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Usine d’articles en matière plastique Celluloïd

Dossier IA67077981 réalisé en 2017

Fiche

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une opération d'urgence menée par Frank Schwarz en janvier 2017 en raison du rachat du site par l’Établissement Public Foncier Alsace pour le compte de la Ville de Sélestat. Cette dernière travaille à l’élaboration d’un projet de reconversion qui devrait associer logements et activité tertiaire. La campagne de prises de vues est assurée par Frédéric Harster et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi.

Elle a donné lieu à la rédaction d'une synthèse qui précise l'historique de l'usine.

Historique

La société Celluloïd de Sélestat est créée en 1932 à l’initiative des trois cofondateurs de la Zerbster Celluloïdwaren – Fabrik GmbH qui a vu le jour en 1911 à Zerst en Allemagne. Il s’agit des deux frères Hermann et Siegmund Wachtel et de leur beau-frère Ferdinand Nussbaum. Le 3 mai 1932, la Ville de Sélestat loue à la société Celluloïd, pour une durée de 99 ans, un pré communal d’une superficie d’environ 50 ares situé route de Marckolsheim, à côté des bains froids. Dès le mois d’août 1932, les premiers ateliers, dont les plans sont livrés par l’architecte Adolphe Ploschentz de Sélestat, sont mis en chantier sous la conduite de l’entrepreneur local Auguste Gerber. La production, autorisée par arrêté préfectoral du 29 juillet 1932, démarre le 1er avril 1933. Mettant en œuvre le celluloïd, matière plastique obtenue par la plastification de la nitrocellulose au moyen de camphre, l’usine produit des manches de brosses et d’autres articles de toilette. En 1934, l'architecte Ploschentz dépose une nouvelle demande pour la construction d'un bâtiment de bureaux et d'un bâtiment d'expédition. L'usine occupe alors une vingtaine de salariés. Dès 1937, la société se porte acquéreur des terrains loués à la Ville pour la construction de l’usine. A la veille de la seconde guerre mondiale, l’effectif s’établit à 60 salariés.

Durant le conflit, la Celluloïd se replie à Oyonnax, dans l’Ain. Les bâtiments de l’usine de Sélestat sont occupés par la Rheinischen Gummi und Celluloïd Fabrik, laquelle fabrique officiellement des hochets pour enfants. Il semble cependant que la production ait été de nature militaire. L’usine subit d’importantes destructions du fait du conflit, qui nécessitent sa reconstruction intégrale. Les plans des nouveaux bâtiments sont dressés, en 1947, par l'architecte Paul Kieffer de Sélestat. Les différents ateliers de fabrication sont répartis dans le bâtiment central, aujourd'hui conservé (A). La reprise de la production sur le site est autorisée par arrêté préfectoral du 20 avril 1948. Celle-ci se développe considérablement durant les années 1950 et 1960. En 1958, la Celluloïd devient une Société Anonyme avec Hermann Wachtel comme Pdg. Elle fait procéder à une extension de l'usine par la construction d'un atelier supplémentaire (E) de 380 m2 pour servir à la fabrication par moulage thermoplastique d'articles de toilette et de ménage. Il est désigné sous le nom d'atelier des injecteuses. Les plans en sont livrés par l'architecte strasbourgeois Paul Verdier. Le 7 février 1960, Jean-Louis Wachtel succède à son père à la tête de l'entreprise. En 1961, Paul Verdier livre les plans d'un nouveau bâtiment (I) destiné à accueillir un atelier de montage ainsi que les unités de stockage et d'expédition. Autorisé par arrêté ministériel du 30 janvier 1962, il occupe 756 m2 au sud-est du site. En 1969, une nouvelle extension due au même architecte prolonge ce nouveau bâtiment vers l'ouest avec la construction d'un vaste ensemble (H) associant atelier de montage, espace de stockage, locaux sanitaires et vestiaires et salle d'expédition. Dans le même temps, une nouvelle chaufferie (C) vient flanquer les ateliers centraux issus de la reconstruction de l'usine en 1947. En 1970, l’effectif est de 220 salariés. La moitié de la production, qui se compose de brosses à cheveux, de brosses à dents, de bigoudis et autres articles de toilette, est alors exportée notamment aux Etats-Unis et au Japon.

En 1975, l'atelier des presses à injection (E) est agrandi par la construction, au nord, de 1 100 m2 supplémentaires (F) dont les plans sont dus au bureau d'études Pierre Wolters. Ce dernier conçoit également un nouveau bâtiment administratif qui nécessite la démolition de la partie orientale du bâtiment abritant l'atelier coupe-carotte et le transformateur électrique ainsi que la démolition de la partie est du bâtiment central constituée de bureaux. Autorisé par arrêté préfectoral du 28 novembre 1978, il dresse sa haute stature le long de la route de Marckolsheim. Ce bâtiment regroupe l'ensemble des services administratifs sur quatre niveaux dont le dernier ne comporte aucun équipement intérieur, servant de réserve dans la perspective d'une extension future.

En 1988, l’entreprise est cédée aux salariés mais elle est contrainte de déposer son bilan en juillet 1993. Elle est alors reprise par une société réunissant les entreprises Rinaldi et La Flachère (holding appartenant au groupe Brosses Dupont). Soixante des 130 salariés sont alors licenciés. En 1997, l’usine est exploitée par le groupe Médicis qui fabrique des brosses à cheveux sous la marque Eminence. En 2001, l’entreprise Médicis dépose son bilan ce qui entraîne le licenciement de douze personnes. La Société alsacienne de métaux et plastiques (Samap), basée à Andolsheim (Haut-Rhin) et leader français de la brosse à dents, rachète le site. Seuls 33 des 65 salariés sont conservés. Victime de la concurrence chinoise, la Samap doit cependant suspendre la production sur place en 2006.

Depuis lors, le site est désaffecté et se cherche un nouveau destin. Fin 2016, un projet a vu le jour sous l’égide de la Ville de Sélestat. Le site est en cours de rachat par l’Établissement Public Foncier Alsace pour le compte de la collectivité. Cette dernière travaille à l’élaboration d’un projet mixte qui devrait associer logements et activité tertiaire.

Appellations Usine Celluloïd
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, logement, bureau, chaufferie, bâtiment administratif d'entreprise, transformateur, magasin industriel, cour
Dénominations usine d'articles en matière plastique
Aire d'étude et canton Bas-Rhin - Sélestat
Adresse Commune : Sélestat
Adresse : 08 route de Marckolsheim
Cadastre : 2017 08 39, 40, 59, 97, 98, 101, 102

L'usine Celluloïd, qui produit des manches de brosses et d’autres articles de toilette, est édifiée en 1932 d'après les plans de l’architecte Adolphe Ploschentz de Sélestat. Les travaux de construction sont menés sont mis en chantier par l’entrepreneur local Auguste Gerber. Elle occupe alors une vingtaine de salariés. Durant la seconde guerre mondiale, l'entreprise se replie à Oyonnax, dans l’Ain. L’usine de Sélestat subit d’importantes destructions du fait du conflit, qui nécessitent sa reconstruction intégrale sous la conduite de l'architecte sélestadien Paul Kieffer. La production se développe considérablement durant les années 1950 et 1960. En 1958, l'usine est agrandie par la construction d'un atelier supplémentaire, puis d'un atelier de montage et d'unités de stockage et d'expédition, en 1962. Ces bâtiments sont conçus par l'architecte strasbourgeois Paul Verdier. En 1969, une nouvelle extension prolonge ce nouveau bâtiment, vers l'ouest, avec la construction d'un vaste ensemble associant atelier de montage, espace de stockage, locaux sanitaires, vestiaires et salle d'expédition.

En 1975, l'atelier des presses à injection est agrandi au nord. La même année, un nouveau bâtiment administratif, dessiné par Pierre Wolters, voit le jour le long de la route de Marckolsheim. En 1988, l’entreprise est cédée aux salariés mais elle est contrainte de déposer son bilan en juillet 1993. Après plusieurs rachats, la production est définitivement arrêtée en 2006. Depuis lors, le site est désaffecté et se cherche un nouveau destin.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle, 4e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1932, daté par source
1934, daté par source
1947, daté par source
1958, daté par source
1962, daté par source
1969, daté par source
1975, daté par source
1978, daté par source
Auteur(s) Auteur : Ploschentz Adolphe, architecte, attribution par source
Auteur : Kieffer Paul, architecte, attribution par source
Auteur : Verdier Paul, architecte, attribution par source
Auteur : Wolters Pierre, architecte, attribution par source
Auteur : Gerber Auguste,
Auguste Gerber

Entrepreneur en bâtiment établi à Sélestat (Bas-Rhin) et actif dans les années 1930.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Wachtel Hermann, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Wachtel Siegmund, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Nussbaum Ferdinand, auteur commanditaire, attribution par source

L’usine Celluloïd se déploie sur un terrain de près de 325 ares. Les bâtiments les plus anciens sont implantés en cœur de parcelle sous la forme d'anciens ateliers reconvertis en entrepôt (A), flanqué à l’est d’une maison d’habitation transformée en bureaux (B) et à l'ouest d’une chaufferie (C). A l’est de cet ensemble et le long de la route de Marckolsheim, se dresse le bâtiment administratif (D). Au nord du site sont établis deux ateliers accolés (E, F) et flanqués d’un bâtiment abritant le transformateur électrique (G). Au sud, se déploie un très vaste magasin industriel (H), prolongé à l’est d’un atelier de fabrication (I). Pour l'identification des bâtiments, se reporter au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20176700182NUDA).

L’entrepôt industriel (A) en rez-de-chaussée est de plan rectangulaire. Édifié en maçonnerie enduite, il se compose de deux travées parallèles couvertes d’un toit unique à longs pans avec ciment amiante en couverture. Le soutènement intérieur est assuré par un système de poteaux-poutres en béton armé. Le bâtiment est ajouré de baies rectangulaires avec appuis saillants en ciment. La maison d’habitation (B) qui flanque l’entrepôt à l’est comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans en ciment amiante. Bâtie en maçonnerie enduite elle dispose de baies rectangulaires avec appuis saillants en ciment. La chaufferie (C) qui prolonge l’entrepôt à l’ouest, se déploie en rez-de-chaussée. Édifiée en béton armé et remplissage en maçonnerie enduite, elle est couverte d’un toit en terrasse d’où émerge une imposante cheminée en briques de section carrée.

Le bâtiment administratif (D), de plan rectangulaire, compte un rez-de-chaussée et trois étages carrés et domine de sa haute stature l’ensemble du site. Réalisé en béton armé avec remplissage en maçonnerie enduite, il est couvert d’une terrasse en béton. L’élévation antérieure est animée de 16 travées d’ouvertures rectangulaires. La porte d’entrée est protégée par un auvent dont le montant de soutien, recouvert d’un parement en pierre, est orné d’un décor. Celui-ci représente une volute dont la partie gauche, en creux, semble symboliser le C de Celluloïd et la partie droite, rainurée, semble figurer une brosse. A l’intérieur, un escalier hélicoïdal fortement dégradé, à volées suspendues avec jour central, permet l’accès aux étages.

L’atelier de fabrication (E) implanté au nord du site est de plan rectangulaire et se déploie en rez-de-chaussée. Édifié en pan-de-fer avec remplissage en plaques de béton, il est couvert d’un toit à longs pans avec lanterneau en partie centrale et ajouré de baies filantes en partie haute. Le second atelier en rez-de-chaussée (F) qui lui est accolé au nord, est de conception plus récente. Adoptant un plan rectangulaire, il repose sur une ossature en béton armé faite de poteaux et d’imposantes fermes de grande portée avec un remplissage en maçonnerie enduite. Il est couvert d’un toit à longs pans de faible pente avec béton en couverture et ajouré de baies filantes en partie haute. Le pont roulant qui équipait cet atelier est toujours en place. Ces deux ateliers sont flanqués, au sud-est, d’une construction en rez-de-chaussée (G) bâtie en maçonnerie enduite et coiffée d’une couverture en terrasse en béton. Ce bâtiment abrite le transformateur électrique ainsi qu’un certain nombre de réservoirs en métal riveté.

Le sud de l’emprise usinière est occupé par un atelier de fabrication (I) prolongé à l’ouest par un magasin industriel de très grande emprise (H). L’atelier de fabrication (I), de plan rectangulaire, comporte un rez-de-chaussée et un étage carré sous un toit à longs pans et ciment amiante qui repose sur une charpente métallique apparente. Réalisé en pan-de-fer avec remplissage en plaques de béton, il est équipé d’un monte-charge en partie centrale. Le soutènement intérieur, au rez-de-chaussée, est assuré par des poteaux et des sous-poutres métalliques profilés en I. Le magasin industriel (H), également de plan rectangulaire, se déploie en rez-de-chaussée sous deux travées de longs pans accolées avec béton en couverture. Il repose sur une ossature en béton armé faite de poteaux et d’imposantes fermes de grande portée avec un remplissage en parpaing de béton. Les élévations sont percées, en partie supérieure, de baies filantes et l’angle nord-est du bâtiment est occupé par un quai de chargement protégé par un auvent sur consoles en béton armé.

Murs béton
maçonnerie enduit
pan de fer
béton armé
parpaing de béton
Toit béton en couverture, ciment amiante en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages en rez-de-chaussée, 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans lanterneau
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis avec jour
Énergies énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété d'un établissement public, Le site vient d' être racheté par l’Établissement Public Foncier Alsace pour le compte de la Ville de Sélestat.
(c) Région Grand Est – Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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