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Tuilerie et scierie Niedergang et Vogelweith, puis usine de meubles, usine de menuiserie et scierie Wetterwald & Clad, puis Wetterwald Frères & Clad, puis Wetterwald Frères

Dossier IA68009513 réalisé en 2019

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2019 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm.

HISTORIQUE

Implantation originelle

La tuilerie et la scierie Niedergang et Vogelweith sont construites sur des parcelles de terres cultivées au lieu-dit Bell situé en bordure sud-ouest du chemin d’exploitation dénommé Dürrenbachgass, en aval de la ville de Guebwiller. Elles sont édifiées hors les murs de la ville, à distance de toute habitation.

Développement du site

Vers 1870, Victor-Valentin Niedergang et Henri Vogelweith font construire sur le site un grand bâtiment à usage de tuilerie et de scierie mécaniques et équipé d’une machine à vapeur, qu’ils exploitent sous la raison sociale Niedergang et Vogelweith. Ils y produisent notamment des tuiles à emboîtement brevetées par la firme Gilardoni d’Altkirch (Haut-Rhin). Par un bail reçu par Maître Michel Diemer, notaire à Guebwiller, en date du 6 août 1872, les maîtres menuisiers François-Joseph Wetterwald (1835-1904) et Joseph Clad, associés au sein de la société commerciale Wetterwald & Clad, louent le grenier au-dessus de la scierie et disposent de la force motrice nécessaire à la marche des machines dont ils équipent leur atelier de menuiserie. Auparavant, ils disposaient déjà d’un petit atelier à Guebwiller, dans le voisinage du bâtiment appelé Graethof ainsi que d’un magasin d’exposition pour la vente des meubles qu’ils fabriquent.

En janvier 1874, la société Niedergang et Vogelweith est déclarée en faillite. La société Wetterwald & Clad est alors autorisée par le syndic provisoire à exploiter la scierie mécanique. Le 25 avril 1876, François-Joseph Wetterwald et son épouse Joséphine Karrer (1842-1898), Joseph Clad et son épouse Thérèse Wetterwald, se portent acquéreurs de l’ensemble industriel comprenant les bâtiments (ateliers, hangars de stockage et de séchage, maison d’habitation), les équipements industriels dont un banc de scie pour le débitage des grosses grumes, la machine à vapeur et sa chaudière abritées au sein du bâtiment de production ainsi que le four de la tuilerie.

Joseph et Thérèse Clad s’installent dans la maison d’habitation qui fait l’objet d’un agrandissement avec l’adjonction de deux travées supplémentaires vers le sud. François-Joseph Wetterwald est rejoint dans l’entreprise par ses frères Xavier (1837-1927) et Émile (1845-1918), ce qui donne lieu au changement de raison sociale avec l’adoption de Wetterwald Frères & Clad. En 1892, après ses études d’architecte, son fils aîné Emmanuel Wetterwald (1868-1947), intègre la société tout en menant parallèlement son activité de conception. En 1897, une nouvelle chaufferie avec cheminée (disparues) est édifiée au sud de l’emprise par l’entreprise de travaux V. Sautier de Guebwiller, vraisemblablement selon les plans d'Emmanuel Wetterwald. L’année suivante, un séchoir à bois (disparu), installé par la firme Topf & Söhne d’Erfurt en Allemagne, vient flanquer la nouvelle chaufferie.

Après le décès de François-Joseph Wetterwald en 1904, ses fils Henri (1870-1952) et Emmanuel poursuivent l’exploitation de la scierie et de la menuiserie sous la raison sociale Wetterwald Frères. L’affaire connaît une période difficile durant les années 1930. Les pertes se multiplient. Emmanuel Wetterwald quitte l’entreprise. Son frère Henri en poursuit l’exploitation assisté de son gendre, Xavier Busser (1900-1964). Ce dernier lui succède et dirige la société jusqu’à son décès.

La scierie et la menuiserie sont alors exploitées par le gendre de Xavier Busser, Jean Litschgi qui demeure à sa tête jusqu’à la cessation d’activité en 1994. En 1985, la machine à vapeur installée en 1895 est démontée pour être exposée au musée Électropolis de Mulhouse. Devant l’impossibilité pour le musée de la présenter en fonctionnement, elle est rétrocédée en 1989 pour être conservée à l’Écomusée d’Alsace à Ungersheim (Haut-Rhin). Dans les années qui suivent l’arrêt de l’exploitation de la scierie et de la menuiserie, les terrains au sud-ouest de l’emprise sont cédés pour la réalisation d’un supermarché qui entraîne la démolition de hangars de stockage et de séchage ainsi que de la chaufferie et le séchoir mitoyen. Les ateliers sont également vidés de leurs machines.

Au moment de l’enquête d’inventaire en 2019, les bâtiments de production font l’objet d’un projet de démolition pour la réalisation d’une clinique sur la partie sud-est de l’emprise, sur la rue Théodore-Deck.

Sources d’énergie

La tuilerie et la scierie Niedergang et Vogelweith sont équipées d’une machine à vapeur. En 1886, une chaudière à vapeur à deux bouilleurs est livrée à la société Wetterwald Frères & Clad par les Ets Wick-Spoerlein de Mulhouse (Haut-Rhin). En 1895, on installe sur place une nouvelle machine à vapeur horizontale monocylindre de système Rider associée à un régulateur à boules et produite par les Ateliers de construction de Bitschwiller (Haut-Rhin). La transmission de la force s’effectue par cordes. Une dynamo fabriquée par les Ets Ducommun de Mulhouse est ajoutée à l’installation. En 1897, une nouvelle chaudière à vapeur est montée sur le site, au sein d’une nouvelle chaufferie établie au sud de l’emprise. Elle est produite par les Ateliers de construction de Bitschwiller sous le n° 333. En 1906, une nouvelle chaudière à vapeur semi-tubulaire vient équiper l’établissement. Elle est fabriquée par la firme Wick-Spoerlein de Mulhouse sous le n° 1097. La machine à vapeur cesse de fonctionner en 1962.

DESCRIPTION

Le site se compose, du sud-est vers le nord-ouest, de l’atelier de fabrication, de deux hangars industriels abritant l’atelier de sciage, de la maison d’habitation, de l’ancienne écurie, d’un hangar de stockage et de séchage et d’un garage.

De plan rectangulaire allongé, l’atelier de fabrication est édifié en maçonnerie enduite. Il comporte un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. Le mur-gouttereau sud-est est rythmé de 17 travées d’ouvertures, le mur-pignon sur rue en compte trois. Il est ajouré de baies en arc segmentaire avec des encadrements en grès au rez-de-chaussée, de baies jumelées en plein cintre avec encadrements associant briques et grès à l’étage et au comble. Le soutènement intérieur est assuré par deux rangées de poteaux en bois de section carrée. A l’étage, certains poteaux en partie centrale sont remplacés par des tirants métalliques. Au rez-de-chaussée sont conservées deux poulies d’entraînement en fonte dont une à deux gorges. Le bâtiment est flanqué au sud-ouest de l’ancien four de la tuilerie qui subsiste sous la forme de puissantes maçonneries en moellons de grès. L’ensemble est couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques et abrite une chaudière siglée GF sur le portillon du corps de chauffe.

Les deux hangars industriels accolés et adossés à l’atelier de fabrication au nord-ouest, qui accueillent l’atelier de sciage, sont bâtis en charpente en bois et couverts d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. Le plus allongé dispose d’un étage de comble essenté de planches. Le second, en rez-de-chaussée, coiffe partiellement une voie Decauville pour le transport des grumes, bordée de pavés en grès rose.

La maison d’habitation, de plan rectangulaire, est édifiée en maçonnerie enduite. Elle résulte de deux campagnes de construction marquées par un décalage des niveaux. Les trois travées originelles, au nord, comportent un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît. Les deux travées plus récentes au sud comptent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. L’ensemble est couvert d’un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques. Les baies rectangulaires sont encadrées de grès et un escalier à deux volées convergentes de trois marches en grès avec rampe en fonte ouvragée flanque l’élévation nord-est. Sur le mur-pignon sud, le niveau de comble est ajouré d’une baie rectangulaire encadrée de deux jours semi-circulaires.

L’ancienne écurie, à un étage carré, est de plan rectangulaire. Édifiée en maçonnerie enduite pour le rez-de-chaussée et recouverte d'un essentage de planches à l’étage, elle est coiffée d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. Elle est flanquée, au nord-ouest, du hangar de séchage et de stockage qui adopte un plan en L. Comportant un rez-de-chaussée et un comble à surcroît, il est bâti en charpente en bois et essentage de planches au niveau supérieur et couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

Le garage est construit en pan de bois et remplissage en maçonnerie de briques enduites. Il est précédé d’un auvent et coiffé d’un toit en appentis et tuiles mécaniques.

Appellations Niedergang et Vogelweith , Wetterwald & Clad , Wetterwald Frères & Clad , Wetterwald Frères
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, cour, hangar industriel, maison, écurie, garage, jardin
Dénominations tuilerie, scierie, usine de menuiserie, usine de meubles
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Guebwiller
Adresse Commune : Guebwiller
Adresse : 43 à 49 rue Théodore-Deck
Cadastre : 2019 9 110, 113 à 116

Vers 1870, la société Niedergang et Vogelweith fait construire sur le site un grand bâtiment à usage de tuilerie et de scierie mécaniques, équipé d’une machine à vapeur. En 1872, elle loue sur place un atelier aux menuisiers François-Joseph Wetterwald (1835-1904) et Joseph Clad, associés au sein de la société commerciale Wetterwald & Clad.

Après la faillite de la société Niedergang et Vogelweith, ces derniers acquièrent le site en 1876. La maison d’habitation fait alors l’objet d’un agrandissement. François-Joseph Wetterwald est rejoint dans l’entreprise par ses frères Xavier (1837-1927) et Émile (1845-1918) ce qui donne lieu au changement de raison sociale avec l’adoption de Wetterwald Frères & Clad.

En 1892, après ses études d’architecte, son fils aîné Emmanuel Wetterwald (1868-1947), intègre la société. En 1897, une nouvelle chaufferie avec cheminée (disparues) est édifiée au sud de l’emprise par l’entreprise de travaux V. Sautier de Guebwiller, vraisemblablement selon les plans d'Emmanuel Wetterwald. L’année suivante, un séchoir à bois (disparu), installé par la firme Topf & Söhne d’Erfurt en Allemagne, vient flanquer la nouvelle chaufferie.

Après le décès de François-Joseph Wetterwald en 1904, ses fils Henri (1870-1952) et Emmanuel poursuivent l’exploitation de la scierie et de la menuiserie sous la raison sociale Wetterwald Frères. L’affaire connaît une période difficile durant les années 1930. Les pertes se multiplient. Emmanuel Wetterwald quitte l’entreprise. Son frère Henri en poursuit l’exploitation assisté de son gendre, Xavier Busser (1900-1964). Ce dernier lui succède et dirige la société jusqu’à son décès.

La scierie et la menuiserie sont alors exploitées par le gendre de Xavier Busser, Jean Litschgi, qui demeure à sa tête jusqu’à la cessation d’activité en 1994. Dans les années qui suivent l’arrêt de l’exploitation de la scierie et de la menuiserie, les terrains au sud-ouest de l’emprise sont cédés pour la réalisation d’un supermarché qui entraîne la démolition de hangars de stockage et de séchage ainsi que de la chaufferie et le séchoir mitoyen. Les ateliers sont également vidés de leurs machines. Au moment de l’enquête d’inventaire en 2019, les bâtiments de production font l’objet d’un projet de démolition pour la réalisation d’une clinique sur la partie sud-est de l’emprise.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1876, daté par source
1897, daté par source
1898, daté par source
Auteur(s) Auteur : Wetterwald Emmanuel,
Emmanuel Wetterwald (1868 - 1947)

Architecte établi à Guebwiller (Haut-Rhin) qui conduit de front son activité d'architecte et une activité d'entrepreneur au sein de la société de sciage et de menuiserie Wetterwald Frères à Guebwiller.


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architecte, (?), attribution par travaux historiques
Auteur : Sautier Virgile,
Virgile Sautier (1845 - 1918)

Architecte et entrepreneur établi à Guebwiller (Haut-Rhin).


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entrepreneur, attribution par source

De plan rectangulaire allongé, l’atelier de fabrication est édifié en maçonnerie enduite. Il comporte un étage carré et un comble à surcroît sous un toit à longs pans couvert de tuiles mécaniques. Le bâtiment est flanqué au sud-ouest de l’ancien four de la tuilerie qui subsiste sous la forme de puissantes maçonneries en moellons de grès. L’ensemble est couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

Les deux hangars industriels accolés et adossés à l’atelier de fabrication au nord-ouest sont bâtis en charpente bois et couverts d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. Le plus allongé, au sud, dispose d’un étage de comble essenté de planches. Le second est en rez-de-chaussée.

La maison d’habitation, de plan rectangulaire, est édifiée en maçonnerie enduite. Elle résulte de deux campagnes de construction marquées par un décalage des niveaux. Les trois travées originelles, au nord, comportent un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble à surcroît. Les deux travées plus récentes comptent un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. L’ensemble est couvert d’un toit à longs pans avec demi-croupes et tuiles mécaniques.

L’ancienne écurie, à un étage carré, est de plan rectangulaire. Édifiée en maçonnerie enduite pour le rez-de-chaussée et recouverte d'un essentage de planches à l’étage, elle est couverte d’un toit à longs pans avec tôles ondulées en ciment amiante. Elle est flanquée, au nord-ouest, du hangar de séchage et de stockage qui adopte un plan en L. Comportant un rez-de-chaussée et un comble à surcroît, il est bâti en charpente bois et essentage de planches au niveau supérieur et couvert d’un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

Le garage est construit en pan de bois et remplissage en maçonnerie de briques enduites. Il est précédé d’un auvent et coiffé d’un toit en appentis et tuiles mécaniques.

Murs grès maçonnerie enduit
brique pan de bois essentage de planches
Toit tuile mécanique, ciment amiante en couverture
Plans plan rectangulaire régulier, plan régulier en L
Étages sous-sol, en rez-de-chaussée, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît, étage de comble
Couvertures toit à longs pans demi-croupe
appentis
Énergies énergie thermique produite sur place
énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme