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Tissage Jean-Jacques Ziegler, puis usine de passementerie Hildebrand & Stocker, puis filature Hildebrand & Stocker, puis F. Spinnler & Cie, puis usine de passementerie Baumann aîné & Cie, puis usine de produit textile non tissé Thermolite

Dossier IA68009565 réalisé en 2017

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2017 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi. Pour l'identification des bâtiments, se reporter ainsi au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20196801005NUDA).

HISTORIQUE

Implantation originelle

Le tissage Jean-Jacques Ziegler est édifié au sein de l’enclos de la commanderie d’hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (étudié, IA00111947), situé dans l’angle nord-ouest de la ville fortifiée de Soultz, à proximité immédiate de la porte de Guebwiller. Les ateliers sont construits dans le prolongement d’une ancienne dépendance qui commande l’entrée de l’enclos sur la Grande-Rue, actuelle rue Jean-Jaurès. Ils sont bordés, au nord et à l’ouest de vastes jardins qui se déploient au pied des fortifications.

Développement du site

En 1830, Jean-Jacques Ziegler (1770-1847), manufacturier à Guebwiller, fait édifier un tissage au sein de l’enclos de la commanderie d’hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui comporte un rez-de-chaussée et un étage occupés par les ateliers de tissage ainsi qu’un niveau de comble qui abrite le bobinage. Après son retrait des affaires en 1836, Jean-Jacques Ziegler poursuit l’exploitation de cet établissement et s’installe dans un bâtiment voisin appelé Vieux Château ou Maison Kageneck. Ce tissage échoit ensuite à son fils, Jacques Ulrich, qui a fondé une nouvelle usine textile à Buhl (étudiée, IA68000808) en collaboration avec Georges-Frédéric Schouller. Cet établissement est cédé en 1847 à Adolphe Astruc qui se porte également acquéreur du tissage de Soultz ainsi que des bâtiments et terrains qui en dépendent (maison de maître, bâtiments divers, jardins et prés).

En avril 1856, cet ensemble est vendu à Bernard Hildebrand, de Mulhouse, qui s’associe à Charles Stocker pour y aménager une fabrique de rubans exploitée sous la raison sociale Hildebrand & Stocker. La même année, un gazomètre est installé à l’est de l’établissement, pour permettre l’éclairage des ateliers. En 1858, une machine à vapeur est mise en fonction donnant lieu à la construction d’une chaufferie, d’une salle des machines et d’une cheminée d’usine (disparues) à l’emplacement du gazomètre. En 1860, les ateliers sont équipés d’un système de chauffage à la vapeur.

Cependant, en mars 1866, la faillite frauduleuse du comptoir d’escompte de Guebwiller entraîne la fermeture de l’établissement qui est acquis, l’année suivante, par la maison de Bary-Mérian de Guebwiller. Cette dernière récupère les métiers à tisser qui l’équipe et revend les bâtiments à David Bloch, lequel y aménage une filature équipée de 3 256 broches. Ses ateliers sont la proie d’un incendie en 1877. L’établissement est reconstruit et exploité jusqu’en 1886, date de son rachat par la maison F. Spinnler & Cie de Bâle, en Suisse. La production s’oriente alors vers la schappe (textile obtenu avec des déchets de soie) et la soie à coudre.

En 1896, l’usine est victime d’un nouvel incendie qui nécessite sa reconstruction sous la forme d’un atelier en rez-de-chaussée à deux travées de sheds (A). Les travaux sont exécutés par l’entreprise de construction Preiswerk & Cie de Bâle, en Suisse. Le nouvel établissement est équipé de 1 800 broches, matériel qui est cédé, en 1899, à la filature de Sagrado dans la province de Gorizia, en Italie. Les ateliers sont alors aménagés pour la production de fil à coudre glacé. Cette reconversion est de courte durée puisque l’établissement est liquidé vers 1900.

En 1904, le site est entre les mains de l’entreprise Baumann aîné & Cie qui exploite une usine de passementerie (étudiée, IA68009564) à Soultz. Elle y installe une retorderie et fait bâtir des logements d’ouvriers (étudiés, IA68009561) et des logements d’employés (étudiés, IA68009560) sur le jardin qui jouxte les ateliers au nord-ouest. Les bâtiments annexes notamment le magasin industriel (disparu), un ancien bâtiment de la commanderie (C) ayant servi de hangar puis d’écuries et les bureaux (B), sont utilisés pour loger des employés et des ouvriers.

Les ateliers sont cédés en 1935 à la fabrique Thermolite, spécialisée dans les produits d’isolation et tout particulièrement dans la confection de bourrelets de calorifugeage des installations de chauffage. Cette dernière y installe ses ateliers et procède, en 1937, à la construction d’une terrasse entre l’atelier (A) et les bureaux (B). En 1952, elle fait édifier un entrepôt industriel (disparu) qui vient s’accoler, au sud, à l’atelier à sheds. En 1954, un transformateur électrique est construit à l’angle sud-est du nouvel entrepôt. Incendiée quelques années auparavant, la Maison Kageneck, l’ancienne résidence de Jean-Jacques Ziegler, est démolie en 1959 puis, l’année suivante, la conciergerie qui commande l’entrée de l’établissement, au sud-est. La société Thermolite quitte le site en 1963 pour s’établir dans l’ancien tissage Bourcart situé route de Jungholtz à Soultz et aujourd’hui disparu.

Au moment de l'enquête d'inventaire en 2017, les anciennes surfaces de production sont occupées par les ateliers communaux et la chaufferie bois de la commune et les anciens bureaux abritent le bureau de la police municipale ainsi que des logements. L’ancien bâtiment de la commanderie (C) au sud-ouest du site, tout comme le logement d’ouvriers (D), ont conservé une vocation résidentielle.

Sources d’énergie

En 1858, la société Hildebrand & Stocker équipe sa fabrique de rubans d’une machine à vapeur à un cylindre horizontal développant une puissance de 5 CV.

DESCRIPTION

Il ne subsiste que quatre bâtiments de l’ancien tissage devenu usine de passementerie puis filature : l’atelier de fabrication (A), un logement d’ouvriers (D) établi dans son prolongement ouest, un ancien bâtiment de la commanderie ayant servi de hangar, puis d’écuries et enfin de logement d’ouvriers et d’employés (C) au sud-ouest et les anciens bureaux (B), édifiés le long de la rue Jean-Jaurès. L’ensemble s’organise autour d’une cour d’usine autrefois fermée au sud-est par la conciergerie et un magasin industriel aujourd’hui disparus et à l’ouest par le réfectoire et le vestiaire également démolis.

L’atelier de fabrication (A), de plan rectangulaire, se compose de deux travées de sheds en rez-de-chaussée, orientées est-ouest, vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Il est édifié en maçonnerie enduite. Les anciens bureaux (B), de plan rectangulaire, comportent un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans avec croupes et tuiles mécaniques. Bâti en maçonnerie enduite, le bâtiment est cantonné de chaînes d’angle cannelées en enduit. Les élévations, décorées d’un bandeau d’appui en pierre artificielle, sont percées de baies rectangulaires avec encadrements en grès au rez-de-chaussée.

L’ancien bâtiment de la commanderie ayant servi de hangar, puis d’écuries et enfin de logement d’ouvriers et d’employés (C), est de plan rectangulaire. Construit en maçonnerie enduite, il comprend un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. Les murs-gouttereaux, à cinq travées d’ouvertures, sont percés de baies rectangulaires avec encadrements en grès et appuis saillants en pierre artificielle. L’élévation sud présente une porte d’entrée, aujourd’hui murée, avec linteau en accolade du 16e siècle (millésimé 158 ?), vraisemblablement remployée. L’angle nord-est du bâtiment est orné d’une chaîne d’angle en blocs de grès.

Le logement d’ouvriers (D), de plan rectangulaire, est bâti en maçonnerie enduite sur un soubassement en appareil de grès bouchardé. Il comprend un rez-de-chaussée et un comble à surcroît sous un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. L’élévation antérieure est percée de baies rectangulaires avec encadrements de grès au rez-de-chaussée et en briques en pignon. Les élévations est et nord sont ajourées de baies en plein cintre et encadrées de grès. L’édifice est flanqué à l’ouest d’une adjonction moderne avec véranda.

Appellations Jean-Jacques Ziegler , Hildebrand & Stocker, F. Spinnler & Cie , Baumann aîné & Cie , Thermolite
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, cour, logement d'ouvriers, bureau
Dénominations tissage, usine de passementerie, filature, usine de produit textile non tissé
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Soultz-Haut-Rhin
Adresse Commune : Soultz-Haut-Rhin
Adresse : 4, 6 rue Jean-Jaurès , 1 rue du Château-Fort
Cadastre : 2018 1 149, 268, 269

En 1830, Jean-Jacques Ziegler (1770-1847), fonde un tissage au sein de l’enclos de la commanderie d’hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. En 1856, cet établissement échoit à Bernard Hildebrand qui s’associe à Charles Stocker pour y aménager une fabrique de rubans. La même année, un gazomètre est installé à l’est de l’établissement, pour permettre l’éclairage des ateliers. En 1858, une machine à vapeur est mise en fonction donnant lieu à la construction d’une chaufferie, d’une salle des machines et d’une cheminée d’usine (disparues) à l’emplacement du gazomètre.

Vers 1867, David Bloch acquiert les bâtiments et y aménage une filature. Ses ateliers sont la proie d’un incendie en 1877. L’établissement est reconstruit et exploité jusqu’en 1886, date de son rachat par la maison F. Spinnler & Cie de Bâle, en Suisse.

En 1896, l’usine est victime d’un nouvel incendie qui nécessite sa reconstruction. Les travaux sont exécutés par l’entreprise de construction Preiswerk & Cie de Bâle, en Suisse. En 1904, le site est entre les mains de l’entreprise Baumann aîné & Cie qui y installe une retorderie. Les bâtiments annexes sont utilisés pour loger des employés et des ouvriers.

Les ateliers sont cédés en 1935 à la fabrique Thermolite, spécialisée dans les produits d’isolation, qui y installe ses ateliers. En 1952, elle fait édifier un entrepôt industriel (disparu). La société Thermolite quitte le site en 1963.

Au moment de l'enquête d'inventaire en 2017, les anciennes surfaces de production sont occupées par les ateliers communaux et la chaufferie bois de la commune et les anciens bureaux abritent le bureau de la police municipale ainsi que des logements.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1830, daté par source
1858, daté par source
1877, daté par source
1896, daté par source
1952, daté par source
Auteur(s) Auteur : Preiswerk et Cie,
Preiswerk et Cie

Architectes et entrepreneurs installés à Bâle en Suisse et à Saint-Louis (Haut-Rhin)


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architecte, attribution par source
Auteur : Ziegler Jean-Jacques,
Jean-Jacques Ziegler (1770 - 1847)

Industriel du textile établi à Guebwiller puis à Soultz-Haut-Rhin et actif dans le dernier quart du 18e siècle et le premier quart du 19 e siècle.


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auteur commanditaire, attribution par source

Il ne subsiste que quatre bâtiments de l’ancien tissage, tous de plan rectangulaire, construits en maçonnerie enduite et couverts d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques et croupes pour les anciens bureaux à l’exception de l’atelier de fabrication en rez-de-chaussée, coiffé de sheds vitrés au nord.

Les anciens bureaux comportent un rez-de-chaussée et un étage carré, l’ancien bâtiment de la commanderie un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît et le logement d’ouvriers un rez-de-chaussée et un comble à surcroît.

Murs maçonnerie enduit
Toit tuile mécanique, verre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré, comble à surcroît
Couvertures toit à longs pans croupe
shed
Statut de la propriété propriété de la commune
propriété d'une société privée

Références documentaires

Bibliographie
  • RISACHER, Bertrand. Les mutations successives d'un espace enclavé et déshérité : industrialisation et désindustrialisation dans la vallée du Rimbach du XVIIIe siècle à nos jours. Thèse de doctorat soutenue à l'Université de Haute Alsace, Mulhouse, 2010.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme