carré, le bâtiment a fait l’objet d’un rehaussement récent avec un étage supplémentaire couvert d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Il est construit en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès rose.

Murs grès maçonnerie enduit
béton
brique pan de fer
essentage de tôle
Toit tuile mécanique, zinc en couverture, tôle nervurée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, 5 étages carrés, 2 vaisseaux
Couvertures terrasse shed
toit à longs pans lanterneau
croupe
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété d'une société privée

Références documentaires

Bibliographie
  • SCHWEITZER, Julien. Nicolas Schlumberger et Cie. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 55-66.

  • SCHWEITZER, Julien. Union Textile à Guebwiller. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 81.

  • SCHWEITZER, Julien. Filatures du Florival. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 82-83.

  • BRUGGEMANN, H. Les développements de l'industrie textile et la maison N. SCHLUMBERGER & Cie à Guebwiller en Alsace. 1914.

    Collection particulière : H41
  • ENGELBACH, F. Historique de la société N. Schlumberger & Cie des origines à nos jours. 1983.

  • Historique de la maison N. Schlumberger & Cie, 1808-1911. 1911.

Périodiques
  • FREY, Michel. Les raisons du succès d'une entreprise de construction de machines textiles alsacienne. Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, 1990, 816, p. 59-63.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme