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Usine de petite métallurgie Charles Latscha dite « die Schliff », puis Latscha & Cie, puis tissage Stehelin-Scheurer et Cie, puis Georges Blocher, puis filature Althoffer & Cie

Dossier IA68009545 réalisé en 2017

Fiche

Œuvres contenues

La rédaction de ce dossier intervient dans le cadre d'une enquête thématique, menée en 2017 par Jérôme Raimbault et Frank Schwarz, visant à interroger la transformation du paysage des vallées vosgiennes du Haut-Rhin sous l’effet de l’industrialisation. La synthèse ci-dessous, qui précise l'historique de l'usine et sa description, donne ainsi lieu à une organisation spécifique des informations permettant de mettre en exergue divers aspects de la problématique retenue.

La campagne de prises de vues professionnelles est assurée par Christophe Hamm et la cartographie du site par Abdessalem Rachedi. Pour l'identification des bâtiments, se reporter ainsi au plan de situation du site figurant dans les illustrations (IVR42_20196801015NUDA).

HISTORIQUE

Implantation originelle

Le moulin à émoudre les pièces mécaniques fondé par Charles Latscha (1812-1883), est établi à environ 1300 m en amont du hameau de Jungholtz qui dépend alors de la commune de Soultz. Implanté sur la rive gauche du Rimbach, il est mis en mouvement par les eaux de la rivière au moyen d’un canal de dérivation aménagé au sommet d’un remblai qui longe le bas du versant septentrional de la vallée, sur près de 300 m. Tout au long de leur tracé, le cours d’eau et le canal de dérivation qui lui est parallèle sont bordés de prés de fauche et de pâture et dominés au nord par le versant boisé de la montagne. Le moulin est desservi par un chemin d’accès qui enjambe le cours du Rimbach et débouche sur le chemin vicinal reliant Rimbach-près-Guebwiller à Soultz.

Développement du site

En 1855, Charles Latscha, qui exploite une fabrique de broches à Jungholtz (étudiée, IA68009547), décide de créer un moulin à émoudre les pièces mécaniques à 875 m en amont de son usine, au lieu-dit Bachmatten. Il y installe une aiguiserie de broches sous la forme d’un atelier en rez-de-chaussée coiffé d’un important comble à la Mansart. Le site prend le nom de « die Schliff ». Vers 1866, les installations sont complétées par la construction d’une tournerie mécanique et la mise en place d’une machine à vapeur. Une centrale de production d’énergie avec cheminée d’usine tronconique en briques est bâtie en bordure de route (disparues), à distance des ateliers auxquels elle est reliée par une étroite construction reposant sur des arches et abritant le système de transmissions. Une maison d’habitation est également édifiée à côté des ateliers. En 1891-1892, une fonderie pour petites pièces est aménagée sur place.

En 1907, l’usine « die Schliff » est vendue à la société textile Stehelin-Scheurer et Cie de Cernay qui y installe un tissage équipé de 220 métiers à tisser. Elle procède à la construction d’un vaste atelier en rez-de-chaussée couvert de sheds, édifié pour partie en 1911 et pour partie en 1912. L’établissement ne dispose pas d’unité de préparation. Il reçoit ses chaînes préparées de l’usine de Cernay. L’usine est fortement endommagée au cours de la Première Guerre mondiale, ce qui nécessite une reconstruction intégrale des espaces de production. Après la remise en état de l’ensemble et l’installation de plus de 200 métiers à tisser neufs, la société Stehelin-Scheurer et Cie cède le site à Georges Blocher, de nationalité suisse. Ce dernier diminue le nombre de métiers à 155 et y ajoute un bobinage, un encollage et une unité de fabrication de cannettes. Spécialisé dans les productions en petite série, le tissage emploie 52 personnes au début des années 1950 mais doit fermer ses portes en 1963.

En 1965, les locaux sont vendus à l’entreprise Althoffer & Cie installée à Rimbach-Zell (étudiée, IA68009558), à 850 m en amont. Cette dernière y installe une filature qu’elle exploite jusqu’au début des années 1990. Les bâtiments sont alors rachetés par un particulier qui les loue comme logements, bureaux et espaces de travail. On y trouve notamment un garage de réparation automobile.

Sources d’énergie

A ses débuts, l’aiguiserie de broches est mise en mouvement par la force hydraulique, vraisemblablement au moyen d’une roue verticale. Vers 1866, on y installe une machine à vapeur. Par la suite, des travaux d’infrastructure sont conduits sur le canal d’amenée avec la mise en place d’une chambre d’eau maçonnée ménageant une haute chute qui débouche sur une conduite forcée. Ces aménagements correspondent vraisemblablement à la mise en place d’une turbine hydraulique. Lorsqu’elle rachète l’usine, la société Stehelin-Scheurer et Cie y installe la force électrique. Toutefois, une machine à vapeur de marque Martinot et Galland de Bitschwiller-lès-Thann (Haut-Rhin) subsiste sur place (étudiée, IM68012610), dans l’angle nord-est de l’atelier de fabrication.

DESCRIPTION

Le site se compose, d’ouest en est, de l’atelier de fabrication (A), d’un logement de contremaître (B), de la chaufferie (C) et du logement patronal (D), flanqué au nord d’une salle des machines (E) et d’un transformateur électrique (F).

Enjambant le cours du Rimbach, l’atelier de fabrication (A) se compose de sept travées de sheds en rez-de-chaussée, d’inégal développement. Orientées est-ouest, elles sont vitrées au nord et couvertes de tuiles mécaniques. Édifié en maçonnerie enduite, le bâtiment présente une élévation sur rue ajourée de baies en arc segmentaire en briques et d’oculi cernés de briques. Il est flanqué, dans son angle sud-ouest, d’une adjonction en maçonnerie enduite sous un toit en appentis couvert de tôles nervurées. Le soutènement intérieur est assuré par six rangées de poteaux circulaires en fonte. La salle des machines (E) renferme, dans son angle nord-est, une machine à vapeur (étudiée, IM68012610).

Le logement de contremaître (B), implanté au nord de l’usine, est de plan rectangulaire. Bâti en maçonnerie enduite, il comporte un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques.

La chaufferie (C), de plan rectangulaire, se déploie en rez-de-chaussée sous un toit à longs pans et tuiles mécaniques. Édifiée en maçonnerie enduite, elle est ajourée à l’ouest d’une grande baie rectangulaire.

Le logement patronal (D) adopte un plan rectangulaire. Il s’agit vraisemblablement d’un édifice hétérogène avec un rez-de-chaussée ancien et un étage plus récent, avec décors et bandeau de niveau en enduit, résultant sans doute de la reconstruction de l’usine à la suite de la Première Guerre mondiale. Élevé en maçonnerie enduite, il est coiffé d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques. L’ensemble des baies sont rectangulaires avec encadrements en grès. Seul le pignon sud est ajouré d’une baie en plein cintre encadrée de briques.

L’atelier en rez-de-chaussée (E) qui prolonge le logement patronal au nord, est coiffé d’un toit à longs pans avec tuiles mécaniques d’où émerge une cheminée carrée en briques. L’élévation orientale est percée d’une baie en plein cintre avec encadrement en grès.

En amont de l’usine, le tracé du canal d’amenée, aménagé au sommet d’un remblai, est encore visible. A 100 m au nord des bâtiments, son extrémité est occupée par une chambre d’eau maçonnée (G), précédée d’un canal de décharge avec vannes toujours en place et débouchant sur une conduite forcée aujourd’hui disparue.

Appellations die Schliff , Latscha & Cie , Stehelin-Scheurer et Cie , Georges Blocher , Althoffer & Cie
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, logement, chaufferie, logement patronal, transformateur, cour, bief de dérivation, salle des machines
Dénominations usine de petite métallurgie, tissage, filature
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 68 - Soultz-Haut-Rhin
Hydrographies Rimbach (dérivation du)
Adresse Commune : Jungholtz
Lieu-dit : Bachmatten
Adresse : 36, 38 rue de Rimbach
Cadastre : 2019 02 73, 75, 76 emprise foncière sur le ban de la commune de Jungholtz ; 2019 2 409, 412 emprise foncière sur le ban de la commune de Rimbach-Zell
Précisions oeuvre située en partie sur la commune de Rimbach-Zell

En 1855, Charles Latscha fait édifier sur le site un moulin à émoudre les pièces mécaniques. Vers 1866, les installations sont complétées par la construction d’une tournerie mécanique et la mise en place d’une machine à vapeur. Une centrale de production d’énergie et une maison d’habitation sont également construites sur place. En 1891-1892, une fonderie pour petites pièces vient compléter l’ensemble.

En 1907, l’usine est vendue à la société textile Stehelin-Scheurer et Cie qui y installe un tissage. Elle procède à la construction d’un vaste atelier en rez-de-chaussée couvert de sheds, édifié pour partie en 1911 et pour partie en 1912.

Après la Première Guerre mondiale et la reconstruction des espaces de production endommagés par les combats, le site est cédé à Georges Blocher qui en poursuit l’exploitation. Celle-ci prend fin en 1963.

En 1965, les locaux sont vendus à l’entreprise Althoffer & qui y installe une filature en fonction jusqu’au début des années 1990. Les bâtiments sont alors rachetés par un particulier qui les loue comme logements, bureaux et espaces de travail.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1855, daté par source
1892, daté par source
1911, daté par source
1912, daté par source
Auteur(s) Auteur : Latscha Ch.

Le site est composé de différents bâtiments tous exécutés en maçonnerie enduite et couverts de tuiles mécaniques pour la plupart.

L’atelier de fabrication se compose de sept travées de sheds en rez-de-chaussée vitrées au nord. Il est flanqué, dans son angle sud-ouest, d’une adjonction couronnée d’un toit en appentis avec tôles nervurées en couverture.

Les autres constructions sont toutes de plan rectangulaire et coiffées d’un toit à longs pans : le logement de contremaître comportant un rez-de-chaussée surélevé et un étage en surcroît, la chaufferie en rez-de-chaussée, le logement patronal à un étage carré et la salle des machines en rez-de-chaussée qui prolonge au nord.

Murs maçonnerie enduit
Toit tuile mécanique, verre en couverture, tôle nervurée
Plans plan rectangulaire régulier
Étages rez-de-chaussée surélevé, en rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage en surcroît
Couvertures shed
toit à longs pans
appentis massé
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place machine à vapeur à piston
énergie électrique achetée
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • RISACHER, Bertrand. Les mutations successives d'un espace enclavé et déshérité : industrialisation et désindustrialisation dans la vallée du Rimbach du XVIIIe siècle à nos jours. Thèse de doctorat soutenue à l'Université de Haute Alsace, Mulhouse, 2010.

  • RISACHER, Bertrand. La famille Latscha de Jungholtz. In Deux siècles d'Industrie Textile dans le Florival. Guebwiller, 2001, t. 1, p. 169-171.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Schwarz Frank
Frank Schwarz

Chercheur spécialisé en patrimoine industriel au Service de l'Inventaire de la Région Grand Est (site de Strasbourg).


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- Raimbault Jérôme