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Parc de la maison d'industriel dite Villa du Bois Fleuri

Dossier IA68001414 réalisé en 2008

Fiche

La reprise de ce dossier constitué en 2008 lors d'une enquête sur les jardins d'Alsace, intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation.

La synthèse descriptive ci-dessous complète la présentation du parc.

Description

Le parc paysager du Bois Fleuri se développe sur la parcelle d'origine d'une contenance de 230 ares environ. Il est clos d’un mur d’enceinte sur trois de ses côtés (le long des rues de l’Ermite, de la République et du Bois-Fleuri). Ce mur d’enceinte, exécuté en moellons de grès à bossage rustique, percé de meurtrières, de jours en forme de losanges et ponctué de pignons à redents et de frontons triangulaires, confère à l’ensemble un aspect castral. Le domaine est accessible par un portail principal dans l’angle nord-est de la parcelle et par un second portail percé dans le mur d'enceinte longeant la rue de la République. Ce dernier a conservé certaines de ses dispositions d’origine notamment les deux piliers en grès à refend encadrés de portes piétonnes dont l’une est factice. La topographie du parc, aménagé en partie à flanc de colline, est accidentée. Une allée principale carrossable permet d'accéder au château en décrivant une courbe entre la terrasse artificielle et la pièce d'eau. Une allée secondaire, menant à une porte d’accès aujourd’hui condamnée au nord-ouest du parc rejoint l’allée principale. Un autre accès, qui emprunte des escaliers, permet de rejoindre à pied la villa par sa façade orientale.

Ce parc paysager était par le passé agrémenté de nombreuses fabriques, scènes et espace de jeux qui ont disparu. Les deux tiers de son emprise sont traités en prairie arborée, le reste étant laissé en terrain naturel (forêt sur rochers). L'eau occupe une place importante dans le dessin du parc, notamment dans sa partie d'agrément. Une pièce d'eau principale, maçonnée en rocaille et ciment, fermée par une petite barrière blanche, et agrémentée d'une île, offre une scène pittoresque au cœur du parc. Elle est alimentée par un canal artificiel. L'île est plantée d'un massif de rhododendrons et d'un magnolia de belle taille. Du fait du manque d'entretien depuis 2006, cette pièce d’eau fait l’objet d’un envasement important et d’un effondrement partiel de ses berges. Un inventaire, dressé en 2008 par le Jardin botanique de Strasbourg, révèle la richesse de cet ensemble paysager, typique du goût de l'époque. On y trouve des houx pour le traitement des lisières et le marquage des allées, des sujets isolés et en bouquet dans la prairie : cèdre bleu de l'Atlas, érables, saule, tulipier de Virginie, thuya de Chine, et un séquoia. Un abri militaire allemand de la Première Guerre mondiale est également présent dans le parc, au pied de la colline, au nord-ouest de la villa. Il porte une inscription en relief : LPPK8 / 14 # 17.

La terrasse artificielle est un élément marquant de l'organisation de la propriété. Elle met en scène la villa en ménageant une transition entre le parc et les accès au logis. Elle pourrait avoir été élargie au moment de la recomposition de la villa, après l'incendie de 1891. Maçonnée en moellons de grès, elle s'adapte à la pente et disparaît dans la topographie naturelle au nord-ouest. Elle est délimitée par un muret chaperonné et ajouré. Certains arbustes ont été plantés à son pied pour garantir une meilleure intégration dans la composition paysagère.

Une cave est creusée sous la terrasse artificielle. Elle se présente sous la forme de deux pièces voûtées en berceau se succédant selon un axe nord-est/sud-ouest. Celle du fond, vraisemblablement contemporaine de la villa originelle, est fermée par un mur maçonné percé d'une porte dont le cadre en plein cintre est constitué de claveaux de grès rose. La seconde, à l’avant et plus récente, présente une élévation maçonnée, dont la large porte est bordée de deux baies avec encadrement en grès mouluré.

Genre d'industriel
Appellations Bois Fleuri
Parties constituantes non étudiées étang, portail, serre, cellier, blockhaus
Dénominations parc
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 251 rue de la République
Cadastre : 1826 F 395 à 400 ; 2000 27 130

En 1859, Charles Bourcart acquiert des terres aux lieux-dits Scheiling et Schimmelrain et se fait construire, en 1861, un château et une loge de portier. Ce domaine surnommé Bois Fleuri est doté d'une serre, d'une remise et d'une écurie en 1869. En 1891, Charles Bourcart procède à un agrandissement du château : il change la toiture et agrandit une tour en hauteur. Le style change lui aussi : les façades sont décorées de pignons à redents et la tour de faux-mâchicoulis. L'artifice "guerrier" donné à la bâtisse est sans doute la démonstration d'une condition nobilière. Charles Bourcart se passionne pour son domaine et réalise un ouvrage de peintures et de dessins reprenant trente ans d'histoire du Bois Fleuri de 1865 à 1897. Plusieurs allées serpentaient alors le jardin permettant l'accès par plusieurs côtés. Le parc est, dès 1865, de style paysager. Les années avançant, les goûts du propriétaire changent et les compositions florales deviennent plus présentes sur le site notamment grâce à la mode de la mosaïculture. A la fin du 19e siècle, un jardin d'hiver est aménagé dans le château. Daniel et France Bourcart rachètent la propriété à la mort de Charles Bourcart et habitent la maison jusqu'en 1935. Le Bois Fleuri est ensuite vendu aux Grossman qui installent une école privée. Sur des vues de l'époque, on observe un bâtiment dans l'axe d'entrée du parc, aujourd’hui disparu, qui pourrait être une buanderie. Au 20e siècle, l'allée centrale est goudronnée. Abandonné après la Seconde Guerre mondiale, le domaine est acquis par la société NSC Schlumberger qui aménage sa cantine dans un bâtiment annexe. Vendu à la société Immobilière d'Alsace en 2007, le site fait l'objet d'un projet de lotissement.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Dates 1861, daté par travaux historiques
1891, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Bourcart Charles,
Charles Bourcart (1828 - 1909)

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin).


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commanditaire, attribution par source
Personnalité : Bourcart Daniel, habitant célèbre, attribution par source

Le Bois Fleuri est un parc paysager qui, malgré le manque d'entretien, a conservé de beaux vestiges de son originalité. Le parc est entouré par des rues au sud, au nord et à l'est ; sur le côté ouest, il est inclus dans un ancien bois, aujourd’hui en partie loti. Le terrain possède un peu de relief : une prairie a été formée en contrebas de deux collines à l'ouest et au sud. L'entrée principale, au sud, débouche sur une allée conduisant en ligne droite vers le nord. Le logement du gardien se trouve à proximité du portail, côté est. Côté ouest, la demeure s'élève en surplomb de l'entrée et du parc ; l'accès se fait par un petit chemin donnant sur la terrasse côté parc. L'allée principale mène à la prairie centrale autour de laquelle sont disposés des arbres indigènes et exotiques. Un étang en rocaille et ciment se trouve au centre de la composition : un massif de rhododendrons, planté sur une avancée de terre, forme une presqu’île. Il est accompagné d'un magnolia de belle taille. Une petite barrière en bois a été ajoutée dans la deuxième moitié du 20e siècle, sans doute à l'époque de l'entreprise Schlumberger. L'étang était autrefois alimenté par un petit cours d'eau passant en contrebas du château, maintenant asséché. Le parc s'étend ensuite plus au nord, se terminant par un bois sur le flanc d'une colline. En remontant au château, on aperçoit derrière les arbres un ancien abri militaire datant de la Première Guerre mondiale pendant laquelle la ligne de front se fixa à Guebwiller. Toute l'allée menant au bâtiment est ornée de collections de houx. Un chemin bétonné permet de contourner l'ensemble du château et de son annexe : de ce chemin, on peut contempler de près le jardin d'hiver. Les espèces présentes dans ce parc sont nombreuses : un cèdre bleu de l'Atlas (Cedrus atlantica Glauca), des érables planes (Acer platanoïdes), un tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), un thuya de Chine (Platycladus orientalis) ou encore un séquoia géant (Sequoiadendron giganteum).

Plans jardin irrégulier
Élévations extérieures jardin de niveau
Jardins arbre isolé, pelouse, bosquet
Typologies parc paysager

Fermé au public

Statut de la propriété propriété d'une société privée
(c) Inventaire général - Beaudéan Colette - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme