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Moulin dit Obermühl et scierie, puis tissage Ziegler et Cie, puis tissage Astruc, puis Marin-Astruc, puis usine de matières plastiques Stratal, puis Planet Watthom, puis usine de menuiserie Bordmann

Dossier IA68009554 réalisé en 2015

Fiche

  • Vue aérienne de l'usine, depuis l'est.
    Vue aérienne de l'usine, depuis l'est.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • cour
    • bâtiment d'eau
    • séchoir
    • hangar industriel
    • entrepôt industriel
    • salle des machines
    • bief de dérivation

Á rapprocher de

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2015 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi. Pour l'identification des bâtiments, se reporter ainsi au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20196801009NUDA).

HISTORIQUE

Réaffectation d'un site protoindustriel

Vers 1835, les Ets Ziegler et Cie installent un tissage mécanique en contrebas d’un ancien moulin à farine connu sous le nom d’Obermühl dont ils ont fait l’acquisition. En 1822, cet établissement de mouture équipé de deux roues hydrauliques est exploité par Jean Peter. Il pourrait s’agir d’un très ancien moulin fondé en 1459 et ayant appartenu au chapitre de Murbach jusqu’à la Révolution.

En décembre 1853, Adolphe Astruc qui a succédé aux Ets Ziegler et Cie à la tête du tissage mécanique fait l’acquisition de la scierie située immédiatement en amont et décide d’utiliser la chute de celle-ci au profit du tissage. La date de création de cette scierie pourrait remonter à 1662.

Implantation originelle

Le moulin à farine dénommé Obermühl acquis par Ets Ziegler et Cie et la scierie mitoyenne, sont établis à la périphérie nord-ouest du village de Lautenbach-Zell, en bordure d’un regroupement de quelques maisons avec dépendances et jardins. Implantés sur la rive droite de la Lauch, les deux établissements sont mis en mouvement par les eaux dérivées de la rivière au moyen d’un canal d’amenée appelé canal du moulin. L’ensemble des terrains situés à l’ouest et à l’est des deux établissements sont constitués de prés de pâture et de fauche qui bordent les deux rives de la Lauch. Au sud, à l’arrière des maisons d’habitation et de leurs dépendances, s’étendent des terres agricoles plantées d’arbres et bordées de forêt.

Le moulin et la scierie sont desservis au nord par un chemin qui franchit la Lauch au moyen d’un pont et, au sud, par deux chemins d’accès qui débouchent sur la rue qui dessert le quartier d’habitation depuis le centre du village de Lautenbach-Zell.

Développement du site

Vers 1835, les Ets Ziegler et Cie font bâtir un bâtiment de plan rectangulaire à un étage carré (A) pour y installer un tissage mécanique en contrebas du moulin à farine dit Obermühl. En 1849, les Ets Ziegler et Cie font faillite. Suite à une adjudication, le site est acquis par Adolphe Astruc qui prend également les commandes d’une seconde usine textile établie à Buhl (étudiée, IA6800808). A partir de 1855, sont menés d’importants travaux d’infrastructures hydrauliques suite à la réunion de la chute du tissage et de la scierie mitoyenne. Ces travaux donnent lieu à la construction du bâtiment d’eau (C) et à la modification du tracé du canal d’amenée, au droit du tissage. En 1877, l’entreprise dirigée depuis le décès d’Adolphe Astruc en 1869 par son gendre Paul Marin, est transformée en société en commandite par actions P. Marin-Astruc et Cie. En 1901, l’usine emploie 100 salariés. En 1905, elle passe aux mains de la Société Anonyme d’Industrie Cotonnière (SAIC).

La Première Guerre mondiale affecte fortement le site alors équipé de 250 métiers à tisser qui est totalement ruiné. La reconstruction est menée dès l’armistice et c’est vraisemblablement à cette occasion qu’est édifié l’atelier à sheds (D) qui flanque le tissage initial, à l’ouest. L’usine Marin-Astruc cesse définitivement ses activités en 1958. Elle occupe alors 120 ouvriers. Vers 1960, les locaux sont repris par la Société des Stratifiés et des Plastiques d’Alsace (STRATAL) qui transforme des fibres plastiques stratifiées. Celle-ci est reprise en 1969 par la société Planet Watthom qui travaille également dans le domaine du plastique. Un atelier à trois grandes travées en charpente métallique (F) est alors édifié à l’ouest des bâtiments existants.

En 1983, la famille Bordmann qui dirige une scierie à proximité (étudiée, IA68009551) acquiert les locaux et y fonde une fabrique de caisses en bois. A la charnière des années 1980 et 1990, elle procède à la construction de nouveaux ateliers en charpente bois (G) dans le prolongement ouest des locaux existants, de hangars de stockage de 120 m de long en périphérie de l’usine (J) puis de deux séchoirs (H et I). Au début des années 1990, la caisserie emploie une trentaine de personnes. L’activité est définitivement arrêtée sur le site en décembre 2010 avec le licenciement des 15 derniers salariés de l’entreprise. Au moment de l'enquête, les locaux sont vacants et font l’objet d’un projet de reprise notamment pour la remise en fonction de la centrale hydroélectrique.

Sources d’énergie

En 1844, les Ets Ziegler et Cie sollicitent l’autorisation de maintenir en place dans leur tissage mécanique une machine à vapeur de 35 CV et une chaudière, autorisation qu’ils obtiennent par arrêté préfectoral du 31 janvier 1845. Celle-ci sert de moteur auxiliaire à la roue hydraulique qui déploie une force de 16 CV et met en mouvement les métiers à tisser. En 1854, Adolphe Astruc fait l’acquisition de la scierie située immédiatement en amont et décide d’utiliser la chute de celle-ci au profit du tissage, la portant ainsi de 4,985 m à 10,50 m. La réunion des deux chutes est autorisée par arrêté préfectoral du 5 juillet 1855. Il remplace également la roue hydraulique par une turbine. En 1861, la chaudière de la machine à vapeur est doublée d’une seconde chaudière autorisée par arrêté préfectoral en date du 23 décembre 1861. Dans la première moitié du XXe siècle, l’usine est équipée de deux turbines Francis qui sont toujours en place au moment de l'enquête.

DESCRIPTION

L’usine se déploie d’est en ouest avec une succession d’ateliers de fabrication édifiés au fur et à mesure de ses différentes occupations. Ces espaces de travail sont bordés à l’ouest, au nord et à l’est par une cour d’usine et au sud par une conduite forcée souterraine terminée par un bâtiment d’eau (C) abritant la chute d’eau et les turbines.

L’atelier de fabrication initial (A), édifié par les Ets Ziegler et Cie à l’est du site, se présente sous la forme d’une usine-bloc vraisemblablement amputée de quatre travées au nord. De plan rectangulaire, il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans et croupes couvert de tuiles mécaniques. Édifié en maçonnerie enduite, il comprend aujourd’hui dix travées percées de baies rectangulaires avec encadrements en grès. Le bâtiment est prolongé au nord par deux travées de sheds. L’élévation orientale est flanquée d’un escalier en béton armé correspondant à un ajout au cours de la première moitié du XXe siècle. Le soutènement intérieur au rez-de-chaussée est assuré par trois rangées de poteaux circulaires en fonte.

Cet atelier de fabrication est flanqué au sud de la salle des machines (B) en rez-de-chaussée et de plan rectangulaire. Construite en maçonnerie enduite, elle est couverte d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. Sur l’élévation antérieure, le pignon est percé d’une baie semi-circulaire avec encadrement en grès. Au sol subsistent les massifs d’ancrage de la machine à vapeur.

L’atelier de fabrication initial (A) est prolongé à l’ouest par six travées de sheds (D) en rez-de-chaussée, orientées est-ouest, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Bâti en moellons de grès enduit, ce bâtiment présente une élévation nord percée de cinq grandes baies rectangulaires encadrées de pierre artificielle et décorée d’une frise à denticules en brique. Les pignons sont ajourés d’oculi cernés de pierre artificielle. Les supports intérieurs sont constitués de deux rangées de six poteaux circulaires en fonte qui soutiennent des sous-poutres en profilé métallique. L’ensemble est renforcé par des tirants métalliques transversaux.

A l’ouest de cet atelier à sheds se succèdent trois bâtiments correspondant à autant d'étapes de construction. Le premier (E) est de plan rectangulaire, en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Il est construit en charpente en bois apparente, en maçonnerie enduite au nord et avec essentage de tôles nervurées au sud. Le second bâtiment (F) est un atelier de fabrication à trois travées de longs pans accolées couvertes en tôles nervurées. Se déployant en rez-de-chaussée, elles sont édifiées en pan de fer et maçonnerie enduite et présentent une charpente métallique apparente. La travée la plus à l’est, de plus grand développement, est ajourée en partie haute de baies filantes. Les deux autres travées sont pourvues de jours centraux en toiture. Le dernier bâtiment (G) se compose de trois travées accolées en rez-de-chaussée et d’inégal développement. Édifiées en charpente et panneaux en bois, elles sont couvertes de toits à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante.

Deux séchoirs à bois ferment le site, à l’ouest. Le premier (H), en rez-de-chaussée et de plan rectangulaire, est construit en pan de fer, parpaings de béton et essentage de tôles nervurées sous un toit à longs pans couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Le second (I), également en rez-de-chaussée, est bardé de tôles nervurées sous un toit en terrasse.

La cour d’usine est bordée à l’ouest et au nord par des hangars (J) édifiés en charpente bois et essentage de planches et couverts d’un toit en appentis et tôles ondulées en ciment amiante. A l’extrême est de l’emprise usinière se dresse un entrepôt industriel (K) en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire et formé de deux travées de longs pans accolées couvertes de tuiles mécaniques. Il est bâti en pan de bois et essentage de planches.

Au sud-est de l’usine, le bâtiment d’eau (C) est placé au débouché de la conduite forcée souterraine qui longe le site au sud. De plan rectangulaire, il est coiffé d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Bâti en maçonnerie enduite, il se déploie de plain-pied dans sa partie occidentale, là où se trouvent l’arrivée de la conduite d’amenée d’eau, des bassins de retenue d’eau maçonnés et l’orifice de la conduite qui alimente les turbines. La partie orientale de l’édifice, en contrebas, est occupée par la chambre d’eau de très grande hauteur en gros blocs de grès assisés qui abrite la chute d’eau et deux turbines Francis (étudiées, IM68012604). L’élévation occidentale est percée d’une grande baie semi-circulaire qui coiffe l’arrivée de la conduite forcée. L’élévation orientale est ajourée d’une baie en plein cintre bordée de part et d’autre d’une baie rectangulaire avec encadrements en grès.

Appellations Obermühl, Ziegler et Cie , Marin-Astruc, Stratal, Planet Watthom , Bordmann
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, cour, bâtiment d'eau, séchoir, hangar industriel, entrepôt industriel, salle des machines, bief de dérivation
Dénominations moulin, scierie, tissage, usine de matières plastiques, usine de menuiserie
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Hydrographies Lauch (dérivation de la)
Adresse Commune : Lautenbachzell
Lieu-dit : Muhlmatt
Adresse : 1 rue de la Scierie
Cadastre : 2018 07 32

Vers 1835, les Ets Ziegler et Cie font bâtir un tissage mécanique en contrebas du moulin à farine dit Obermühl dont ils ont fait l'acquisition. A partir de 1855, sont menés d’importants travaux d’infrastructures hydrauliques sous la conduite d'Adolphe Astruc avec la construction du bâtiment d’eau. En 1905, l'usine passe aux mains de la Société Anonyme d’Industrie Cotonnière (SAIC).

La Première Guerre mondiale affecte fortement le site. La reconstruction est menée dès l’armistice et voit vraisemblablement l'édification de l’atelier à sheds. L’usine Marin-Astruc cesse définitivement ses activités en 1958. Vers 1960, les locaux sont repris par la Société des Stratifiés et des Plastiques d’Alsace (STRATAL) qui transforme des fibres plastiques stratifiées. Celle-ci est reprise en 1969 par la société Planet Watthom. Un atelier à trois grandes travées en charpente métallique est alors édifié à l’ouest des bâtiments existants.

En 1983, la famille Bordmann y fonde une fabrique de caisses en bois. A la charnière des années 1980 et 1990, elle procède à la construction de nouveaux ateliers en charpente bois, de hangars de stockage puis de deux séchoirs. L’activité est définitivement arrêtée sur le site en décembre 2010.

Période(s) Principale : milieu 19e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 2e moitié 20e siècle , daté par source
Dates 1855, daté par source
Auteur(s) Auteur : Astruc Adolphe,
Adolphe Astruc

Industriel du textile établi à Buhl (Haut-Rhin) et actif au courant du 19e siècle.


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auteur commanditaire, attribution par source

L’usine se déploie d’est en ouest avec une succession d’ateliers de fabrication. Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20196801009NUDA).

L’atelier de fabrication initial (A), édifié en maçonnerie enduite et de plan rectangulaire, comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans et croupes couvert de tuiles mécaniques. Il est prolongé à l’ouest par six travées de sheds (D) en rez-de-chaussée, bâties en moellons de grès enduits, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. A l’ouest, se succèdent trois bâtiments en rez-de-chaussée. Le premier (E), construit en charpente bois apparente, maçonnerie enduite et essentage de tôles nervurées, est coiffé d’un toit à longs pans couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Le second (F), édifié en pan de fer et maçonnerie enduite, comporte trois travées de longs pans accolées couvertes en tôles nervurées. Le dernier (G) est construit en charpente et panneaux en bois et couvert de toits à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante.

La salle des machines (B), en rez-de-chaussée, est construite en maçonnerie enduite et couverte d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. Le bâtiment d’eau (C), de plan rectangulaire, est coiffé d’un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Bâti en maçonnerie enduite, il abrite deux turbines Francis (étudiées, IM68012604).

La cour d’usine est bordée de hangars (J) édifiés en charpente bois et essentage de planches et couverts d’un toit en appentis et tôles ondulées en ciment amiante. A l’extrême est de l’emprise usinière se dresse un entrepôt industriel (K) en rez-de-chaussée, de plan rectangulaire et formé de deux travées de longs pans accolées couvertes de tuiles mécaniques. Il est bâti en pan-de-bois et essentage de planches.

Murs grès maçonnerie enduit
pan de bois essentage de planches
pan de fer essentage de tôle
Toit tuile mécanique, verre en couverture, ciment amiante en couverture, tôle nervurée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans croupe
shed
appentis massé
Énergies énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
Statut de la propriété propriété d'une société privée

Références documentaires

Bibliographie
  • KUSTER, René. Le tissage Astruc de Lautenbach-Zell. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 128-129.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur à l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel-Région Grand Est (site de Strasbourg).


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