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Scierie, puis scierie Bordmann, puis Scierie du Florival

Dossier IA68009551 réalisé en 2015

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2015 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm complétée des photographies de Frank Schwarz réalisées au cours de l'enquête de terrain.

HISTORIQUE

Implantation originelle

La scierie est établie sur la rive gauche de la Lauch, à distance de toute habitation, entre les villages de Lautenbach-Zell et de Lautenbach. L’établissement est implanté en bordure du chemin vicinal tracé parallèlement au cours de la Lauch et qui mène de Lautenbach à Linthal. Il jouxte, au sud, une bande de prés de fauche et de pâture qui occupent la rive gauche de la Lauch. Au nord, de l’autre côté du chemin vicinal, la pente est très abrupte et se partage entre zones rocheuses et parcelles de vignes. La scierie est mise en mouvement par les eaux dérivées de la rivière au moyen d’un canal d’amenée.

Développement du site

La date de création de la scierie n’est pas établie avec certitude mais il pourrait s’agir d’un établissement fondé par le chapitre de Lautenbach. Son existence est attestée par un plan daté de 1822. En 1844, la scierie est exploitée par Georges Koenig. Par la suite, elle passe aux mains de la famille Bordmann qui la dirige durant plusieurs générations. En 1909, l’établissement est équipé d’une turbine hydraulique puis, en 1920, d’une machine à vapeur pour laquelle une chaufferie, une salle des machines et une cheminée en briques sont édifiées au nord-est de l’établissement. À la même époque, la maison d’habitation abritant également les bureaux et un atelier d’affûtage est construite le long de l’élévation sud de l’atelier de coupe.

En 1933, une partie des bâtiments est détruite par un incendie et reconstruite. Toujours exploitée par la famille Bordmann, la scierie prend le nom de Scierie du Florival. Elle a fait l’objet d’une liquidation judiciaire en date du 27 juillet 2014.

Sources d’énergie

Jusqu’en 1909, la scierie est mise en mouvement par une roue hydraulique. À cette date, elle est équipée d’une turbine hydraulique produite par les Ets Schneider et Jacquet de Strasbourg (Bas-Rhin) qui développe une puissance de 36 CV. Celle-ci est toujours en position au sous-sol de l’établissement. En 1920, on lui adjoint une machine à vapeur, aujourd’hui disparue, en fonction jusqu’en 1959. Par la suite, la scierie fonctionne à l’énergie électrique délivrée au moyen d’un transformateur aménagé au sein de l’ancienne salle des machines.

DESCRIPTION

La scierie se compose de l’atelier de fabrication flanqué au sud de la maison d’habitation et de l’atelier d’affûtage et au nord-est de l’ancienne centrale d’énergie, de deux hangars à l’est et à l’ouest du site et d’anciennes dépendances transformées en bureaux et garages au sud, en bordure de rivière.

L’atelier de fabrication, en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans avec charpente métallique apparente et couverture de tôles ondulées en ciment amiante, est édifié en maçonnerie enduite. Il comporte un sous-sol au sein duquel est aménagée une chambre d’eau qui abrite une turbine hydraulique de marque Schneider et Jacquet de Strasbourg (Bas-Rhin). Les pignons sont ajourés de grandes baies rectangulaires en espalier. La maison d’habitation, de plan rectangulaire, comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit en appentis. Les baies rectangulaires avec appuis saillants sont encadrées de pierre artificielle. L’atelier d’affûtage, bâti en maçonnerie enduite dans prolongement oriental de la maison, est en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Son élévation sud est ajourée de baies en arc segmentaire et appuis en briques.

La centrale d’énergie qui flanque l’angle nord-est de la scierie se compose d’une chaufferie, d’une salle des machines et d’une cheminée tronconique en briques, cerclée de métal et étêtée de huit mètres. La chaufferie et la salle des machines sont accolées et forment un corps de bâtiment unique, en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Édifié en maçonnerie enduite, ce dernier est percé, sur son élévation septentrionale, de baies en arc segmentaire encadrées de briques.

Le hangar implanté à l’est de la scierie est bâti en pan-de-bois et essentage de planches sauf pour le rez-de-chaussée de la partie occidentale, exécuté en maçonnerie enduite. Il comporte un étage de comble sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Le hangar implanté à l’ouest est bâti en pan-de-bois sous un toit à longs pans et tôles ondulées en ciment amiante. Les murs-pignons sont essentés de planches. Il est prolongé à l’est par un second hangar couvert d’un toit en appentis également couvert de tôles ondulées en ciment amiante. À l’ouest, il est flanqué d’un silo à sciure en pan-de-bois et essentage de planches sous un toit à deux pans et tuiles mécaniques.

Au sud, en bordure de rivière, les anciennes dépendances transformées en bureaux et garages sont de plan rectangulaire. Elles comportent un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Elles sont édifiées en maçonnerie enduite au rez-de-chaussée, en pan-de-bois et essentage de planches pour le niveau supérieur.

Appellations Bordmann, Scierie du Florival
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, cour, hangar industriel, salle des machines, logement, chaufferie, cheminée d'usine, silo, bief de dérivation
Dénominations scierie
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Hydrographies Lauch (dérivation de la)
Adresse Commune : Lautenbach
Lieu-dit : Schwefelwasser
Adresse : rue Principale
Cadastre : 2018 01 20, 28

La scierie, dont l’existence est attestée par un plan daté de 1822, occupe peut-être l’emplacement d’un établissement fondé par le chapitre de Lautenbach. En 1909, elle est équipée d’une turbine hydraulique puis, en 1920, d’une machine à vapeur pour laquelle une chaufferie, une salle des machines et une cheminée sont édifiées. À la même époque, la maison d’habitation abritant également les bureaux et un atelier d’affûtage sont construits le long de l’élévation sud de l’atelier de coupe.

En 1933, une partie des bâtiments est détruite par un incendie et reconstruite. La scierie est exploitée jusqu’en juillet 2014.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , daté par source , (?)
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par tradition orale
Dates 1909, daté par tradition orale
1920, daté par tradition orale
1933, daté par tradition orale

Le cœur du site est occupé par différents bâtiments accolés et élevés en maçonnerie enduite. L’atelier de fabrication, le plus conséquent, se déploie en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans et couverture de tôles ondulées en ciment amiante. Il comporte un sous-sol au sein duquel est aménagée une chambre d’eau qui abrite une turbine hydraulique de marque Schneider et Jacquet de Strasbourg (Bas-Rhin). La maison d’habitation, de plan rectangulaire, comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit en appentis. L’atelier d’affûtage est en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôles ondulées en ciment amiante. Enfin, la centrale d’énergie, en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôles ondulées en ciment amiante, se compose d’une chaufferie, d’une salle des machines et d’une cheminée tronconique en briques.

Les deux hangars industriels sont bâtis en pan-de-bois et essentage de planches. L’un dispose d’une couverture de tôles ondulées en ciment amiante, l’autre en tuiles mécaniques.

Les anciennes dépendances transformées en bureaux et garages sont de plan rectangulaire. Elles comportent un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Elles sont édifiées en maçonnerie enduite au rez-de-chaussée, en pan-de-bois et essentage de planches pour le niveau supérieur.

Murs maçonnerie enduit
pan de bois essentage de planches
Toit tuile mécanique, ciment amiante en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans
appentis massé
Énergies énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété d'une société privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme