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Tissage de coton Bourcart Fils et Cie, puis Filatures et Tissages Bourcart, puis usine de construction mécanique Nicolas Schlumberger et Compagnie, actuellement garage de réparation automobile, magasins de commerce et bureaux

Dossier IA68009510 réalisé en 2014

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2014 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm, complétée des vues prises au cours de l'enquête par Jérôme Raimbault, et la cartographie du site, par Abdessalem Rachedi.

Historique

Implantation originelle

Le tissage Bourcart est établi au nord-ouest de la ville de Guebwiller, au-delà des anciens remparts. Cet établissement est édifié sur des terrains constitués de prés de fauche et de vergers au sud d’un faubourg industriel qui s’articule autour du château d’Angreth dont la fonction était de veiller, à distance, sur la porte ouest de la ville de Guebwiller. Au nord du tissage se dressent ainsi les logements ouvriers de la cité Florival (étudiée, IA68009518) édifiés entre 1853 et 1865 par la famille Bourcart et par la Société des cités ouvrières de Guebwiller. Au-delà se déploie la vaste enceinte manufacturière des Ets « Nicolas Schlumberger et Compagnie » (étudiée, IA68009504). En amont, à l’ouest du chemin vicinal reliant Lautenbach à Guebwiller, s’étend le domaine du Bois Fleuri acquis en 1859 par Charles Bourcart qui y fait bâtir sa résidence (étudiée, IA68009523) à proximité de la filature exploitée par la famille Bourcart à compter de 1853 (étudiée, IA68009508).

Le terrain sur lequel est édifié le tissage Bourcart se situe dans le prolongement d’une longue voie composée de la rue dite Durrenbach et de la rue dite Hirschengasse. Pour permettre la desserte du nouvel établissement, celle-ci fait l’objet d’une prolongation au nord avec la construction d’un segment rectiligne qui relie la rue dite Hirschengasse au chemin vicinal conduisant de Guebwiller à Lautenbach au droit du château d’Angreth. Ce nouveau tronçon est baptisé rue Magenta.

Développement du site

En 1867, les Ets « Bourcart Fils et Cie » font construire un tissage à Guebwiller, le long d’une nouvelle voie qui prend le nom de rue Magenta (actuelle rue Théodore-Deck). Cette usine traite les filés produits par les deux filatures de coton que l’entreprise exploite à Guebwiller (étudiées, IA68009508). En 1892, le site est augmenté d’une nouvelle chaufferie qui vient flanquer la salle des machines au nord-ouest. Les combats de la Première Guerre mondiale occasionnent d’importants dégâts au tissage. Il est touché par un bombardement aérien le 21 juillet 1915 puis par des tirs d’artillerie le 8 janvier 1916 qui provoquent un incendie de grande ampleur. Seules huit travées de sheds sont maintenues, à l’ouest. Le reste de l’atelier de tissage est reconstruit en 1920 par l’architecte Adolphe Sautier (1870-1944) avec de nouvelles travées de sheds disposées perpendiculairement à celles existantes et surélevées d’environ 1,5 m. En 1924, A. Sautier signe les plans d’un magasin industriel en béton armé disposé au sud-est du site, dans le prolongement du logement du concierge, puis en 1926, ceux d’un hangar implanté au nord-ouest du tissage. L’usine cesse son activité textile au courant des années 1970 et le site est acquis par l’entreprise « Nicolas Schlumberger et Cie ». Celle-ci occupe les locaux jusque dans les années 1990 puis envisage la démolition complète du site en 2001. Le permis de démolir est toutefois refusé, l’architecte des Bâtiments de France invitant à une réaffectation de cet ensemble industriel. L’usine est alors partagée en lots où s’établissent des sociétés industrielles et de services. Au moment de l'enquête d'inventaire, en 2015, seule la partie originelle de l’atelier de fabrication, située à l’ouest, demeure sans affectation.

Sources d’énergie

Le tissage Bourcart est équipé, dès sa construction en 1867, d’une machine à vapeur. Dans les années 1970, le site est équipé d’une nouvelle chaufferie avec chaudières au fuel qui sont déposées en 2006.

Description

L’ancien tissage Bourcart se compose de l’atelier de fabrication aujourd’hui partitionné en différentes cellules (A), de la centrale d’énergie originelle (B), de la chaufferie édifiée en 1892 (C), de l’ancien logement du concierge (D) prolongé au sud-ouest par un magasin industriel (E), d’un hangar (F), d’un transformateur électrique (G) et de la chaufferie édifiée dans les années 1970 (H). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801019NUDA).

L’atelier de fabrication, en rez-de-chaussée, se compose de deux ensembles distincts : les huit travées de sheds originelles à l’ouest (A1) et la partie reconstruite après la Première Guerre mondiale à l’est (A2). La partie ancienne (A1), en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès, comporte huit travées orientées nord-ouest/sud-est, vitrées à l’est et couvertes de tuiles mécaniques. Elles sont soutenues par neuf rangées de poteaux circulaires en fonte. L’élévation sud est ajourée de grandes baies en plein cintre avec arc saillant en brique et jambages en grès. La partie reconstruite en maçonnerie enduite (A2) se compose de huit travées de sheds de très grand développement. Elles sont orientées nord-est/sud-ouest, vitrées au nord-ouest et couvertes de tuiles mécaniques. L’élévation antérieure est ajourée de baies en plein cintre avec arc saillant en brique enduite, jambages et appuis saillants en grès. Elle est couronnée d’un acrotère formant un léger ressaut en partie centrale et décoré d’une corniche et d’un bandeau en brique reliés par de petites jambes décoratives. Neuf oculi factices et cernés de brique complètent le dispositif ornemental. Dans l’angle nord-est de l’atelier de fabrication, une petite construction de plan rectangulaire forme un ressaut sur l’élévation antérieure et reprend les motifs décoratifs de l’acrotère (corniche et bandeau en brique reliés par de petites jambes décoratives).

L’atelier de fabrication est flanqué à l’ouest d’une petite construction en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôle ondulée. Sur l’élévation sud, trois petites constructions également en rez-de-chaussée et disposées en ligne font face au magasin industriel (E). L’une d’entre elles accueille le transformateur électrique.

La centrale d’énergie originelle (B), vraisemblablement conservée au moment de la reconstruction de 1920, se compose de deux corps de bâtiment accolés, de plan rectangulaire en maçonnerie enduite et couverts chacun d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. A l’est se situe la salle des machines dont l’élévation antérieure est percée de trois grandes baies en plein cintre avec arc saillant en brique, jambages et appuis en grès. Elle comporte un sous-sol et un rez-de-chaussée surélevé. A l’ouest, la chaufferie en maçonnerie enduite comporte un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble éclairé par une baie géminée en plein cintre. La seconde chaufferie (C), édifiée en 1892, prolonge la centrale d’énergie vers le nord-ouest. De plan rectangulaire et en rez-de-chaussée, elle est bâtie en maçonnerie enduite sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L’élévation antérieure, partiellement modifiée, conserve en partie périphérique deux grandes baies en plein cintre encadrées de grès avec arc saillant.

Le logement du concierge (D) délimite la cour d’usine, au sud-est. Il se compose de deux corps de bâtiment de plan rectangulaire, accolés et couverts chacun d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Le bâtiment à l’est comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage en surcroît. Élevé en maçonnerie enduite sur un soubassement en blocs de grès, il présente des élévations nord et sud ordonnancées à trois travées d’ouvertures et décorées d’un bandeau et de quatre corbeaux moulurés en grès. Les ouvertures rectangulaires sont encadrées de grès. Le pignon oriental est ajouré d’une baie en triplet à linteau mouluré. Le bâtiment à l’ouest, en maçonnerie enduite et comptant également un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage en surcroît, a visiblement été rehaussé.

Le magasin industriel (E), de plan rectangulaire, est implanté dans le prolongement du logement du concierge. Composé d’une structure porteuse apparente faite de poteaux et de poutres en béton armé avec remplissage en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit en terrasse. L’élévation antérieure, percée de sept grandes baies rectangulaires, est dominée par la cage hors-d’œuvre du monte-charge qui porte un panneau avec les initiales B.F.C. pour « Bourcart Fils et Cie » et le millésime de sa construction : 1924.

Au sud-ouest du magasin industriel se dressent un hangar en pan-de-bois et essentage de planches (F) et un transformateur électrique (G). De réalisation très soignée en brique sur un soubassement en grès, celui-ci présente des baies en plein cintre avec arc saillant et un toit en pavillon couvert d’ardoises et sommé d’un épi de faîtage.

Enfin, la chaufferie édifiée dans les années 1970 (H) est implantée dans l’angle sud-ouest de l’atelier de fabrication. De plan rectangulaire, elle se compose d’un rez-de-chaussée couvert d’un toit en terrasse et éclairé au sud par une grande baie rectangulaire avec châssis métallique et appui saillant en béton.

Précision dénomination tissage de coton
Appellations Bourcart Fils et Cie , Filatures et Tissages Bourcart , Nicolas Schlumberger et Compagnie
Destinations usine de construction mécanique, garage de réparation automobile, magasin de commerce, bureau
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, salle des machines, chaufferie, conciergerie, magasin industriel, hangar industriel, transformateur, cour
Dénominations tissage
Aire d'étude et canton Haut-Rhin - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 153-155 rue Théodore-Deck
Cadastre : 2018 27 267, 296, 300, 309 à 311, 314, 315, 317, 318, 320 à 326, 341, 346 à 353

En 1867, les Ets « Bourcart Fils et Cie » font construire un tissage à Guebwiller. Cette usine traite les filés produits par les deux filatures de coton que l’entreprise exploite à proximité (étudiées, IA68009508). En 1892, le site est augmenté d’une nouvelle chaufferie. Les combats de la Première Guerre mondiale occasionnent d’importants dégâts au tissage. Seules huit travées de sheds orientées nord-ouest/sud-est sont maintenues. Le reste de l’atelier de tissage est reconstruit en 1920 par l’architecte Adolphe Sautier (1870-1944). En 1924, ce dernier livre les plans d’un magasin industriel en béton armé, puis en 1926, ceux d’un hangar implanté au nord-ouest du tissage. L’usine cesse son activité textile au courant des années 1970 et le site est acquis par l’entreprise « Nicolas Schlumberger et Cie ». Celle-ci occupe les locaux jusque dans les années 1990. Au début des années 2000, l’usine est partagée en lots où s’établissent des sociétés industrielles et de services.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle, 1er quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1867, daté par source
1892, daté par source
1920, daté par source
1924, porte la date
1926, daté par source
Auteur(s) Auteur : Sautier Adolphe, architecte, attribution par source
Auteur : Bourcart Henri,
Henri Bourcart (1824 - 1902)

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin).


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Auteur : Bourcart Charles,
Charles Bourcart (1828 - 1909)

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin).


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Auteur : Bourcart Jean-Jacques,
Jean-Jacques Bourcart (1835 - 1912)

Industriel du textile à Guebwiller (Haut-Rhin).


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L’ancien tissage Bourcart se compose de l’atelier de fabrication partitionné en différentes cellules (A), de la centrale d’énergie originelle (B), de la chaufferie édifiée en 1892 (C), de l’ancien logement du concierge (D) prolongé au sud-ouest par un magasin industriel (E), d’un hangar (F), d’un transformateur électrique (G) et de la chaufferie édifiée dans les années 1970 (H). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20186801019NUDA).

L’atelier de fabrication, en rez-de-chaussée, se compose de deux ensembles distincts : les huit travées de sheds originelles à l’ouest (A1) et la partie reconstruite après la Première Guerre mondiale, à l’est (A2). La partie ancienne (A1), en maçonnerie enduite sur soubassement en blocs de grès, comporte huit travées orientées nord-ouest/sud-est, vitrées à l’est et couvertes de tuiles mécaniques. La partie reconstruite en maçonnerie enduite (A2) se compose de huit travées de sheds de très grand développement. Elles sont orientées nord-est/sud-ouest, vitrées au nord-ouest et couvertes de tuiles mécaniques. L’atelier de fabrication est flanqué à l’ouest d’une petite construction en rez-de-chaussée sous un toit en appentis couvert de tôle ondulée.

La centrale d’énergie originelle (B) se compose de deux corps de bâtiment accolés, de plan rectangulaire, en maçonnerie enduite et couverts chacun d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. L'un d'eux comporte un sous-sol et un rez-de-chaussée surélevé, l'autre un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble.

Le logement du concierge (D), avec un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage en surcroît, se compose de deux corps de bâtiment de plan rectangulaire, accolés et couverts chacun d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Ils sont édifiés en maçonnerie enduite.

Le magasin industriel (E), de plan rectangulaire, présente une ossature porteuse faite de poteaux et de poutres en béton armé avec remplissage en maçonnerie enduite. Il comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit en terrasse.

Au sud-ouest du magasin industriel, se dressent un hangar en pan-de-bois et essentage de planches (F) et un transformateur électrique (G) en briques sur un soubassement en grès. La chaufferie édifiée dans les années 1970 (H) se compose d’un rez-de-chaussée couvert d’un toit en terrasse.

Murs grès maçonnerie enduit
brique
béton
pan de bois essentage de planches
Toit tuile mécanique, verre en couverture, tôle ondulée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage en surcroît, étage de comble
Couvertures terrasse shed
toit à longs pans
appentis
Énergies énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété privée
Protections

Références documentaires

Bibliographie
  • SCHWEITZER, Julien. Filatures et Tissages Bourcart. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, p. 71-77.

  • Informations FTB. 1853 - 1953 Jean-Jacques Bourcart. Fondateur des FTB. Guebwiller, 1953.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Raimbault Jérôme
Jérôme Raimbault

Chercheur à l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel-Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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